Raconte-moi ton histoire…

Raconte-moi ton histoire
©Carine Dumez – COM’ La Vie


Certains jettent des bouteilles à la mer,
J’encre les mots sur le papier,
Juste pour te dire…
Que sur la terre où tu es né,
Ce monde étourdi d’éphémère,
Tu peux t’abreuver de beauté,
Et en toi-même trouver la paix.

Ouvre les yeux,
Sur l’aube de chaque jour.
Ne fais rien sauf poser ton regard sur la vie qui t’entoure,
Et laisse-toi traverser,
Telle une membrane sensible que la lumière transperce,
Entrevois l’invisible et ressens sa caresse.

Ouvre les bras à l’inconnu,
Qu’il soit homme, lieu, expérience,
Chacun te changera, t’éclairera sur toi-même.
Ne crains jamais de sortir de tes rails,
Saute à pieds joints dans la seule aventure qui vaille,
La VIE.
Accorde-lui ta confiance,
Et elle t’emmènera vers tes rêves de toujours.

Ouvre ton cœur,
Synchronise-le au pouls du monde,
Ne retiens rien de ce grand flux d’Amour qui coule en toi à chaque seconde,
Permets qu’il se répande, autorise qu’il inonde,
Et AIME.
Aime et rien ne sera plus pareil.

Goûte à tout cela,
Et donne-m’en des nouvelles.
Partage-moi ton histoire,
Raconte-moi comment, tu as gagné tes ailes.

Je suis fière de toi, et avec toi.
Et j’ai hâte de te lire.
carine@comlavie.com

La vieille dame et son chien – Chronique d’un soir d’été

Coucher de soleil sur la Côte belge - Blankenberge

Blankenberge, sur la Côte belge – The Pier.
16 août 2017 vers 19h30.

Assise sur un banc face au soleil, la mer et ses reflets pour ligne d’horizon, je regarde la vie qui défile sous mes yeux…
Une vieille dame et son chien, chacun promenant l’autre, arrivent à ma hauteur. Ils marchent au ralenti, curieusement asynchrones avec les autres âmes alentour, semblant presque figés pendant que le monde court.
Appuyée sur sa canne, le dos courbé, la tête baissée, elle regarde ses pieds qui la transportent encore, se concentre sur eux à chacun de leurs pas, semblant leur demander en prière silencieuse, qu’ils ne la trahissent pas. Marcher semble un effort constant, mais tant que le corps bouge malgré le poids des ans, comment renoncer de soi-même à cette liberté-là ?

 

Je me demande si son état lui laisse encore le choix, de relever la tête parfois, pour admirer les vagues qui dansent au loin sur l’horizon. Que se passe-t-il au fond de soi, lorsque nos yeux ont fini de se perdre dans l’espace infini, lorsqu’un bout de trottoir devient le paysage unique où le regard se pose ? Un morceau de bitume morne et gris, pendant que tout autour sous l’éclat du soleil, la mer, la plage et les rues animées, vibrent de mille couleurs et autant de nuances.
A quoi pense-t-elle ? Qu’imagine-t-elle en avançant, alors qu’elle décompose dans un rythme lent, chacun de ses mouvements ? Le soleil la réchauffe, c’est déjà ça. L’air marin lui fait cadeau de son doux parfum d’iode, et ses oreilles s’emplissent du bruit des vagues qui vont et viennent. Si elle ne peut les voir elle les devine, et ce son familier réveille en elle peut-être, des souvenirs d’un temps où assise sur un banc, elle regardait la vie défiler sous ses yeux…

 

Jusqu’où va-t-elle ainsi clopin-clopant, bon gré mal gré, si lentement ? A la maison sans doute, l’heure est déjà tardive, le soleil disparaît. Il faut se dépêcher de rentrer, se préparer de quoi dîner, et peut-être après ça y aura-t-il une bonne émission à la télé ? Non pas qu’elle les regarde, ces émissions. C’est avec ça comme pour le reste, désormais. A peine assise elle pique du nez, et ses yeux plongent sur les chaussons qui habillent ses pieds, ils seront la dernière image de sa journée.
C’était une belle journée d’été. Le petit chien s’est promené, et ses vieux os à elle ont pu se réchauffer, le temps d’un tour sur la jetée. Il doit pleuvoir demain, annonce la dame à la télé. Pourvu qu’il y ait de bons programmes… Ou une visite peut-être, qui sait ? Quelque chose pour la divertir… Oui mais en attendant, il faut dormir.

Ouvrir les yeux sur la beauté ordinaire

« Toutes les choses ont leur beauté,
Mais tout le monde ne sait pas les voir. »
[Confucius]

 

Mer du Nord

Hier j’ai roulé jusqu’à la mer.
Ce n’était pas réfléchi, il était déjà tard, d’autres auraient renoncé et fait d’autres projets.
En d’autres temps, à une époque où j’accordais du crédit à ma tête plus qu’à mon âme, c’est sans doute ce que j’aurais fait. J’aurais remis au lendemain, prétextant qu’il n’était pas raisonnable de prendre la route pour si peu « profiter »… Quelques heures à peine. Mais c’était un appel, plus fort que la raison, au-delà des rigueurs qu’impose « l’emploi du temps »… Quelle vilaine expression quand on y pense, comme si le temps avait besoin d’être « employé », comme s’il n’était pas possible de juste « l’habiter ».
Habiter le temps, pour moi hier, c’était me retrouver seule face à la mer, respirer les embruns, baigner dans la lumière, fixer un horizon, saluer le soleil à l’heure de son plongeon dans les eaux du grand large… Accueillir l’émotion, toutes les émotions, éveillées par ce spectacle de la vie ordinaire. Somptueux dans sa banalité. Beau à m’arracher des larmes, de joie et de tristesse mêlées.

Les gens sont comme des paysages

 

En longeant la plage, j’ai observé les gens. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que c’est une de mes occupations favorites.
Dans tous ces corps et ces visages, je vois une multitude de paysages, où j’aime me perdre infiniment.

Si je le pouvais, mon quotidien se résumerait à capturer la beauté qui m’entoure, par tous les filtres possibles : celui de la photo ou bien de l’écriture, la peinture un jour peut-être, qui sait… Ma vie rêvée je crois, serait de célébrer la vie, dans son essence la plus pure. Je ne sais pas si cela fait un métier, mais peut-on rêver plus belle vocation ?

J’aime les gens.
Surtout lorsqu’ils entrouvrent, les portes de leur âme. C’est rare, mais cela se produit parfois.
Les gens sont beaux, plus qu’ils ne croient l’être. Au-delà des canons esthétiques, de toute concession à la mode ou d’une pseudo beauté plastique, les gens sont beaux par ce qu’ils émanent. Par ce qu’ils laissent échapper d’eux, lorsqu’ils concèdent à l’abandon. La douceur ou la pétillance d’un regard, la tendresse d’un sourire, une émotion furtive qui passe sur leur visage, un geste qui en dit long sans qu’il soit rien besoin de dire…
Les gens sont beaux lorsqu’ils sont vrais, loin de tout artifice.
La véritable force, c’est de se savoir vulnérable et s’accepter comme tel. J’aime celles et ceux qui ont compris cela, et qui l’assument avec simplicité.

Si on parlait entre âmes ?

 

Si un jour nous nous rencontrons, ne cherchez pas à m’impressionner en jouant de vos muscles, par votre érudition, votre réussite ou vos possessions… Vous n’éveillerez qu’indifférence. Tout au plus susciterez-vous chez moi un peu de compassion, face à ce besoin humain et pourtant tellement vain, de rouler des mécaniques et revêtir le masque faussement protecteur. Ego quand tu nous tiens…

Si un jour nous nous rencontrons, parlez-moi de vous, partagez votre histoire, racontez-moi sans fards, ce qui fait battre votre cœur, ce qui vous fait vibrer au point de vous tenir parfois éveillé(e) au milieu de la nuit… Entrouvrez-moi votre âme, sans attentat à la pudeur mais en tentant juste d’être vrai(e). Alors vous pourriez bien toucher mon cœur, pour toujours et à jamais…

Et ensemble, nous toucherions du doigt, ce qu’est la vraie beauté.

Coeur sur le sable

Les transports en commun, ou ces rêves en partage…

Quelques mots voyageurs, en souvenir d’une émotion fugace…

 

Les transports en commun…
Moi qui affectionne les mots et en ai fait mes partenaires de jeu préférés, j’aime détourner cette expression littérale et peu propice à l’évasion, pour lui prêter un sens littéraire voire poétique, plus inspirant…
« Les transports », pour définir une émotion vive, une exaltation, un rêve… Autant de ressentis profonds et puissants, qui font voyager comme seuls peuvent le permettre les voyages intérieurs, les plus beaux qu’il nous soit donné de faire. Et communs à chacun, puisque nous sommes tous de cette étoffe, dont sont faits les rêves…

« Nous sommes de cette étoffe sur laquelle naissent les rêves,
et notre petite vie est entourée de sommeil
« .
[Willliam Shakespeare]

 

L’autre matin, pour me rendre au bureau, j’ai emprunté le tram.
Je ne me distingue pas par ma ponctualité en pareil cas, mais il était encore relativement tôt, et j’y ai côtoyé des lycéens en partance pour le bahut, des étudiants rejoignant leur fac, des hommes en costard et des femmes pomponnées, prêts à renouer avec d’obscurs dossiers… Des jeunes et des plus vieux, des looks débridés aux plus sérieux, fantaisie et austérité mêlées au cœur d’une rame, la diversité de la vie dans toutes ses gammes
Pendant les quelques minutes qu’a duré le trajet, j’ai étudié tous ces humains en transit.
Je les observais et tentais de me représenter quelle était leur vie… D’où venaient-ils, où allaient-ils, quels étaient leurs rêves… C’est un de mes jeux favoris, je pourrais m’y livrer pendant des heures… Entendre l’indicible, voir au-delà des gens, discerner ce qu’ils croient cacher sous leur maquillage, leurs accoutrements, leurs attitudes, dérisoires artifices qui ne traduisent rien de qui ils sont, mais en réalité, en révèlent bien plus long…

J’observais tous ces gens.
Quelques minutes auparavant, j’avais relu et partagé sur la toile un texte écrit par Paulo Coelho [Extrait du roman « Le Zahir »], dont la justesse m’avait touchée.
Alors que je posais le regard sur les personnes qui m’entouraient, ces mots résonnaient dans ma tête…

Citation Coelho Le ZahirJ’observais ces gens voyageant vers leurs buts respectifs – une école, une université, un bureau quelque part… – et me demandais s’ils étaient heureux de s’y rendre. S’ils avaient fait ce choix en toute liberté et en pleine conscience, ou s’ils suivaient un plan pour eux tout tracé, sans même le questionner. « Parce c’est comme ça », et « parce qu’on n’a pas le choix ». 
Je me demandais ce qu’ils portaient en eux, de rêves inassouvis, amèrement regrettés, ou juste délaissés, jusqu’à y renoncer… « Parce c’est comme ça », « parce qu’on n’a pas le choix ».

Et puis mes yeux se sont posés sur un sac, simple « tote bag » porté à l’épaule par une jeune fille en âge d’être étudiante, la vingtaine probablement… Sur le sac une inscription disait « J’ai 10 ans ! ». J’ai souri. J’ai regardé plus attentivement le visage de cette jeune fille, et me la suis imaginée petite, espiègle et insouciante comme on l’est à cet âge… J’ai pensé que cette inscription en apparence anodine, révélait bien des secrets, sur celle qui l’avait adoptée.

J’ai poursuivi mon scan visuel et quelques secondes plus tard ai reconnu entre les mains d’une femme assise, la couverture d’un livre que j’ai récemment lu : « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Un titre évocateur, une lecture qui témoigne d’une quête partagée par beaucoup, celle d’une vie heureuse au plus près de nos valeurs, en résonance avec le cœur. Je me suis attendrie. Et me suis dit que tout lecteur, n’est avant tout que le propre lecteur de lui-même. Et que ce récit sans prétention, vient surtout parler de l’âme des gens et ses aspirations.

Puis je me suis souvenue du livre que moi-même je transportais, emprunté il y a peu à la bibliothèque : « Et tu trouveras le trésor qui dort en toi ». 
J’en ai été émue. A la lumière des pensées qui m’avaient traversée, au regard de la scène que j’avais observée, et en écho aux mots de Coelho lus quelques heures plus tôt,… je me suis dit que chacun porte en soi un trésor enfoui, qu’il tarde à révéler ou enterre à jamais, selon la valeur qu’il décide un jour de lui accorder.

J’ai décidé que mon rêve était plus important que tout, et qu’il m’appartenait de le défendre becs et ongles, peu importe le coût.
Et j’aimerais qu’un jour se lèvent, pour se mettre debout, tous les gens à genoux… pour vivre enfin les rêves pour lesquels ils sont nés.

La vie grandeur nature

Ailleurs si j’y suis.

Cabines de plage Fatiguée de me heurter à des murs, je me suis offert un pont.
Un pont de mai, pour vivre intensément le printemps naissant, refaire le plein d’énergie et me relier de nouveau à une inspiration défaillante.

L’habitude n’est pas bonne conseillère.
Sous ses airs familiers et rassurants, elle voudrait se faire passer pour la bonne copine bienveillante et pleine de sollicitude, mais mieux vaut s’en méfier. L’habitude est à l’inspiration, ce que la truffe au chocolat est au palais : délicieuse au début, mais en grandes quantités et sur la durée, ça écœure !

Changement de décor, donc.
Changement de rythme, autre vie pour d’autres envies.

Nul besoin de partir à l’autre bout du monde, à deux heures de route de chez moi le dépaysement m’attendait.

Là où la terre et le ciel se rejoignent, j’ai retrouvé un horizon où plonger mon regard.

J’ai admiré un ciel plus vaste, de ceux qui se parent encore d’étoiles quand la nuit tombe.

Dans un écrin de verdure, j’ai goûté aux chants d’oiseaux dès le réveil, j’ai redécouvert la saveur d’un petit déjeuner dégusté au soleil.

Et l’appétit m’est revenu, petit à petit.
La sérénité, aussi.

Là, dans la quiétude de ma maison de campagne, je me suis remise à rêver.
J’ai enchaîné les rêves, même. Mes nuits n’avaient rien à envier au Festival de Cannes, inauguré au même moment à l’autre bout de la France. Projections ininterrompues sur l’écran de mes paupières closes, de l’aventure, du fantastique et du romanesque, tous les genres mêlés pour un palmarès haut en couleurs !

J’ai lâché toute la fatigue accumulée, qui prenait pour nom lassitude ; et je me suis laissée aller à « une saine fatigue », comme on l’appelle, celle que l’on éprouve après une longue journée en plein air.

Retour à la nature.

Dans un parc ornithologique, j’ai admiré des oiseaux de toutes sortes aux noms comiques ou poétiques : foulque macroule, huitrier-pie, avocette élégante, mouette rieuse, héron, cormoran, cigogne…
Je les ai observés, contemplative, absorbée par leur incessant ballet ; les uns en quête de nourriture ou de brindilles pour consolider le nid, les autres s’occupant des oisillons ou couvant les petits à venir…

Un peu plus loin, des chevaux Henson, ces magnifiques chevaux à la robe couleur sable, foulaient au galop leur verte prairie. Une image collée à ma rétine, comme une ode à la liberté.

Face à ce spectacle de la vie qui s’étendait sous mes yeux, je me suis souvenue de la ville que j’avais laissée derrière moi, quelques heures auparavant.
Et j’ai pensé, « est-ce ainsi que nous vivons ? ».

Pendant que nous courons les rues des villes à la poursuite de nos objectifs, de nos obligations et rendez-vous, assourdis par les klaxons et étourdis par les clameurs incessantes, quelque part, tout près, un autre monde coexiste.
Un monde où règnent la paix, le calme et la sérénité, où la vie s’écoule paisiblement au fil des heures et au rythme des saisons. Un lieu en apesanteur, tout en légèreté et en subtilité, où seuls les piaillements, les bruissements d’ailes et le vent dans les arbres, viennent troubler le silence.

« Et c’est ainsi que nous vivons », ai-je pensé.

Joie de vivreCar tout se déroule en nous de la même façon.
Pour l’avoir vécu dans ma chair, je sais combien le stress, les tensions et nos tourments intérieurs, viennent brouiller la fréquence et parasiter nos pensées, empêchant l’émergence de toute créativité.

Or sous cette agitation de surface, existe en chacun de nous un espace imperturbable, où nous pouvons nous retrouver tels qu’en nous-mêmes, calmes et sereins. Cet espace, certains y accèdent par la méditation, par le yoga ou que sais-je encore… Les chemins sont multiples et chacun trouvera le sien.

Mais ce refuge est là, à demeure, en permanence.
S’y replonger de temps à autre sans attendre que la vie nous chahute, est l’une des clés de la sérénité et, pour moi désormais, un besoin vital.