Entre deux vies

Désert Ouest américain
Crédits photo : ©Geo

L’écriture, et c’est ce qui fait sa beauté, demeure mystérieuse.

Elle vient toujours me cueillir par surprise, en s’imposant à moi de façon impérieuse.
Un nouveau texte a éclos hier dedans ma tête, des mots en vrac sans lien en apparence, qui se sont ordonnés, alors que je dormais…
Ce matin, tout est fluide et clair, et tout fait sens.

Au beau milieu d’un entre-deux…

Tout a commencé avec ce mot, obsédant : « entre-deux ».
Qui m’a traversée une fois, puis deux, puis trois… et m’a finalement poursuivie l’après-midi entière (à un point tel qu’il est venu se matérialiser sous mes yeux, à travers une enseigne de restaurant croisée « par hasard »). Aujourd’hui au réveil je sais, ce qu’il est venu me dire.

L’entre-deux, c’est cette zone floue qui m’occupe, et que j’habite.
Un « No man’s land » aux airs arides, où je me languis de voir pousser, les quelques graines que j’ai semées.

Perdue au milieu du labyrinthe, je cherche le fil d’Ariane qui m’en fera sortir.
Pour enfin ne plus tâtonner.
Pour m’extraire de ce milieu inconfortable, où je suis installée.
Je suis arrivée au milieu de ma vie. La première partie a filé si vite, et la suite dont je discerne si peu, se dessine à l’abri d’un brouillard épais.
Je ne reconnais plus, ni moi ni mes amis. Sevrée de relations dont certaines s’étiolent, que je l’aie voulu ou non. Pressée d’en vivre de nouvelles, à mesure que mon ciel s’étoile, d’autres visages et d’autres noms.

En attendant que je comprenne qui je suis au sein de cet univers et ce que je suis venue y faire,
La zone d’incertitude(s) s’accroît, me rendant plus fragile.
Plus que jamais je mesure combien, tout ne tient qu’à un fil.

Cet entre-deux,
C’est une valse-hésitation perpétuelle,
Entre hier et demain,
Entre ici et ailleurs,
Entre celle que j’étais et celle que je suis destinée à devenir ; ou plutôt, à être. Le seul verbe qu’il m’intéresse désormais de conjuguer, en tous lieux et à toute heure.

C’est fatiguant de vivre comme écartelée du cœur.
Ecartelée entre la peur qui bien trop souvent encore, décide pour moi,
Et puis l’Amour, que j’aimerais tellement incarner avec un grand « A ».

Vivre coupée en deux, en attendant de réunifier toutes les parties de moi, et faire ensemble œuvre commune.
Donner des ailes au singulier, pour qu’il devienne pluriel.

Entre nous deux, tant de possibles

« Il n’y a pas de traversée du désert, juste une marche vers l’oasis », dit cette citation que j’aime.
Pourtant il y fait soif et faim, dans ce désert qui est le mien ; soif de vie, faim d’envies, d’aventures et de « vraies » rencontres, autant d’appétits trop longtemps inassouvis.
Rares sont les échanges dont la teneur me rassasie.

Car l’entre deux, vu sous une autre dimension,
C’est aussi – et surtout – cet intérêt pour l’autre qui m’anime.
Depuis toujours.
Entre toi et moi, que se joue-t-il ?

Comment trouver le chemin vers l’autre, comment le rejoindre, là où il est ?
Comment partager sa propre richesse aussi, quand on la néglige encore soi-même.

Echangeons un mot ou deux, avec l’espoir de bâtir un pont, entre nos mondes parallèles.
Dansons un pas de deux, pour exprimer de tout notre être qui nous sommes,
Et vibrer au diapason sur un accord, peut-être.
Passons du « je » au « nous »,
Ensemble je le sais, on tient bien mieux debout.

J’ai la certitude que dans un coin du monde, des âmes sœurs m’attendent les bras ouverts.
Comme écrivait le grand Prévert, « quelque part il y a des gens qui s’entrevivent, j’irai les rejoindre ».
Je suis en marche vers l’oasis.

Citation marche vers oasis

Emmeline Sion, la créativité au service de la vie

Pour cette ancienne architecte, créer est une seconde nature. Il suffit de la rencontrer et l’entendre raconter son incroyable parcours de vie, pour comprendre que sa sensibilité, sa passion pour toute forme d’art et son amour des autres, ne pouvaient trouver meilleur vecteur d’expression que « Les ateliers de la créativité ». Un projet qu’elle a imaginé et grâce auquel elle aide chacun à renouer avec son élan créateur, pour devenir architecte de sa vie.

Emmeline Sion, Les ateliers de la créativité
Emmeline Sion, par ©Raynald Vasseur

Dans une ancienne vie, elle était architecte. Après 8 années passées à concevoir et construire des bâtiments, Emmeline a posé d’autres fondations : celles d’une vie qui lui ressemble et qu’elle habite pleinement, en mettant en œuvre la vaste étendue de ses talents. La symbolique est belle. L’histoire aussi.

Une heureuse reconversion qui ne s’est pas faite en un jour et résulte d’un riche parcours jalonné de remises en questions et de défis personnels. Pour Emmeline, « derrière chaque grande peur, il y a une envie profonde ». C’est avec cette lucidité doublée d’un indéniable courage, qu’elle a fait le choix d’avancer :  « Mon credo c’est, j’ai peur, mais je le fais quand même », sourit-elle.

« Derrière chaque grande peur, il y a une envie profonde »

 

Oser, surmonter ses peurs pour se reconnecter à soi et rencontrer sa vocation. S’il existe un chemin vers le Bonheur, sans doute passe-t-il en partie par là…

Formée en Belgique aux outils de l’art thérapie, Emmeline a renoué avec son propre chemin et est aujourd’hui accompagnatrice en ateliers de thérapie créative.
Autour d’activités comme le dessin, le collage, le théâtre, l’écriture ou encore la voix, elle propose des séances ludiques et ressourçantes, où peut germer en confiance, la graine d’artiste qui sommeille en chacun.

Aucun pré-requis nécessaire si ce n’est l’envie d’explorer et lâcher prise
L’objectif est avant tout de savourer un moment de détente, dont les bénéfices excèderont toutefois largement le cadre de la séance. Parce qu’ils permettent d’extérioriser ce que bien souvent nous maintenons enfoui à l’intérieur, chaque atelier aide à se libérer et à retrouver confiance en soi.

Les ateliers de la créativité, Inspiration
S’ouvrir à la magie…

« Une pause créative, sur le chemin du Bonheur »

 

Pour avoir eu la chance d’expérimenter un atelier aux côtés d’Emmeline, je peux témoigner qu’ils procurent un véritable bien-être et des effets secondaires plus que désirables (sourire).
Une heure et demie de pur plaisir où mes expérimentations parfois maladroites ont été accueillies en toute bienveillance et avec une totale absence de jugement. La qualité esthétique n’entre pas ici en considération, et pour la perfectionniste que je suis, quelle libération ce fût que de ranger au placard mon esprit critique, même s’il ne m’a pas été facile de me défaire de ce mauvais penchant…
A travers les activités successives, j’ai progressivement délaissé l’armure pour m’ouvrir à des explorations d’une grande richesse, qui m’ont permis de déposer certaines de mes peurs, limites et autres émotions encombrantes et invalidantes…
Quelques réels déclics donc, au terme de cet atelier, qui a su réveiller ma créativité en berne et m’a donné l’envie de poursuivre mes explorations.

Pour vous qui êtes en quête d’authenticité et d’un retour à votre essentiel, je ne saurais trop vous conseiller ce beau rendez-vous avec vous-même.

Parce que nul n’est si bien servi que par « soi m’aime », faites-vous ce cadeau d’une « pause créative, sur le chemin du Bonheur« .

A voir Emmeline si radieuse et épanouie aujourd’hui, il ne fait aucun doute que le chemin mérite mille fois d’être emprunté…

Retrouvez les Ateliers de la créativité :

Sur le web : http://lesateliersdelacreativite.com/
Sur Facebook.

N’oublie pas que tu vas mourir

Ciel étoilé, par ©Xiaohua Zhao
Ciel étoilé, par ©Xiaohua Zhao

Hier, j’aurais pu mourir.
Ne vous y trompez pas. Ce n’est pas une formule rhétorique ou un habile teasing pour capter l’attention. Encore moins une manœuvre pour éveiller la compassion.
Littéralement, je me suis trouvée à deux doigts de connaître un destin funeste.

De la façon la plus stupide qui soit.
Après un agréable début de soirée tu rentres à pied chez toi, à la nuit tombée.
Alors que tu empruntes un passage piéton – après avoir attendu que le « petit bonhomme » passe au vert, j’ai été bien éduquée ! – un fou furieux au volant de son bolide lancé à vive allure, déboule d’on ne sait où et manque de te percuter…
La voiture a fait une embardée pour m’éviter. Je l’ai sentie me frôler. Un seul pas de plus et c’eût été le choc, inévitable et violent. Sans doute fatal.

La scène s’est déroulée en moins de quelques secondes et m’a laissée pétrifiée. Révoltée face à une telle inconscience, et tremblante, à l’idée de ce qui aurait pu se produire. Le cœur battant à mille à l’heure.
Mon heure n’était pas venue, mais c’était un sérieux signal d’alarme. Pas le premier, du reste.

Saisir le sens caché des choses

J’ai poursuivi mon chemin quelques centaines de mètres, sentant monter en moi une détresse profonde, une solitude infinie. Le contrecoup.
« J’aurais pu mourir », me disais-je, « et personne n’en aurait rien su ». « J’aurais pu mourir, et qu’aurais-je laissé derrière moi, hormis des possessions matérielles et quelques souvenirs fugaces dans l’esprit de certain(e)s, vite effacés par le temps ? »

J’ai atteint un banc sur lequel je me suis effondrée, et les sanglots sont venus, de plus en plus forts.
J’étais là, près de ce parc plongé dans l’obscurité, sans autre compagnie que celle des passants qui parfois, me jetaient un regard en poursuivant bien vite leur chemin. « C’est tellement mystérieux le pays des larmes », écrivait Saint-Exupéry, ça fait peur.
Besoin de partager mon angoisse, d’entendre une voix réconfortante et de remplacer ce goût amer, par la douceur de l’amitié.
J’ai pris mon téléphone. Au bout du téléphone, personne.

Comment fait-on pour trouver l’apaisement en pareille circonstance ?
Je ne sais pas. On fait de son mieux. On fait comme on peut.
On se dit que la vie ne tient qu’à un fil, et qu’on ressort grandie de telles situations.
On se dit que tout a un sens, et que ce sens caché nous apparaîtra plus tard.
On tente de décrypter le message, sans comprendre tous les maux…
On écrit, pour que la peine s’évacue par les mots.

« Combien as-tu aimé ? »

Que m’a appris cet épisode ?
Il est trop tôt encore pour le dire. Il me faut digérer pas mal de choses, accepter ce qui est, et renoncer à changer, ce(ux) que je ne peux changer.
C’est bien cela que disent les sages, non ?

Et puisqu’un sursis m’est accordé, puisque la vie continue, à moi d’en faire quelque chose qui ait du sens.

Combien parmi nous sont capables de dire, qu’ils pourraient partir demain avec le sourire ?
Si je devais mourir demain, je ne veux pas quitter ce monde avec des regrets.
Je veux ressentir le bonheur de l’accomplissement et la joie d’avoir vécu dans l’amour. Celui donné, et celui reçu en retour.

De plus en plus nombreuses sont les personnes qui expérimentent une mort clinique et en reviennent – ce qu’on appelle communément une NDE, « Near death expérience » ou « Expérience de mort imminente » en bon français. L’une d’elle témoigne qu’une fois arrivée au bout de ce fameux « tunnel » si souvent décrit dans les récits, un être lumineux lui a posé cette question : « Et toi, combien as-tu aimé ? ».

Que l’on soit ou non ouvert à cette dimension – dont je conçois qu’elle puisse être difficile à appréhender pour bon nombre de gens -, la question centrale pour chacun de nous, est bien celle-ci.
Le pourquoi d’une vie.
S’il y a une raison d’être à notre présence sur terre, quelle autre raison que l’amour ?
C’est sans doute cela qu’il nous faut incarner.

Et c’est le message que je veux délivrer.

Et vous, quel sens souhaitez-vous donner à votre vie ?

Just Love

Marie Guibouin, le Caméléon de l’Image

« Artiste à multiples facettes, sujette au grain de folie et accro aux défis ». La présentation est forcément restrictive mais voici esquissée en quelques mots, une fée magicienne nommée Marie Guibouin. Sa soif de vivre et sa palette de talents, Marie les met au service de son projet « Caméléon de l’image », un blog où elle partage son regard sur le monde, et vous invite à développer le vôtre. Voilà qui donne matière à discussion, et c’est donc tout naturellement que je l’ai sollicitée pour une interview… épique !

Marie Guibouin en studio
Un dialogue sans filets… mais tout sourire.

Comment vous parler de cette interview avec Marie !?
Difficile de poser des mots sur cette expérience truffée de péripéties et riche d’enseignements.

Pour introduire l’entretien, j’aurais aimé écrire un article de type « portrait », comme je le prévoyais au tout début de cette aventure.
Mais force est de reconnaître que les multiples rebondissements qui se sont succédé, et le retard de publication qu’ils ont entraîné, ont un peu entamé ma confiance.

Alors voilà, je vous livre mon ressenti comme il vient et vous laisse découvrir Marie à travers ses propres mots, certaine que sa vivacité et sa joie de vivre vous séduiront.

Quand le sort s’acharne…

Au départ, une belle idée qui s’impose d’elle-même, comme une évidence. Dans le cadre d’une émission radio axée sur la thématique du regard, je souhaite recueillir le témoignage de cette joyeuse artiste férue d’image(s), et qui a su s’affranchir du regard des autres pour façonner son parcours, selon ce que lui dictait son cœur…

Suivre les élans du cœur, se fier à l’intuition, prendre la vie comme elle vient, lâcher prise…
Mes aspirations du moment, trouvaient dans la perspective d’une entrevue avec Marie, une résonance et l’occasion d’être éprouvées. Par « éprouvées », j’entendais alors « expérimentées », « ressenties ». J’ignorais que la deuxième acception du mot finirait par l’emporter, tant l’aventure s’est apparentée à une mise à l’épreuve.

Acte 1. Privées d’antenne.

Zoom sur les mains
©Marie Guibouin

Rendez-vous est pris courant juin, pour enregistrer en studio et dans les conditions du direct, cet entretien destiné à être diffusé sur les ondes dès le lendemain.
A contre-courant de mes habitudes, j’arrive sans réelle préparation, ou en tout cas sans une trame de questions pré-établie. Démarche volontaire, dans le sens d’un premier lâcher-prise : faire taire pour un temps un perfectionnisme paralysant, pour appréhender l’interview comme une conversation à bâtons rompus, où nous pourrons toutes deux rebondir sur ce qui se présentera…

Ce dialogue sans filets sera savoureux, complice et léger.
A la sortie du studio, Marie et moi avons hâte d’entendre le fruit de nos échanges et promettons de nous connecter le lendemain.
Le fichier audio devait connaître un autre destin : de diffusion, il n’y eût point.

Point à la ligne, je ne m’appesantirai pas sur les causes de ce « silence radio », qui je l’avoue, m’a laissée agacée et déçue. Désolée surtout vis-à-vis de Marie, qui m’a consacré du temps pour récolter… (hum)… du vent.

Bon qu’à cela ne tienne, nous avons beau être privées d’antenne, une diffusion reste possible grâce au web. Il me faut juste récupérer le fichier, et le tour est joué.

Acte 2. Mauvaises ondes.

Ce ne fût pas vraiment un jeu d’enfant.
Le fichier me parvient, rapidement j’en conviens,… mais amputé d’une bonne partie de l’entretien.
« La faute à pas de chance », le transfert a partiellement échoué. Ma déception, elle, est tout sauf partielle. Je commence à me demander quel message – plus ou moins subliminal ?! – m’est adressé à travers ces mésaventures… Mais à quoi bon pester ou maudire le sort, cela ne résout rien alors… on rejoue la scène une fois encore.
Same player, play again !

Le fichier – cette fois entier – me parvient une semaine plus tard, mais il s’écoulera encore du temps pour que je puisse le rendre disponible à l’écoute, et rédiger cet article destiné à l’accompagner…
Beaucoup trop de temps à mon goût, puisque dans cet intervalle, les ateliers de photographie intuitive évoqués par Marie au cours de l’entretien, auront déjà débuté… (Mais réjouissez-vous, plein d’autres sont à venir et il reste sans doute une place pour vous !!).

Happy end et morale de l’histoire

Bref, un bel apprentissage que tout cela, une leçon de vie qui a occasionné quelques remous intérieurs. Et dont j’ai tiré diverses conclusions, dont une inattendue : qui sait si, au final, je n’ai pas été exaucée ?
Souvenez-vous :

Suivre les élans du cœur, se fier à l’intuition, prendre la vie comme elle vient, lâcher prise…
Mes aspirations du moment, trouvaient dans la perspective d’une entrevue avec Marie, une résonance et l’occasion d’être éprouvées.

A travers ces contretemps, la Vie n’a-t-elle pas, avec beaucoup de facétie, répondu à mes attentes ?
Car c’est bien ce qui s’est passé : c’est un élan du cœur, une intuition qui m’a amenée à solliciter Marie. Et c’est dans un lâcher prise, volontaire (au cours de l’interview), puis rendu nécessaire par les circonstances (au gré des problèmes techniques), que j’ai traversé cet épisode…

La démonstration me semble convaincante, ne trouvez-vous pas ?

Que cet article soit l’occasion de remercier officiellement Marie, pour sa compréhension, sa patience, et l’humour dont elle a fait preuve face à cette succession d’imprévus…
Je ne pouvais rêver meilleure partenaire de jeu que cette âme libre, pour m’aventurer dans cet espace de liberté…

Alors voilà. Sans plus tarder, je vous partage cette délicieuse rencontre avec Marie Guibouin, auteur de Caméléon de l’image, Le blog qui fait pétiller la Vie !
ENJOY !


Lettre à toi que personne ne voit

Table de fêteL’ambiance est animée, la joie sur les visages, sourires sur toutes les lèvres… De tous côtés, les conversations fusent… Tous sont heureux d’être là, heureux de partager et de se découvrir des résonances et affinités, aspirations communes qui les font s’exclamer, rire, s’embrasser… Des projets prennent naissance, des rendez-vous sont pris… Ces amitiés naissantes, qui, toujours, laissent heureux et surpris… Et dont tu te sens exclue, spectatrice malgré toi.

Toi, tu les regardes faire.
Immergée dans leur monde et perdue dans le tien.
Ô tu es là bien sûr, mais pourtant tellement loin.
Tu voudrais faire partie de cet esprit de fête,
Mais tu en es partie, tout au moins dans la tête…

C’est familier tout cela, tu le connais par cœur.
A grands coups de courage et d’explorations intimes, tu pensais l’avoir dépassée, cette plongée en abîme.
Ce sentiment amer, qui déferle et revient te cueillir, encore et toujours… Aux pires moments, cela va sans dire.

« Cela va sans dire ».
Et de fait, tu ne dis rien.
Tu assistes à tout cela, sans y prendre ta part.
Avec une pointe d’envie, et une petite voix au fond de toi qui crie : « écoutez-moi aussi, j’ai tant à partager ».
Mais tu te tais.

On ne t’a pas appris à être au centre de l’attention.
« Plus on se fait petit, plus on est digne d’affection », voilà ce qu’on t’a laissé croire.
Et tu l’as cru.

Tant et si bien qu’aujourd’hui tu continues,
Comme un cercle vicieux qu’à contrecœur tu perpétues…
A l’ombre de ceux qui brillent, tu t’effaces et n’existes plus.
Passer inaperçue est un art mineur, où tu te montres à la hauteur.

Tu œuvres en coulisses pendant que d’autres prennent la lumière,
L’enveloppe où tu te glisses est ton refuge et ton enfer.
A qui rends-tu service en gardant sous clé tes éclairs,
De génie, de folie, d’amour…
A quoi bon les taire ?
Tous ces éclats de vie qui voudraient éclore au grand jour.

Car ça fait mal, pas vrai ?
Se voir vaincue d’avance quand mille victoires sommeillent à l’intérieur.
Attendre la délivrance, sans espoir d’une aide extérieure.

Oui ça fait mal.
Ne tente pas de me contredire, car je le sais.
Je connais tout cela, je suis comme toi.
Je connais ta douleur, c’est aussi la mienne.

Alors aujourd’hui c’est à toi que je pense,
Et c’est pour toi que je dépasse ma peur,
La crainte d’être jugée, incomprise ou moquée…
Pour que tu saches,
Quand le courage t’abandonne,

Que tu n’es pas seule.

Si personne ne te voit, moi je sais qui tu es.
Je sais ce que tu vaux, bien plus que tu ne le sais.

Alors je viens te dire,

N’attends de personne, qu’il reconnaisse ton amour.
N’espère pas que l’on confirme ta valeur,
Cesse de croire que ton salut viendra des autres,
Attendre tout cela serait vain.

Mais fais-toi l’amitié, de te traiter avec douceur,
Prends soin de toi-même, de toute la force de ton cœur.
Sache te dire que tu vaux mieux que ce qu’on a pu faire de toi,
Que tu mérites d’être entendue et de laisser porter ta voix…
Apaise tes souffrances, reprends espoir, console-toi…

Et DONNE, donne tout ce que tu peux, au-delà de ce que tu peux.
Ne retiens rien, ouvre tes bras et ton cœur plus grand que toi-même,
Ouvre-les à la vie et suis la vie où elle t’emmène,
Mais surtout AIME.
Sans rien attendre en retour, sans espérer qu’on te comprenne.
Aime comme tu aurais tellement aimé qu’on t’aime.

Aime

 

J’envoie valser

Regard sur l'horizon
© Pascal Campion

Pas mal de jours passés sans écriture.

Un cortège de fausses notes. Quelques phrases dissimulées sous les ratures, des élans fulgurants sitôt suivis d’un demi-tour, c’est tout ce que j’ai pu produire ces derniers temps.

L’angoisse de la page blanche subsiste face à l’écran.
Ma muse s’est fait la malle et sur les touches du clavier,… que dalle. On ne convoque pas la magie, elle s’invite quand ça lui chante.

Beaucoup de doutes qui me rattrapent, des peurs insidieuses. Tant de peine et de colères aussi.
Contre la vie qui impose des changements sans que l’on y soit prêt. Et nous refuse pourtant ceux que le cœur réclame.
Quel est ce grand écart dont la raison m’échappe, et pourquoi faut-il en passer par de telles étapes…

Ironie… Je n’ai jamais aimé le second degré, décidément ce n’est pas dans ma nature.
Je suis une tendre et l’ironie rend la vie dure.

Les vies dansent.

Le tempo s’accélère pour certains, quand pour d’autres la musique s’est arrêtée.
Au cœur d’un bal absurde je tente de garder la cadence, mais mon envie profonde est de tout envoyer valser.

Envoyer au diable tout ce qui ne fait plus sens, ces rengaines dépassées qui me donnent mal au crâne.
Ces chagrins inconsolables.
Et ces peurs qui m’étreignent et m’empêchent d’avancer.

Ces jours-ci, j’ai le cœur au bord des larmes en permanence.
« Sortez les violons et jouez », Maestro !
Il faut bien toute une symphonie pour couvrir mes sanglots.

J’aimerais tant parfois que la baguette du chef ait des vertus magiques, pour tout réorchestrer encore plus vite que la musique.
Mais non bien sûr, ce n’est pas ainsi que ça fonctionne.
La partition ne se livre pas sans efforts, et la partie se gagne au corps à corps.
Pourtant, je rêve d’abandonner la lutte.

Cette lutte contre moi-même, en particulier.
Je suis fatiguée d’écrire ma vie comme un poème… Pour la petite histoire, je ne cherche pas ici la rime à tout prix, mais inlassablement et malgré moi, ma prose se mue en poésie. J’y vois le signe que des barrages persistent. Les vers sont un refuge facile, un alibi pratique… Ils canalisent le flux, empêchent d’ouvrir les vannes à grand débit. Ils m’obligent à ne livrer qu’à demi-mot, ce que j’aimerais tant pouvoir répandre à flots…

Lâcher prise.
Se foutre du regard des autres, oser se montrer telle qu’on est. Avec ses fragilités, ses failles, son étrangeté même.

Je ne suis qu’une apprentie danseuse, aux pas incertains, à la démarche lourde et peu gracieuse.
Mais je ne désespère pas de trouver l’équilibre et la fluidité, qui découleront naturellement, je sais,
Quand j’aurai enfin le courage, de tout envoyer valser.

 

Delphine Chenu, photographe de l’âme

De la photographie, sa passion de toujours, Delphine Chenu a fait son métier. Au cœur d’une vie créative, la création d’entreprise relevait de l’évidence. A la tête de « 28 portraits », son studio spécialisé dans le portrait noir et blanc, c’est rien moins que l’âme humaine, qu’elle capture sur le vif de l’instant. Le temps d’une rencontre, elle nous dévoile la sienne. Un peu.

Delphine Chenu
Delphine Chenu, photographe portraitiste

C’est une connaissance commune qui nous met en contact, avec la juste intuition, que nous aurons des choses à nous dire.

Un goût partagé pour l’humain, les rencontres et la vie dans toutes ses dimensions, voilà en effet une bonne entrée en matière.

Je la rencontre au cœur de Lille en une belle fin d’après-midi ensoleillée. Une table en terrasse nous tend les bras, nous nous y installons. Côte à côte, plutôt que face à face ; une configuration qui a ma préférence, non seulement parce qu’elle permet à chacune de profiter du soleil trop rare dans le ciel du Nord, mais aussi et surtout parce qu’elle instaure immédiatement une proximité, qui invite à la confidence.
Delphine semble partager mon point de vue, nous en sourions, cette connivence donne le ton à ce qui suivra… Deux heures d’une conversation animée et pleine de savoureuses digressions, autour d’un verre de vin blanc frais tout aussi délicieux.

Je suis curieuse de connaître son parcours de femme et d’artiste, deux itinéraires étroitement mêlés qui l’ont amenée à créer, il y a 10 ans, « Portrait sensible », son entreprise devenue en 2015 « 28 Portraits ».

En toute simplicité et avec humour, elle me raconte.

Son entrée tardive dans la vie professionnelle, « parce qu’il fallait bien travailler ».

A 26 ans, après avoir exploré sa créativité et s’être adonnée librement à ce qui la faisait vibrer, elle est confrontée à la nécessité de « trouver un job ». A l’issue d’une formation, elle débute une carrière de modéliste, dans le Sentier à Paris. Si elle ne rencontre aucune difficulté à trouver un emploi, son intégration dans le milieu professionnel est moins simple. Elle ne se sent pas à sa place dans cet univers hiérarchisé et contraignant, qui bride sa créativité et la déconcerte, souvent.

En toile de fond déjà, la photographie, sa passion de toujours, l’appelle.
Elle ignore encore qu’il lui serait possible d’en vivre, ne parvient pas à l’envisager autrement que comme un loisir. Le déclic viendra 10 ans plus tard.

Entretemps, une incursion dans la formation pour adultes, lui apporte une certaine satisfaction. Transmettre son expérience à des personnes qui en ont besoin, mesurer les effets concrets de son travail, lui donne le sentiment d’être utile.

Puis, elle se tourne vers l’intérim. A travers les missions ponctuelles qui s’enchaînent, c’est la reconquête d’une certaine forme de liberté : le séjour au sein de l’entreprise étant de courte durée, nul besoin de s’intégrer à une équipe, elle prend ses distances avec le monde professionnel « classique ».

Être utile aux autres, cultiver la liberté…
L’aventure entrepreneuriale n’est plus très loin.

A mi-chemin de la trentaine, l’impulsion du changement se fait sentir. Envie d’un nouveau souffle, d’un retour à soi et à l’essentiel.

Sur l’étagère d’une librairie, un livre lui fait de l’œil. Elle y découvre le Feng Shui, qui répond à son besoin du moment : faire de la place, désencombrer, s’alléger. Se débarrasser du superflu et de ce qui a fait son temps, c’est s’ouvrir un espace, autoriser le renouveau.

Ce « ménage de printemps » est le catalyseur, le déclic qui va déclencher la création d’entreprise.

Elle se tourne vers la BGE, qui va l’accompagner dans son projet.

D’emblée, elle a une vision très claire de ce qu’elle souhaite. Son envie ? Se spécialiser dans le portrait, tombé en désuétude. « Mais ça ne se fait plus », lui dit-on… « Eh bien justement, raison de plus pour foncer », répond-elle.
L’avenir lui donnera raison.

« Portrait sensible », un studio photo exclusivement dédié au portrait en noir et blanc, naît en 2006.

Elle s’adresse aux familles, aux entreprises, tout en se préservant du temps pour poursuivre ses recherches artistiques personnelles.

Un premier client en entraîne un autre, qui en amène d’autres, le bouche à oreilles fonctionne et l’entreprise se développe, sans recours au marketing ou autres recettes éprouvées. Ça tombe bien, Delphine y est allergique : « Ce type de démarche ne s’applique pas à ce que je fais, je ne vends pas de couche-culottes », dit-elle dans un sourire.

Son plaisir, elle le trouve ailleurs : dans le bonheur de s’épanouir au travers d’un métier choisi, un métier passion où chaque séance est une rencontre, avec sa part d’inconnu : « [quand on photographie quelqu’un], on est vraiment dans l’instant présent ».

De ces rencontres, elle parle avec émotion et une vérité qui me donnent le frisson. Une succession de moments magiques, des tranches de vie saisies au vif de l’instant. Face à l’objectif, les gens se dévoilent et souvent, se découvrent eux-mêmes.

Je l’interroge sur la notion de regard : « Comment réagissent les personnes photographiées lorsqu’elles se voient ? ». « Cela dépend beaucoup de là où elles en sont dans leur vie« , me dit-elle. De l’image qu’elles ont d’elles-mêmes, de l’acceptation qu’elles en ont, ou pas…
Photographe de l’intime, Delphine a le don de capturer l’âme de celles et ceux qui passent devant son objectif. L’expérience peut être bouleversante.

Moi qui suis sensible à l’authenticité et qui aime mettre en mots l’histoire des gens, je suis particulièrement touchée par cette démarche artistique revendiquée.

Delphine me confie qu’elle pourrait arrêter la photo, « si un jour, cela ne faisait plus sens pour moi » ; « Aujourd’hui je sens que j’ai envie d’évoluer vers autre chose, de passer à un cap supérieur que je ne peux encore définir… ».

Envie d’aller plus loin encore dans cette quête de l’immatériel et de l’impalpable. Photographier l’âme des gens.

La photographie comme un acte d’amour.

Et à travers cela, être utile, toujours.
« A vivre et à rêver », comme dit la chanson…


> Pour contacter Delphine Chenu :

Le site web de 28 Portraits

28 Portraits
La Condition Publique
14, Place Faidherbe
 – 59100 Roubaix

Tél. :  06 62 22 22 68
delphine@28portraits.com

La vie grandeur nature

Ailleurs si j’y suis.

Cabines de plage Fatiguée de me heurter à des murs, je me suis offert un pont.
Un pont de mai, pour vivre intensément le printemps naissant, refaire le plein d’énergie et me relier de nouveau à une inspiration défaillante.

L’habitude n’est pas bonne conseillère.
Sous ses airs familiers et rassurants, elle voudrait se faire passer pour la bonne copine bienveillante et pleine de sollicitude, mais mieux vaut s’en méfier. L’habitude est à l’inspiration, ce que la truffe au chocolat est au palais : délicieuse au début, mais en grandes quantités et sur la durée, ça écœure !

Changement de décor, donc.
Changement de rythme, autre vie pour d’autres envies.

Nul besoin de partir à l’autre bout du monde, à deux heures de route de chez moi le dépaysement m’attendait.

Là où la terre et le ciel se rejoignent, j’ai retrouvé un horizon où plonger mon regard.

J’ai admiré un ciel plus vaste, de ceux qui se parent encore d’étoiles quand la nuit tombe.

Dans un écrin de verdure, j’ai goûté aux chants d’oiseaux dès le réveil, j’ai redécouvert la saveur d’un petit déjeuner dégusté au soleil.

Et l’appétit m’est revenu, petit à petit.
La sérénité, aussi.

Là, dans la quiétude de ma maison de campagne, je me suis remise à rêver.
J’ai enchaîné les rêves, même. Mes nuits n’avaient rien à envier au Festival de Cannes, inauguré au même moment à l’autre bout de la France. Projections ininterrompues sur l’écran de mes paupières closes, de l’aventure, du fantastique et du romanesque, tous les genres mêlés pour un palmarès haut en couleurs !

J’ai lâché toute la fatigue accumulée, qui prenait pour nom lassitude ; et je me suis laissée aller à « une saine fatigue », comme on l’appelle, celle que l’on éprouve après une longue journée en plein air.

Retour à la nature.

Dans un parc ornithologique, j’ai admiré des oiseaux de toutes sortes aux noms comiques ou poétiques : foulque macroule, huitrier-pie, avocette élégante, mouette rieuse, héron, cormoran, cigogne…
Je les ai observés, contemplative, absorbée par leur incessant ballet ; les uns en quête de nourriture ou de brindilles pour consolider le nid, les autres s’occupant des oisillons ou couvant les petits à venir…

Un peu plus loin, des chevaux Henson, ces magnifiques chevaux à la robe couleur sable, foulaient au galop leur verte prairie. Une image collée à ma rétine, comme une ode à la liberté.

Face à ce spectacle de la vie qui s’étendait sous mes yeux, je me suis souvenue de la ville que j’avais laissée derrière moi, quelques heures auparavant.
Et j’ai pensé, « est-ce ainsi que nous vivons ? ».

Pendant que nous courons les rues des villes à la poursuite de nos objectifs, de nos obligations et rendez-vous, assourdis par les klaxons et étourdis par les clameurs incessantes, quelque part, tout près, un autre monde coexiste.
Un monde où règnent la paix, le calme et la sérénité, où la vie s’écoule paisiblement au fil des heures et au rythme des saisons. Un lieu en apesanteur, tout en légèreté et en subtilité, où seuls les piaillements, les bruissements d’ailes et le vent dans les arbres, viennent troubler le silence.

« Et c’est ainsi que nous vivons », ai-je pensé.

Joie de vivreCar tout se déroule en nous de la même façon.
Pour l’avoir vécu dans ma chair, je sais combien le stress, les tensions et nos tourments intérieurs, viennent brouiller la fréquence et parasiter nos pensées, empêchant l’émergence de toute créativité.

Or sous cette agitation de surface, existe en chacun de nous un espace imperturbable, où nous pouvons nous retrouver tels qu’en nous-mêmes, calmes et sereins. Cet espace, certains y accèdent par la méditation, par le yoga ou que sais-je encore… Les chemins sont multiples et chacun trouvera le sien.

Mais ce refuge est là, à demeure, en permanence.
S’y replonger de temps à autre sans attendre que la vie nous chahute, est l’une des clés de la sérénité et, pour moi désormais, un besoin vital.

Naître au monde

Le monde à portée de mots

Parcourir le mondeDu Nord qui m’a vue naître, je connais par cœur le décor.
Le plat pays pour horizon, les murs de briques de ses maisons. Ici on a des cieux changeants, à défaut d’accent chantant.

J’ai peu de souvenirs de mon enfance, hormis ceux qui m’ont été racontés.
Petite fille sage et trop timide, à l’imaginaire aussi fertile que ces terres que j’ai foulées.

Je ne me souviens pas de mes premiers mots, mais très tôt je me souviens les avoir aimés.
Voyelles et consonnes s’accordaient comme autant de notes, douce musique à mes oreilles, sonorités envoûtantes auréolées de mystère. Ces mots-valises, passeports pour d’autres vies, m’embarquaient sur leurs ailes pour des rencontres au bout du monde.
Les livres étaient ma récompense. Promesse de découvertes, l’aventure à chaque page, la lecture était mon voyage. Elle est plus tard devenue mon refuge, quand j’y cherchais des bribes de vie, qui auraient fait écho à la mienne.

Je ne me souviens pas de mes premiers pas. Ma vie durant, j’ai marché vers je ne sais quoi.
Le cœur nomade, la tête ailleurs, en quête d’un destin en couleurs, un antidote au gris du ciel. J’étais une rêveuse d’aquarelle.

Une place sur terre

Les années passant, j’ai avancé à reculons, peut-être avais-je peur de grandir.
Chaque fois qu’il a fallu choisir, j’ai fait le choix de m’abstenir, sans pressentir que j’ouvrais la voie à une vie par procuration. Un semblant de vie, aux contours dessinés par d’autres. Mais comment prendre une direction, quand tout est dépourvu de sens…
Parce qu’il fallait bien étudier, j’ai fait escale en Fac de langues. Les mots encore, teintés d’ailleurs, un voyage immobile et sans destination, mais qui m’ouvrait des horizons.

A 30 ans et quelques printemps, moi qui me pensais enracinée, je me suis découvert une passion pour les voyages. L’appel du large. Un élan irrépressible, de voir comment les gens vivent, par-delà les frontières. Des heures gravées dans ma mémoire comme autant de morceaux d’histoire(s), la mienne et tant d’autres mêlées.
Je crois n’avoir jamais été autant moi-même, qu’en me perdant dans des contrées lointaines. Il a pourtant fallu revenir, avec toujours au cœur, l’envie de repartir.

Aujourd’hui, ces explorations géographiques se sont muées en voyages intérieurs. Plus de frontières à traverser, mais des limites à dépasser…
L’impression d’avoir vécu mille vies, mais pas encore celle qui m’appelle, à des kilomètres ailleurs.
Pour la rejoindre, il me faudra troquer mon avion sans ailes, contre un avion à réacteurs. Et me délester sans doute, de quelques valises devenues trop lourdes à porter.

J’ai toujours été touchée par les retrouvailles des quais de gare, auxquelles j’assiste spectatrice.
Celle que je suis destinée à être m’attend patiemment quelque part,
Le cœur battant et l’âme en fête, à l’idée de me revoir.

J’ai hâte de la retrouver.
Je suis en route.

J’arrête d’attendre

Jusqu’à quand attendre trop longtemps…

Attendre Longtemps, j’ai attendu d’être « prête ».

Prête comment, prête à quoi,… pour être honnête je ne le sais même pas, mais chaque fois qu’une opportunité m’était offerte ou que l’impulsion du changement venait me dévorer, je trouvais toujours une bonne raison – la meilleure des raisons, l’argument imparable ! -, de remettre à plus tard ces occasions, au prétexte que « ce n’était pas le bon moment ».

Et bien sûr j’y croyais. J’imaginais naïvement qu’il existait, ce « bon moment«  breveté et homologué, parfait sous toutes les coutures, et que c’était lui qui m’attendait quelque part, tapi dans l’ombre, espérant que je sois enfin digne d’en bénéficier. Car il me semblait devoir le mériter, et cette seule pensée – vous le devinez – suffisait à me couper tous mes élans. Comment être à la hauteur d’un tel rendez-vous ?

Bref, « le moment » et moi nous attendions réciproquement, et j’aime autant vous dire qu’à trop s’attendre, on ne fait rien d’autre que perdre son temps.

Car le temps, lui, n’attend pas.
La vie non plus, qui s’impatiente de nous voir souvent si fébriles et si peureux. Alors que c’est toujours la bonne heure pour être heureux.

Combien de temps m’a-t-il fallu pour le comprendre ? Bien trop à mon goût, mais je sais aujourd’hui que l’on peut saisir son bonheur à deux mains, plutôt que de le remettre sans cesse au lendemain.

Saute… et laisse-toi pousser des ailes pendant la chute

Aujourd’hui je sais que si l’on se sent appelé à faire quelque chose, quelle que soit cette chose et aussi infime soit notre élan intérieur, eh bien il faut le faire sans attendre.

Sans attendre que les vents nous soient favorables et que tous les signaux au vert, sans avoir l’assurance qu’au final, tout sera conforme à nos attentes.
Car rien ne se déroulera selon jamais nos plans, de toute façon, alors autant se détendre.

Je ne vous apprendrai rien en disant que la vie passe vite. A toute vitesse même, elle défile… Et pendant que se dénoue la bobine de fil, on tergiverse, on hésite, on s’interdit et on recule, jusqu’à se sentir perdus parmi tous ces méandres.

Les conditions idéales, si toutefois elles existent, ne se présenteront probablement jamais.
Dès lors que veut-on faire ? On peut rester sur le quai à regarder passer les trains, avec à leur bord des gens en route vers leur destin, quitte à les envier, souvent. Ou bien on peut monter à bord du sien en prenant le risque de quelques erreurs d’aiguillage, mais avec confiance et en se réjouissant du voyage.

De manière générale, maintenant est un moment aussi bon qu’un autre, pour entreprendre ce qui nous tient à cœur.

Alors plutôt que de nous répéter sans cesse, « vivement demain », vivons dès à présent.