Vivre pour raconter…

Madonna - Live to tell
Madonna -Live to tell (1986)

J’étais si jeune alors.
12 ans à peine. Encore empreinte des tendresses de l’enfance, et dans le même temps attirée et effrayée, par ce gouffre insondable que me paraissait être l’adolescence. 
« True blue » de Madonna. Mon premier album, acheté grâce aux économies permises par mon argent de poche. Un des premiers points de désaccord avec mes parents, incapables de comprendre la passion que je nourrissais alors, pour cette chanteuse américaine aux attitudes volontiers provocantes… Tellement loin de l’image de petite fille idéale dans laquelle on m’avait enfermée. « Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans ma tête ?! ».

Dans le cocon de ma chambre j’écoutais religieusement le 33 tours posé sur la platine, décryptant les paroles de chaque chanson, chacune connue par cœur jusqu’à la moindre note.
Et je m’imaginais mille vies possibles, je m’inventais des scénarios rêvés, échafaudais les plans que je suivrais une fois que je serais en âge de découvrir le monde. Il y avait des voyages et des amours et des amis, il y avait des rires et de la joie et de la vie, des enfants peut-être, je n’en étais pas sûre… Mais tant d’accomplissements et tant de passion et d’envies.
Dans chacun de ces rêves, je me voyais si différente de cette jeune fille qui a grandi, de celle que je suis aujourd’hui.

Si j’avais su alors ce que j’ai su depuis, qu’aurais-je fait autrement ?
Parfois encore je me demande ce que j’ai raté, quels sont les signes que j’ai manqués, à quoi ressemblerait ma vie si j’avais emprunté d’autres voies, à certains moments-clés. Peut-être y a-t-il vraiment des rendez-vous à ne pas laisser passer ?
Toutes ces promesses que je m’étais faites, soigneusement listées dans mon journal d’adolescente, j’en ai honoré quelques-unes. Mais pour une seule de ces victoires, combien d’intarissables espoirs attendent encore d’être assouvis…

 

« If I ran away, I’d never have the strength to go very far…
How would they hear the beating of my heart… »

 

Sa force et sa liberté d’être… Voilà ce que j’admirais tant chez Madonna.
Des qualités que je lui enviais, complexée, timide et seule comme je l’étais.

Je me pensais fragile et vulnérable, bien trop sensible et en tous points inapte, perpétuellement en décalage… Incomprise par la plupart. Pouvais-je leur en vouloir ? J’avais déjà tant de mal à me comprendre moi-même.
Les épreuves les plus dures ne sont pas toujours les plus visibles et les plus évidentes. Si en surface j’ai pu longtemps donner le change, j’étais pourtant toutes ces années la proie d’émotions souterraines tellement puissantes qu’elles auraient pu mille fois me terrasser.
Bien des fois elles m’ont renversée. Mais toujours je me relevais. Alors cette force que j’enviais chez les autres, peut-être en étais-je un peu dotée moi aussi ?!

Et alors, cette liberté que je recherche comme un trésor, que je tiens chevillée au corps, peut-être suis-je capable de la vivre et l’incarner, à travers tous les pores de ma peau… Il m’est arrivé de l’effleurer, et c’était si bon. Oh oui, si bon. Grisant, vibrant, lumineux, doux et chaud tout à la fois

 

« I know where beauty lives
I’ve seen it once, I know the warmth she gives
The light that you could never see
It shines inside, you can’t take that from me… »

 

Je continue à cheminer, ai-je d’autres choix ?
Et quand mes démons me reprennent, quand je replonge malgré moi dans ces affres trop connus et teintés d’amertume, je me rappelle cette lumière douce et chaude, cette sensation grisante et ces instants même brefs, où je me suis sentie tellement vivante.
Et je me dis que tout arrive pour une raison. Si j’ai quelque talent pour écrire, j’ai puisé ce talent dans mes souffrances d’adolescence, quand mon journal et l’écriture étaient les seuls témoins des émotions qui m’habitaient, car je n’avais personne à qui les confier…

« Live to tell ».
Vivre pour raconter.
Raconter pour vivre ?
C’est tellement vrai, que l’écriture délivre…

 

« The truth is never far behind
You kept it hidden well
If I live to tell
The secret I knew then
Will I ever have the chance again… »

La plume de ma vie

PlumeJ’ai découvert ses vertus sur le tard.
Secrète, elle s’était longtemps tue et puis un jour sans crier gare, elle s’est approchée sans un mot pour se pencher à mon oreille et y verser des sons si beaux. Une litanie de notes telle des airs aux rythmes sans pareil, ceux qui émeuvent et ensorcellent, et portent un parfum d’éternel.

Sans plus s’arrêter elle s’épanchait, et ses échos vibraient en moi jusqu’à provoquer un émoi proche du vertige, une ivresse absolue comme seule permet la haute voltige.
Et moi, en équilibre sur un fil, les yeux brillants et l’âme éprise, grisée déjà, le cœur battant, je me sentais sous son emprise, victime docile et consentante d’un sortilège inespéré.

Dans cette valse lente où elle m’a invitée, danser m’était si doux que je n’ai pas lutté. En totale harmonie nous ne faisions plus qu’une et près de cette amie mon cœur était enfin, ravi, aussi léger qu’une plume.

Quel voyage que la vie…
Comment ne l’ai-je pas vue venir, comment ai-je pu ainsi la fuir, toutes ces années passées sans elle m’ont tellement longtemps privée d’ailes. Il me fallait me déployer, prendre un envol tant retardé, pour faire enfin sa connaissance. Jamais elle n’a perdu patience.

A chaque instant elle m’accompagne et si mon cœur parfois s’éloigne elle le ramène à la maison, là où résonnent nos chants et nos rires, là où tintent nos vers pendant les longues soirées d’hiver, quand à la lueur des bougies elle m’inspire d’autres poésies.

Et je l’ai dans la peau au point qu’elle orne maintenant mon bras, où elle est venue s’encrer l’été dernier. Je n’ai qu’à baisser les yeux pour la revoir et chaque fois, sa magie opère : je me retrouve quand je la vois.

C’est elle la plume de ma vie, la seule, l’unique et pour toujours.
Ma muse est ma meilleure amie, et à jamais je me réjouis du sort qu’un jour elle m’a jeté.
Je ne le lui ai jamais dit, mais je crois qu’elle m’a sauvé la vie, dès l’heure où elle m’a envoûtée.

Lettre à l’enfant absent

bébé et pelucheAu creux de mes instants secrets, je t’ai souvent imaginé(e).
Garçon ou fille je ne sais pas, dans mes rêves éveillés tu étais tantôt l’une, tantôt l’autre, aimé(e) d’un même amour dans les deux cas. Qu’importe le sexe des anges, quand par miracle un petit être devient le prolongement de soi.

Je t’ai vu par procuration, à travers les enfants des autres. Dans leurs traits et par leurs prénoms, tu prenais corps et dans mes bras, je te sentais exister, le temps d’un câlin, d’un sourire, ou en plongeant dans un regard. Ces regards purs et tellement francs que seuls ont les petits, avant qu’un jour ils deviennent grands.

Je t’ai inventé des prénoms, il y en a que j’aime tant. Je me demandais lequel t’irait le mieux, lequel j’aurais plaisir à chuchoter à ton oreille le soir venu, pour te bercer tout doucement.

Tu étais le plus beau évidemment ; même si je m’en voulais un peu de succomber à cet orgueil propre aux parents, tu me rendais si fière lorsque tu m’appelais maman. Et quand, ta main lâchant la mienne, tu partais au-devant du monde, à la fois curieux et confiant.

Je ne saurai jamais, quelle mère j’aurais été pour toi.
La vie n’a pas voulu qu’on se rencontre, toi et moi. En premier lieu il me fallait me mettre au monde, et cette naissance a pris longtemps, tu vois.

Il y a des rendez-vous manqués, que rien ne pourra remplacer.
Me pardonneras-tu de ne pas t’avoir donné le jour ? Là où tu es et où tu m’attendras toujours, sache que je pense à toi. En espérant que jamais, mon tout petit, tu ne douteras de mon amour.

Chaque nouveau jour est une histoire…

Lever de soleil

Ouvrir les yeux avant l’aurore, la tête et tout le corps ensommeillés, encore.
S’étonner de l’heure matinale, qu’affiche le réveil impassible. Il est si tôt… Peut-être est-on en train de rêver, comment savoir ?
Ne pas chercher, ne rien vouloir, juste apprécier cet entre-deux, ce doux état de flottaison entre le sommeil et l’éveil ; émerger doucement et revenir à la conscience, comme on revient à soi après une brève absence.

Se fondre dans les draps encore chauds de la nuit, s’étendre et rester là, à moitié endormie. Savourer le silence, rarement aussi intense qu’en ces heures suspendues où rien ne bouge. Respirer lentement, et à chaque souffle sentir la vie qui nous parcourt, cette vie que l’on tient pour acquise dès qu’on évolue au grand jour.

Se prélasser quelques minutes encore, et Morphée nous tournant le dos, décider de saisir cette chance pour s’offrir un joli cadeau : voir apparaître le soleil, aux premières lueurs du matin. S’émerveiller de cette renaissance perpétuelle, qui porte en elle tous les possibles. Ouvrir son carnet et écrire, la plume légère et pleine d’espoir.

Chaque nouveau jour est une histoire. Chaque matin est une page blanche, où tout recommencer…

Ouvrir les yeux sur la beauté ordinaire

« Toutes les choses ont leur beauté,
Mais tout le monde ne sait pas les voir. »
[Confucius]

 

Mer du Nord

Hier j’ai roulé jusqu’à la mer.
Ce n’était pas réfléchi, il était déjà tard, d’autres auraient renoncé et fait d’autres projets.
En d’autres temps, à une époque où j’accordais du crédit à ma tête plus qu’à mon âme, c’est sans doute ce que j’aurais fait. J’aurais remis au lendemain, prétextant qu’il n’était pas raisonnable de prendre la route pour si peu « profiter »… Quelques heures à peine. Mais c’était un appel, plus fort que la raison, au-delà des rigueurs qu’impose « l’emploi du temps »… Quelle vilaine expression quand on y pense, comme si le temps avait besoin d’être « employé », comme s’il n’était pas possible de juste « l’habiter ».
Habiter le temps, pour moi hier, c’était me retrouver seule face à la mer, respirer les embruns, baigner dans la lumière, fixer un horizon, saluer le soleil à l’heure de son plongeon dans les eaux du grand large… Accueillir l’émotion, toutes les émotions, éveillées par ce spectacle de la vie ordinaire. Somptueux dans sa banalité. Beau à m’arracher des larmes, de joie et de tristesse mêlées.

Les gens sont comme des paysages

 

En longeant la plage, j’ai observé les gens. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que c’est une de mes occupations favorites.
Dans tous ces corps et ces visages, je vois une multitude de paysages, où j’aime me perdre infiniment.

Si je le pouvais, mon quotidien se résumerait à capturer la beauté qui m’entoure, par tous les filtres possibles : celui de la photo ou bien de l’écriture, la peinture un jour peut-être, qui sait… Ma vie rêvée je crois, serait de célébrer la vie, dans son essence la plus pure. Je ne sais pas si cela fait un métier, mais peut-on rêver plus belle vocation ?

J’aime les gens.
Surtout lorsqu’ils entrouvrent, les portes de leur âme. C’est rare, mais cela se produit parfois.
Les gens sont beaux, plus qu’ils ne croient l’être. Au-delà des canons esthétiques, de toute concession à la mode ou d’une pseudo beauté plastique, les gens sont beaux par ce qu’ils émanent. Par ce qu’ils laissent échapper d’eux, lorsqu’ils concèdent à l’abandon. La douceur ou la pétillance d’un regard, la tendresse d’un sourire, une émotion furtive qui passe sur leur visage, un geste qui en dit long sans qu’il soit rien besoin de dire…
Les gens sont beaux lorsqu’ils sont vrais, loin de tout artifice.
La véritable force, c’est de se savoir vulnérable et s’accepter comme tel. J’aime celles et ceux qui ont compris cela, et qui l’assument avec simplicité.

Si on parlait entre âmes ?

 

Si un jour nous nous rencontrons, ne cherchez pas à m’impressionner en jouant de vos muscles, par votre érudition, votre réussite ou vos possessions… Vous n’éveillerez qu’indifférence. Tout au plus susciterez-vous chez moi un peu de compassion, face à ce besoin humain et pourtant tellement vain, de rouler des mécaniques et revêtir le masque faussement protecteur. Ego quand tu nous tiens…

Si un jour nous nous rencontrons, parlez-moi de vous, partagez votre histoire, racontez-moi sans fards, ce qui fait battre votre cœur, ce qui vous fait vibrer au point de vous tenir parfois éveillé(e) au milieu de la nuit… Entrouvrez-moi votre âme, sans attentat à la pudeur mais en tentant juste d’être vrai(e). Alors vous pourriez bien toucher mon cœur, pour toujours et à jamais…

Et ensemble, nous toucherions du doigt, ce qu’est la vraie beauté.

Coeur sur le sable

Redevenir sauvage pour revenir plus sage

Redevenir sauvageCertains jours je n’ai envie de rien.
Ces jours-là pour aller mieux j’aimerais écrire, mais bien sûr rien ne vient.
Et c’est rageant de penser que rien ne peut s’écrire, au sujet de rien. Alors qu’il y aurait tant à dire, vous pensez bien.

Ces jours-là je tourne en rond, pour voir où ça me mène. Ça ne mène jamais bien loin, comme vous le devinez. On peut faire mille fois le tour de soi-même, si notre muse a disparu, ce n’est que peine perdue.
Pas le moindre flow, tari le fil des mots.
Et c’est tellement frustrant, de subir ce sur-place, quand on voudrait bondir, surgir, grandir, bref,… se rendre loin.

Alors ces jours-là, souvent, je ne vais pas bien.
J’enrage et je m’agace,
Tout m’irrite et m’agresse,
Comme un lion en cage, je rugis ma détresse,
A qui vient m’agacer, je crie ma rage,
Je rugis et j’agresse,
Comme un lion en cage,
J’enrage.

Je suis pourtant paisible,
Au fond et en surface,
Une personne pacifique,
Le contraire d’une menace.
Je voudrais la douceur,
Toujours et à toutes heures,
Mais quand l’ennui s’en vient,
Ce ne sont que des vœux vains.

Car c’est bien ça l’ennui, au fond.
L’ennui qui tisse sa toile,
Et couvre d’un voile gris,
Les couleurs de la vie.
Que je ne sais plus voir, pendant ce temps au moins.
Privée des sens qui me relient à plus grand que moi.
Ces jours-là je rapetisse, je m’amoindris,
Je rejoins ces aigris,
Qui pestent contre la vie.
Cette vie que j’aime tant, pourtant.

Il faut tout bousculer, parfois.
Tout envoyer valser,
Ruer dans les brancards,
Reléguer au passé ce qui n’a plus lieu d’être,
Pour que revienne l’envie.
Redevenir sauvage,
Pousser des cris de rage,
Pour soi et loin des autres.
Pour revenir plus sage,
Et mieux aimer la vie.

 

Les transports en commun, ou ces rêves en partage…

Quelques mots voyageurs, en souvenir d’une émotion fugace…

 

Les transports en commun…
Moi qui affectionne les mots et en ai fait mes partenaires de jeu préférés, j’aime détourner cette expression littérale et peu propice à l’évasion, pour lui prêter un sens littéraire voire poétique, plus inspirant…
« Les transports », pour définir une émotion vive, une exaltation, un rêve… Autant de ressentis profonds et puissants, qui font voyager comme seuls peuvent le permettre les voyages intérieurs, les plus beaux qu’il nous soit donné de faire. Et communs à chacun, puisque nous sommes tous de cette étoffe, dont sont faits les rêves…

« Nous sommes de cette étoffe sur laquelle naissent les rêves,
et notre petite vie est entourée de sommeil
« .
[Willliam Shakespeare]

 

L’autre matin, pour me rendre au bureau, j’ai emprunté le tram.
Je ne me distingue pas par ma ponctualité en pareil cas, mais il était encore relativement tôt, et j’y ai côtoyé des lycéens en partance pour le bahut, des étudiants rejoignant leur fac, des hommes en costard et des femmes pomponnées, prêts à renouer avec d’obscurs dossiers… Des jeunes et des plus vieux, des looks débridés aux plus sérieux, fantaisie et austérité mêlées au cœur d’une rame, la diversité de la vie dans toutes ses gammes
Pendant les quelques minutes qu’a duré le trajet, j’ai étudié tous ces humains en transit.
Je les observais et tentais de me représenter quelle était leur vie… D’où venaient-ils, où allaient-ils, quels étaient leurs rêves… C’est un de mes jeux favoris, je pourrais m’y livrer pendant des heures… Entendre l’indicible, voir au-delà des gens, discerner ce qu’ils croient cacher sous leur maquillage, leurs accoutrements, leurs attitudes, dérisoires artifices qui ne traduisent rien de qui ils sont, mais en réalité, en révèlent bien plus long…

J’observais tous ces gens.
Quelques minutes auparavant, j’avais relu et partagé sur la toile un texte écrit par Paulo Coelho [Extrait du roman « Le Zahir »], dont la justesse m’avait touchée.
Alors que je posais le regard sur les personnes qui m’entouraient, ces mots résonnaient dans ma tête…

Citation Coelho Le ZahirJ’observais ces gens voyageant vers leurs buts respectifs – une école, une université, un bureau quelque part… – et me demandais s’ils étaient heureux de s’y rendre. S’ils avaient fait ce choix en toute liberté et en pleine conscience, ou s’ils suivaient un plan pour eux tout tracé, sans même le questionner. « Parce c’est comme ça », et « parce qu’on n’a pas le choix ». 
Je me demandais ce qu’ils portaient en eux, de rêves inassouvis, amèrement regrettés, ou juste délaissés, jusqu’à y renoncer… « Parce c’est comme ça », « parce qu’on n’a pas le choix ».

Et puis mes yeux se sont posés sur un sac, simple « tote bag » porté à l’épaule par une jeune fille en âge d’être étudiante, la vingtaine probablement… Sur le sac une inscription disait « J’ai 10 ans ! ». J’ai souri. J’ai regardé plus attentivement le visage de cette jeune fille, et me la suis imaginée petite, espiègle et insouciante comme on l’est à cet âge… J’ai pensé que cette inscription en apparence anodine, révélait bien des secrets, sur celle qui l’avait adoptée.

J’ai poursuivi mon scan visuel et quelques secondes plus tard ai reconnu entre les mains d’une femme assise, la couverture d’un livre que j’ai récemment lu : « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Un titre évocateur, une lecture qui témoigne d’une quête partagée par beaucoup, celle d’une vie heureuse au plus près de nos valeurs, en résonance avec le cœur. Je me suis attendrie. Et me suis dit que tout lecteur, n’est avant tout que le propre lecteur de lui-même. Et que ce récit sans prétention, vient surtout parler de l’âme des gens et ses aspirations.

Puis je me suis souvenue du livre que moi-même je transportais, emprunté il y a peu à la bibliothèque : « Et tu trouveras le trésor qui dort en toi ». 
J’en ai été émue. A la lumière des pensées qui m’avaient traversée, au regard de la scène que j’avais observée, et en écho aux mots de Coelho lus quelques heures plus tôt,… je me suis dit que chacun porte en soi un trésor enfoui, qu’il tarde à révéler ou enterre à jamais, selon la valeur qu’il décide un jour de lui accorder.

J’ai décidé que mon rêve était plus important que tout, et qu’il m’appartenait de le défendre becs et ongles, peu importe le coût.
Et j’aimerais qu’un jour se lèvent, pour se mettre debout, tous les gens à genoux… pour vivre enfin les rêves pour lesquels ils sont nés.

S’aimer est la grande aventure d’une vie

« S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour
qui durera toute une vie »

[Oscar Wilde]

 

Illustration ©Dallas Clayton

L’amour.
C’était pour moi un mot vide de sens.
Je l’ai longtemps goûté comme une absence.

Il avait la saveur amère des blessures de l’enfance, ces maux d’amour qu’on ne dit pas. Que l’on calfeutre à l’intérieur et qu’on enfouit profond en soi, de peur d’être heurtée de nouveau, incomprise ou jugée, ou bien tout cela à la fois. Des affronts dont je n’aurais pas su me relever, je crois.

Au cœur de mon désert les oasis n’existaient pas, les mots d’amour y résonnaient comme des silences, avec pour seul écho la certitude de leur absence. J’étais ce puits sans fond toujours impossible à combler, ignorant que l’amour s’enfuit tant qu’on s’obstine à le mendier. Un regard, un sourire, un geste tendre ou un soutien, un réconfort ou un câlin,… De tous ces petits riens je suis devenue avide, comme autant de remèdes au vide.

Perdue au fond d’un gouffre à l’insondable profondeur, j’attendais tout des autres, j’espérais qu’ils me sauvent. Sans comprendre que c’était à moi, avant tout, de me tendre la main.

J’ai espéré l’amour comme on attend sans y croire, l’avènement d’un miracle.
Jusqu’à y renoncer, puisqu’il n’était rien que débâcle. Je me suis enfermée derrière des murs infranchissables, pensant ne plus souffrir en me rendant inaccessible. Ne voulant plus peser sur l’autre, avec mes attentes excessives.
J’avais le sentiment d’avoir tant à donner, pourtant. Tellement d’amour à l’intérieur… Mais son immensité n’avait d’égale que ma douleur.

« Pour pouvoir ouvrir mon cœur, il me fallait m’aimer moi-même ».

 

Pour pouvoir ouvrir mon cœur, il me fallait m’aimer moi-même.
Ce ne fût pas une révélation spontanée mais bien le fruit d’un long parcours. Je l’ai compris au fil du temps, au gré d’innombrables expériences, par mes lectures et mes rencontres, grâce aux miroirs qu’elles me tendaient.

Parce que la vie ne veut pour nous que le meilleur, elle a mis sur ma route des personnes rares… comme il en existe tant, finalement. De ces âmes-sœurs auprès desquelles on se sent bien, en confiance, qui nous accueillent avec douceur et bienveillance. Tout ce qui m’avait manqué… Comme c’était doux et chaud, que de les côtoyer.
Chacune de ces personnes, j’ai la sensation de les avoir reconnues, plutôt que rencontrées. Un peu comme si je me sentais appelée. Sans doute parce que mon cœur, bien avant moi, avait compris qu’une de mes clés se trouvait là, dans la rencontre avec ces êtres différents, mais au fond si semblables à moi.

Ces âmes belles m’ont redonné des ailes et ravivé le cœur, elles m’ont fait prendre conscience de ma valeur.
A leur contact j’ai délaissé l’armure, petit à petit. Une à une, j’ai ôté les pelures qui protégeaient celle que je suis… Jusqu’à me dévoiler de plus en plus, aujourd’hui. Il reste de la marge pour me révéler au grand jour, mais tout en vient en son temps, à mesure que la vie suit son cours.

C’est riche de ces rencontres qui ont su me rendre à moi-même, que j’ai commencé à dire oui au monde, à ouvrir grands les bras, à profiter de chaque seconde. En retrouvant l’amour de soi, on tombe en amour avec la vie, ce n’est pas la moindre des victoires.

« C’est l’aventure d’une vie, que d’apprendre à s’aimer. »

 

Tout est tellement plus savoureux, aujourd’hui.
Cette ouverture du cœur que je ressens de plus en plus, vient souvent me surprendre, comme toutes ces choses dont on n’a pas pris l’habitude. Il m’arrive parfois d’être submergée par de telles vagues d’amour, avec une intensité que je n’aurais pas crue possible il y a quelques mois encore.
J’aborde avec confiance, la route qui reste à parcourir. J’ai gagné en patience. C’est l’aventure d’une vie, que d’apprendre à s’aimer.

Nos plus belles quêtes puisent leur source dans ce qui nous a manqué.
La mienne est de partager l’amour. Une fois surmontée la douleur, un beau jour peut venir l’heure, de témoigner… Se dévoiler intimement n’est pas chose aisée, cela demande un peu de courage sans doute, ou peut-être une certaine dose d’inconscience ?… Mais au fond de moi une petite voix me crie « dis-leur »… « Dis-leur ce que tu penses, ce que tu vois et ressens », peut-être par résonance, certains y puiseront quelques ressources pour espérer, pour avancer, se sentiront moins seuls…

J’ai souvenir d’avoir lu un jour cette citation qui m’a marquée, attribuée à David Servan-Schreiber : « Une des leçons essentielles de la vie : nous sommes tous blessés peu ou prou, et nous avons tous appris à en avoir honte ».

A la lumière de mes errances et au bonheur de mes découvertes, j’aurais envie de dire ceci : n’ayez pas honte de votre histoire, de toutes ces expériences qui vous ont forgé(e), n’ayez pas honte de qui vous êtes.
Soyez fiers de vos cicatrices, elles font de vous un être unique, dont nous avons tous à apprendre… On est tellement plus riches ensemble.

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Allumer les étoilesFin d’année oblige, l’heure est propice aux bilans et les longues soirées d’hiver se prêtent bien à la lecture, alors laissez-moi vous raconter une histoire…
Je ne sais pas moi-même où elle commence ni comment elle finira, mais si vous consentez à me suivre je vous livrerai les mots tels qu’ils me viennent, et ensemble nous verrons bien où ils nous mènent.

Ceux qui parmi vous me suivent depuis quelques années via Facebook le savent : avant « COM’ La Vie ! », existait une page appelée « Allumer les étoiles ». Un nom qui m’avait été inspiré par la célèbre citation de Guillaume Apollinaire, « Il est grand temps de rallumer les étoiles« , et dont la sonorité poétique m’avait plu.
C’est beau, une étoile. Si comme moi vous appartenez à la tribu des rêveurs, des visions étincelantes vous apparaissent certainement à la simple évocation de ce mot enchanteur. Un mot saupoudré d’or et vibrant de silence, qui porte en son cœur toute la beauté du monde. Surtout, ce nom « Allumer les étoiles » me semblait traduire à merveille l’élan initial qui m’avait motivée à créer la page : le souhait de fédérer, autour de partages inspirants et positifs, une communauté d’âmes sensibles, en quête de pépites éclairantes et éprises comme moi de beauté et de magie.
J’aimais l’idée d’agréger autour de ce modeste projet, « ma » petite constellation d’étoiles. Je me figurais chaque membre de cette communauté comme l’un de ces astres lumineux, dont la présence venait éclairer mon ciel. Et vous avez été de plus en plus nombreux, à vibrer au diapason des fréquentes publications. J’en ai été tour à tour étonnée, sincèrement touchée, exaltée, et reconnaissante de ces chaleureux partages dont vous veniez me gratifier.

Oser croire en son étoile…

 

Et puis un jour, parce que la vie nous pousse sans cesse à grandir et transformer ce qui est, j’ai ressenti le besoin d’autre chose. Longtemps, je m’étais contentée de publier des citations ou textes inspirants, certes en résonance avec mes pensées profondes et mon évolution personnelle, mais dont je n’étais pas l’auteur et cette pensée me chagrinait. A celles et ceux qui s’exclamaient, en apprenant le nombre de « fans » présents sur la page (près de 1700 à cette époque) : « mais rends-toi compte, c’est énorme ! », je répondais que le mérite ne me revenait pas, puisque les mots auxquels vous vous montriez sensibles, n’étaient pas les miens. Moi qui avais toujours dit à qui voulait l’entendre que je souhaitais écrire, je ne pouvais plus rester sourde aux aspirations de mon âme, qui m’exhortait à sortir de ma coquille et à braver ma peur, pour donner à voir un peu plus de mes propres couleurs.
Et puis, arrive un moment où il faut faire preuve de cohérence : au travers de ce que je vous partageais, je ne cessais de vous rappeler combien chacun porte en germe un potentiel à révéler, avec le souhait que vous puissiez trouver au creux de ces mots, force et courage pour aller vers votre vie rêvée. Mais où en étais-je, moi, avec le fait d’oser ? Pour que les mots ne demeurent pas de vaines paroles, il était temps d’y joindre le geste. Et c’est ce que j’ai fait. Pétrie de trac, mais certaine qu’il le fallait. Et la vie m’a donné raison.

« Que faire de ma vie ? Y multiplier les moments où la question ne se pose pas »

 

A l’heure où j’effectue le bilan de mon année 2016, je suis presque incrédule mais surtout emplie de gratitude.
Gratitude pour les magnifiques rencontres qui l’ont jalonnée, les expériences nouvelles qui m’ont façonnée, et pour ce que la vie si généreuse, a jugé bon de me donner.
Interview radio Aurélie PérezAu cours des 12 mois écoulés, j’ai surmonté quelques-unes de mes peurs, pour écouter mon cœur et le suivre, là où depuis toujours et en secret, il sait vouloir aller. C’est à lui que je dois mes joies les plus intenses et mes plus beaux partages. Désormais je le sais pour l’avoir vécu : quand on saisit sa chance, on rencontre parfois l’inespéré.
Cette année, des aventures multiples se sont succédé, dont certaines m’ont transportée comme jamais. Cadeau servi sur un plateau : je me suis improvisée animatrice radio et je me suis régalée, à écouter ces autres se raconter dans l’intimité du studio. J’ai eu la délicieuse et inédite sensation de trouver ma voie, en libérant ma voix et celle des autres. Cerise sur le gâteau : j’ai enfin créé ce site auquel je pensais depuis des années – et dont la page Facebook, désormais rebaptisée, porte aujourd’hui le nom. Grâce à lui j’ai croisé le chemin de personnes rares à l’âme belle, qui ont attisé en moi l’inspiration et m’ont rendu confiance en mes dons.
A travers ces expériences, je me suis parfois senti pousser des ailes et j’ai goûté combien c’est bon de vivre dans l’instant, tout simplement. Furtivement mais intensément, j’ai renoué avec la joie pure, celle que je connaissais enfant quand j’étais dépourvue d’armure.

Sur un plan plus personnel, j’ai mesuré combien la vie nous change. J’ai perdu de vue des amis, redevenus simples connaissances jusqu’à disparaître tout à fait, pour certains. Et c’est pas grave. J’ai retrouvé des amis d’enfance, avec qui j’ai refait connaissance, on a parlé de tout, de rien, on s’est quittés sans promesse de lendemain. Et c’était bien. Le cœur débordant de larmes, j’ai dû laisser partir un être cher, qui poursuit sa vie à des kilomètres ailleurs. Et si le manque revient parfois me visiter, j’ai découvert que l’on pouvait survivre à l’absence. J’ai apaisé certaines de mes souffrances, appris à me faire plus confiance. Et c’est tant mieux.

Les Ateliers du Caméléon - Marie Guibouin
Photo ©Marie Guibouin

Je me suis aventurée dans des activités nouvelles, j’ai exploré ma créativité pour des journées plus colorées. J’ai repris goût à la photo, que j’avais trop longtemps délaissée, posé un regard neuf sur ce qui m’entourait. J’ai découvert la joie de danser, que dis-je… de groover !!
J’ai appris à m’aimer davantage et à ouvrir mon cœur, pour aimer mieux et plus, les gens qui m’entouraient. Sans attentes. Sans promesses. Mais avec la conscience aiguë qu’il faut profiter pleinement de ce qui nous est offert, sans projections futures ni regards en arrière.

Une nouvelle page à écrire…

 

Aujourd’hui, je vois plus clairement mon avenir se dessiner. La porte est entrouverte, ne reste plus qu’à la pousser.
Ces mots qui depuis toujours dansent dans ma tête, ils sont comme l’air que je respire, ils me sont nécessaires. Ma vie passera par eux, et j’ai compris comment les mettre au service de projets porteurs de sens.
A vous tous, qui chercheriez une plume sensible pour écrire vos instants précieux, garder trace de vos souvenirs au travers d’un récit ; à vous entrepreneurs, qui souhaiteriez traduire en mots le cœur de votre activité, vous présenter tels qu’en vous-mêmes en toute authenticité, je proposerai cette année des offres ciblées pour rencontrer vos attentes. C’est pour moi un grand pas en avant que de l’écrire « noir sur blanc », cela m’engage et je ne pourrai plus faillir ou reporter sans cesse, au prétexte que je ne suis pas prête. Car j’ai compris et accepté une chose : on n’est jamais vraiment prêt, et au final peu importe. L’essentiel est d’avancer.

Comme des mots qui resteraient au bord des lèvres, je suis longtemps restée en bordure de mes rêves. 2016 m’a permis de m’en rapprocher, au terme de 2017 certains seront je l’espère, devenus réalité.

ET VOUS ?
Quel bilan dressez-vous de votre année 2016 ? Quels sont vos souhaits pour 2017 ?

Pour l’année à venir si nous ne formulions qu’un seul souhait, il pourrait être celui-ci : continuons à explorer la poésie de la vie, qui est décidément bien belle, quand on en connaît le prix.

La vie en Groove avec Nathalie Petitclerc

Accro à la danse depuis toujours, passionnée par les relations humaines et le développement personnel, Nathalie Petitclerc a trouvé dans le Groove Dance, la parfaite synthèse permettant de concilier ses domaines de prédilection. Dans son rôle de « Coach facilitatrice » en Groove, elle vous emmène dans un voyage musical propice au lâcher-prise et aux explorations intérieures. Suivez le guide !

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Nathalie Petitclerc, Coach facilitatrice en Groove Dance

Le hasard – qui n’existe pas, comme chacun sait – a voulu que nous nous retrouvions dans le bar d’un hôtel lillois étoilé. Un lieu calme et feutré choisi pour son atmosphère propice aux échanges, mais aussi – comme je l’apprendrai ensuite – un décor on ne peut plus familier pour elle, qui a travaillé huit années durant dans l’hôtellerie de luxe.

Dans cet espace privilégié et préservé des tumultes de la ville, le rapport s’établit sur d’autres bases que celles des séances de Groove auxquelles j’assiste depuis septembre, et j’ai plaisir à découvrir une autre facette de la coach. Il émane d’elle une grande douceur alors qu’elle retrace son parcours et me partage sa passion, en même temps que transparaît en filigrane un authentique amour de l’autre… Sans aucun doute sa caractéristique majeure, et le moteur qui a présidé à chacun de ses choix de vie. Zoom sur l’itinéraire d’une coach au grand cœur.

Nathalie Petitclerc est Coach facilitatrice en Groove dance, et anime des séances en métropole lilloise depuis novembre 2015. Une activité qui suscite encore des réactions intriguées et pour cause, puisqu’elle est à ce jour la première et la seule en France à avoir importé le concept, né il y a une dizaine d’années aux Etats-Unis. Autant dire que le défi est de taille, à la hauteur du potentiel que revêt la discipline.

Le Groove Dance, une pratique à mi-chemin entre la danse
et le développement personnel

 

Alors le Groove, késako ? Une pratique de danse à la portée de tous, alliant tous les styles musicaux. Sur la base de deux à trois pas très simples proposés par la coach, chacun des « groovers » explore ensuite librement le mouvement, selon son propre style, sa personnalité et l’humeur du jour… Unité dans le mouvement, liberté dans l’interprétation, telle est la définition du Groove. Si la détente et le lâcher-prise sont au premier rang des bénéfices, une pratique récurrente permettra de développer une meilleure estime de soi, une aisance relationnelle accrue et amènera à se détacher du regard d’autrui… A ce titre le Groove Dance constitue, comme le souligne Nathalie, « une première entrée dans le monde de la danse alliant le développement personnel ».

Un concept qui avait tout pour me séduire et dont je suis devenue addict dès la première séance. Les effets sont semble-t-il irréversibles (sourire). De fait, ajoute-t-elle, « il n’y pas de juste milieu avec le Groove, les gens vont soit adhérer totalement, soit pas du tout ». Elle aime ce côté clivant.

Elle-même a accroché sans réserve dès son premier cours, expérimenté dans un parc au cœur de Montréal, au Québec. Un déclic sur lequel je reviendrai, et qui a été précédé par bien des signes avant-coureurs.

La musique et la danse, comme des piliers de vie

 

La danse a toujours fait partie de sa vie. Dès l’âge de 6 ans, elle suit des cours – modern jazz et danses de salon notamment – et s’imagine volontiers professeur de danse une fois « grande » : « mais la danse au sens chorégraphiée », sourit Nathalie, soit un style aux antipodes de ce qu’elle propose aujourd’hui.

Petite fille timide et introvertie, très sérieuse et appliquée, elle trouve dans la danse un mode d’expression qui lui procure une vraie liberté et dont la dimension artistique lui plaît. L’appartenance à un collectif également, vient nourrir son goût du partage.

Il s’écoulera néanmoins plusieurs années avant que la petite fille devenue grande, trouve l’élan de se lancer et remette la danse au cœur de sa vie, au profit des autres.

Entretemps, elle cherche sa voie. Décroche un bac scientifique, sans conviction et sur le fil, après avoir consenti un maximum d’efforts pour ne pas avoir à redoubler : « c’était à l’opposé de ce que je pouvais aimer, mais en même temps, et c’est aussi un de mes traits de personnalité, j’arrive toujours à atteindre l’objectif que je me suis fixé ». L’objectif est d’en finir très vite avec ce cursus imposé, pour prendre une orientation plus conforme à ses aspirations.

Des voyages lointains au voyage intérieur

 

Le bac obtenu, elle se questionne toutefois sur la suite possible : « je ne savais pas ce que je voulais faire, j’aimais les langues, les voyages, j’avais un goût pour les beaux hôtels… Je me suis dit que je pourrais m’épanouir dans le tourisme et l’hôtellerie ». Après une première année en Langues Etrangères Appliquées, elle valide à Chambéry une Licence en Management hôtelier.

Elle décrète alors que les études sont finies pour elle : « j’en avais marre, j’avais envie d’être dans la pratique ». S’enchaînent une succession de stages en France et à l’étranger, bientôt écourtés par un besoin de stabilité. C’est le début d’un épisode de 7 ans à Paris, « sept longues années » dans cette ville « pas faite pour elle », où elle vivra néanmoins sa première expérience professionnelle significative et connaîtra son premier déclic.

Au sein de l’hôtel 4 étoiles où elle travaille alors, elle gravit très vite les échelons et se retrouve à moins de 25 ans assistante chef de réception, à la tête d’une équipe d’une vingtaine de personnes. Un bon souvenir : « Je me suis éclatée dans mon rôle de manager, et j’ai pu me découvrir des prédispositions pour le coaching et l’accompagnement ». Car Nathalie n’a pas seulement l’oreille musicale, elle se distingue aussi par sa qualité d’écoute et sa propension au dialogue : « j’ai toujours été l’oreille attentive de mes équipes ; mon but était de les fédérer, créer une cohésion, mais j’avais à cœur de les pousser individuellement à aller vers où ils avaient envie d’aller ».

Du management d’équipe au coaching,
une transition logique et sans fausses notes

 

Elle pressent que son épanouissement professionnel passera en partie par là, mais il manque encore des pièces au puzzle. Désireuse de faire évoluer sa carrière et estimant avoir fait le tour de son poste, elle candidate dans beaucoup d’établissements mais ne voit pas aboutir ses démarches : « j’étais toujours dans les deux derniers candidats retenus mais jamais prise, j’avais une confiance qui restait à consolider et je pense que ce déficit se traduisait malgré moi ».

Suit une période d’introspection et une réflexion sur une possible reconversion.
A la même époque, son père entreprend une formation pour devenir coach, le projet intéresse Nathalie qui tend l’oreille mais peine encore à s’y projeter totalement. Une séance de channeling viendra confirmer son pressentiment. A la sortie, plus aucun doute ne subsiste et tout lui apparaît clairement : « je me suis dit, c’est exactement ça, j’avais toujours été dans l’écoute, désireuse d’amener les gens à s’améliorer, à être mieux ; j’avais plein de prédispositions pour ça et j’ai senti que ce projet vibrait en moi, j’avais besoin d’y aller ».

Elle s’inscrit donc à l’Institut des Neurosciences Appliquées à Paris, pour une année de formation au cours de laquelle elle se sent « pousser des ailes » et dont elle sort certifiée avec une mention très bien.

Elle débute dans l’accompagnement, tout en poursuivant son activité dans l’hôtellerie : « je sentais que mon projet n’était pas encore mature, il manquait des choses ; j’avais envie de me plonger dans une autre vision du métier, dans un pays autre que la France ».

Une expérience québécoise propice au déploiement

 

A 28 ans, elle décide de s’envoler pour le Québec, souvent considéré comme précurseur en matière de développement personnel, et où le coaching est monnaie courante. Munie d’un Permis Vacances Travail (PVT), elle s’installe à Montréal pour un an, avec la volonté de compléter son cursus. Légère déconvenue, le PVT ne lui permet pas de s’inscrire à des formations. Qu’à cela ne tienne, elle entreprend un travail aux côtés d’une coach locale, pour clarifier son propre projet et s’inspirer de ses méthodes, dont elle est à la fois la bénéficiaire et l’observatrice.

Pour subvenir à ses besoins, elle accepte parallèlement un poste de manager à la tête d’un service d’entretien ménager, qui la confronte à un double challenge. On lui donne pour mission de « dépoussiérer » les méthodes de management, d’instaurer des procédures et structurer un service où la formation et l’intégration des nouveaux personnels reposait jusqu’alors exclusivement sur l’oralité. L’équipe multiculturelle qu’elle encadre, se compose de nombreux immigrés dont beaucoup jouissaient de statuts sociaux valorisés dans leur pays d’origine (vétérinaire, journaliste,…) et se trouvent désormais assignés à des tâches d’entretien. « C’était donc un sacré challenge, avec une question centrale : comment leur apporter la motivation au quotidien pour assurer leur mission ? », précise Nathalie.

La révélation du Groove, ou la pièce manquante…

 

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Danser sa vie, la musique au cœur

Contre toute attente, c’est le Groove Dance qui lui apportera la clé et lui permettra de relever le défi. Quelques temps plus tôt, sa colocataire l’a entrainée à une séance en plein air au sein d’un parc de Montréal, afin d’essayer cette nouvelle pratique de danse. Nathalie est d’abord intriguée, puis immédiatement conquise : « L’éclate totale », se souvient-elle. Dans la foulée, un atelier animé par Misty Tripoli, créatrice du Groove Dance, achève de la convaincre : « Ça a été une révélation, c’était exactement ce que je voulais faire et la meilleure façon pour moi d’intégrer la danse dans ma vie professionnelle, en y alliant le développement personnel ».

Elle s’inscrit à une formation, dispensée par le « Master trainer » local. Les premiers bénéficiaires de son nouvel apprentissage seront donc les membres du service d’entretien qu’elle manage : « tous les matins, je mettais la musique et on dansait ». Une expérience parmi les plus belles qu’elle ait vécues.

Puis elle intervient pendant plusieurs mois dans des centres communautaires, où elle anime des séances avec sa colocataire, elle aussi formée au Groove.

L’aventure du Groove en France

 

En 2014, Nathalie est de retour en France, avec l’envie de poser ses valises. Pendant un temps, elle met volontairement sa vie professionnelle entre parenthèses, afin de donner naissance à son petit garçon et être pleinement présente et disponible pour ses premiers mois de vie. Alors que revient le besoin de s’occuper de ses projets personnels, elle initie des démarches visant à faire connaître le Groove Dance au public nordiste. Une première séance a lieu le 14 novembre 2015, elle est suivie d’une seconde un mois plus tard. En janvier 2016, les séances deviennent hebdomadaires, avec un groupe constitué et pérenne. Depuis, l’aventure continue et prend de l’ampleur

Nathalie propose aujourd’hui des séances tant au public adulte qu’à destination des enfants. Avec un même plaisir, malgré des approches sensiblement différentes.

« C’est plus facile avec les enfants, ils sont plus spontanés, en tout cas jusqu’à un certain âge ». Elle a été surprise de constater que le regard de l’autre peut déjà constituer un frein très jeune, dès l’âge de 8-9 ans. « Mon souhait serait de les aider à s’[en] affranchir, et contribuer à ce qu’ils deviennent de futurs adultes plus affirmés et confiants ».

Avec les adultes, elle se trouve confrontée à « un challenge supplémentaire », dans le fait de parvenir à « faire décoller le groupe à chaque séance », en dépit des limites propres à chacun. Pour y parvenir, elle s’appuie sur un enchaînement de musiques qui ne résulte pas du hasard, mais amène à un lâcher-prise progressif qui autorise ensuite une exploration plus intérieure.

« C’est ce que j’aime dans le Groove et ce que je prône : c’est un voyage ». De fait, chacun y trouvera ce qu’il vient y chercher, et ce dont il a besoin en fonction du stade où il en est dans sa vie : une activité sportive, un exutoire favorisant le lâcher-prise, ou encore une voie d’accès vers des émotions ou aptitudes enfouies et prêtes à émerger. « Au fil de l’année je vois des personnes qui se dénouent, qui se lâchent au fur et à mesure, c’est beau ».

On la sent sincèrement touchée à l’évocation de cette idée et je le suis aussi. Pour le vivre de l’intérieur depuis le début (récent) de ma propre pratique, je ressens profondément combien le Groove Dance est un puissant vecteur de liberté, de créativité et développement de soi.

Alors pour qui serait tenté(e) d’essayer, ne vous privez pas de ce voyage.
Nathalie saura vous faire voir la vie en Groove.

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« Strike a pose » : une équipe d’heureux groovers

EN SAVOIR PLUS :

Séances pour adultes :

  • Le Lundi soir, de 19h à 20h. Auberge de Jeunesse de Lille, 235 Boulevard Paul Painlevé. 59800 LILLE (Métro Porte de Valenciennes).
  • Le Mercredi soir, de 19h30 à 20h30. Baisieux (59780), Salle Manoir Ogimont (en face de la mairie).

Séances pour enfants :

  • Les Mardis et Jeudis pour les Temps d’Activité Périscolaire dans les écoles.
  • Le Mercredi de 16h à 17h au Centre social de l’Orée du Golf, 59290 Wasquehal (7-12 ans)
  • Le Vendredi de 17h30 à 18h30 pour les 6-9 ans et de 18h30 à 19h30 pour les 10-14 ans au Centre social Boilly, 59200 Tourcoing.

Séances de Groove en entreprise,
Et pour le fun, enterrements de vie de jeune fille « Spécial Groove » pour se détendre et se lâcher entre copines !

CONTACT :
World Groove Movement Logo> Nathalie Petitclerc : nathalie.petitclerc(at)gmail.com ou 07.82.24.03.78.
> Facebook : Groove France  et/ou Nathalie Petitclerc Coach-Groove.

> World Groove Movement : http://theworldgroovemovement.com/