Palpitations d’un cœur nomade…

Citation Miguel Torga - Rue Saint-Denis à Montréal
©Carine Dumez – Rue Saint-Denis à Montréal, août 2018.

Lille, France.
Mi-septembre est passé, 15 jours déjà que je suis rentrée de ma ville de cœur Montréal où j’ai vécu un mois durant, et ma valise trône toujours dans l’entrée de l’appartement.
Vidée de ses possessions, mais sans conteste avide d’en accueillir de nouvelles, et de reprendre du service.
De fait je ne veux pas la ranger, et suis encore moins pressée de la restituer à ses propriétaires, qui me l’ont prêtée pour l’été (oui, aussi curieux que cela puisse paraître pour quelqu’un qui confesse un amour vibrant et grandissant pour le voyage, je ne possède pas de valise et me suis contentée jusqu’à présent, d’en emprunter à droite à gauche au gré des besoins du moment… Anecdote pas si anodine et méritant plus ample réflexion : « Comment priorises-tu tes élans et tes envies, au sein de ta propre vie ? »… Hmmm…).

La tête allant vers… le cœur à l’endroit

En tant qu’acte symbolique, remiser au placard cette valise reviendrait à considérer que je retourne à ma vie sédentaire, pour une durée significative et au moins pour l’hiver. Or je sens bien qu’au fond de moi, s’obstine l’élan contraire.
Sitôt rentrée, déjà le goût de repartir.
Vers où, quand, comment, voire même pour quoi y faire, sont autant d’éléments auxquels je peine à donner une réponse immédiate. Mais un tel besoin viscéral n’a que faire des contingences matérielles et des contraintes de l’ordinaire. Certaines voix crient si fort à l’intérieur, que nul ne saurait les faire taire. Et je n’en ai pas l’intention.
Alors je cherche des solutions, certaine toutefois que ce n’est pas ma tête qui les trouvera, mais que ces clés me seront amenées en temps utile, par des voies que je ne pressens pas. Déjà, des perspectives se dessinent, peut-être serai-je sur les routes (de France) bien plus tôt que je ne le pense…
À suivre…

De place en place, jusqu’à trouver « la bonne » ?

Pour ce qui est de l’étranger – le seul véritable appel qui me fasse vibrer -, je continue à explorer diverses pistes, avec l’espoir de rejoindre bientôt celles, exaltantes et si pleines de promesses, du plus proche aéroport…
Le Québec pour port d’attache, et une vie nomade au fil des saisons pourquoi pas, trois mois ici, six mois par là…
Si je laisse libre cours à mes rêves, voici à quoi ressemble trait pour trait, l’existence que j’aimerais mener. Pour un temps limité peut-être, jusqu’à ce que mon cœur s’en lasse (ou pas)… ou peut-être s’enlace aux doux attraits d’un lieu de charme, au point de ne plus vouloir le quitter, jamais. Ce jour-là, j’aurai enfin trouvé ma place.

Héritière d’une âme vagabonde…

En attendant je me demande parfois d’où viennent ces élans voyageurs, qui se manifestent de plus en plus vivement à mesure que je vieillis… Comme s’il était urgent de vivre, temps enfin d’accomplir des envies dévorantes, trop longtemps restées inassouvies…

Mon arrière-grand-mère maternelle, que j’ai peu connue, a quitté très jeune son pays (l’Ukraine) pour venir trouver en France un travail de nature à la faire vivre, tout simplement.
Cela demande du courage, de tout laisser ainsi derrière soi. Cela suppose aussi d’avoir foi en des lendemains meilleurs, et d’être fermement résolue à les faire advenir.

Depuis peu, je développe la conscience que je porte en moi cet héritage. Ce sang slave qui me coule dans les veines, me dote sans doute par hérédité, de l’instinct nomade et la mélancolie souvent attribués à ces peuples orientaux.
L’appel du vaste horizon, la nostalgie d’un ailleurs auquel on aspire sans même l’avoir connu, le goût de l’aventure et ce désir continuel de partir… Autant de traits qui me caractérisent depuis longtemps et auxquels j’accède aujourd’hui tardivement, mais dont je sens qu’ils outrepassent les frontières de ma propre personne, dépositaire des rêves et impulsions, d’une lignée d’âmes vagabondes…

Tout voyage est un retour vers soi…

Je ne ferai peut-être jamais le tour du monde, mais qu’importe… Seul compte le voyage lui-même, qui invariablement aboutit à la plus belle des destinations : des parts de soi encore inexplorées.
Le voyage est une façon – peut-être la plus belle – de se mettre au monde.

Raconte-moi ton histoire…

Raconte-moi ton histoire
©Carine Dumez – COM’ La Vie


Certains jettent des bouteilles à la mer,
J’encre les mots sur le papier,
Juste pour te dire…
Que sur la terre où tu es né,
Ce monde étourdi d’éphémère,
Tu peux t’abreuver de beauté,
Et en toi-même trouver la paix.

Ouvre les yeux,
Sur l’aube de chaque jour.
Ne fais rien sauf poser ton regard sur la vie qui t’entoure,
Et laisse-toi traverser,
Telle une membrane sensible que la lumière transperce,
Entrevois l’invisible et ressens sa caresse.

Ouvre les bras à l’inconnu,
Qu’il soit homme, lieu, expérience,
Chacun te changera, t’éclairera sur toi-même.
Ne crains jamais de sortir de tes rails,
Saute à pieds joints dans la seule aventure qui vaille,
La VIE.
Accorde-lui ta confiance,
Et elle t’emmènera vers tes rêves de toujours.

Ouvre ton cœur,
Synchronise-le au pouls du monde,
Ne retiens rien de ce grand flux d’Amour qui coule en toi à chaque seconde,
Permets qu’il se répande, autorise qu’il inonde,
Et AIME.
Aime et rien ne sera plus pareil.

Goûte à tout cela,
Et donne-m’en des nouvelles.
Partage-moi ton histoire,
Raconte-moi comment, tu as gagné tes ailes.

Je suis fière de toi, et avec toi.
Et j’ai hâte de te lire.
carine@comlavie.com

Manon Lavoie, Faire de sa vie une œuvre… Œuvrer au cœur de l’Être… (Partie 2)

Portrait de Manon Lavoie par Maxyme G. Deslile
Manon Lavoie par ©Maxyme G. Deslile

Publié aux éditions Druide, « Créer le meilleur de soi » est le tout premier livre de Manon Lavoie et est objectivement une réussite, tant sur le fond que dans la forme. À cet égard il ne saurait être plus cohérent avec le message porté par le titre, tant il matérialise superbement le meilleur de l’auteure, qui y a mis tout son savoir et tout son cœur.

Au sujet du titre, justement. Ne vous méprenez pas… Ce livre s’adresse à tous, nul besoin d’être artiste pour y trouver son compte, bien au contraire. J’en suis la preuve vivante, tant le terme « créer » me faisait peur, moi qui pensais que jamais, au grand jamais, je ne serais à la hauteur. Mais bonne nouvelle, ce n’est pas de cela dont il s’agit.

Quel soulagement, de parcourir le livre et de comprendre qu’au bout du compte, le résultat importe peu. Comme dit souvent Manon, – et c’est vraiment décomplexant, en même temps que ça fait naître un sourire : « on n’est pas en train de jouer notre vie, là ». Ouf ! C’est tellement vrai. C’est bel et bien le processus de création qui nous intéresse, pour le bien-être immédiat qu’il procure, et les réponses enfouies qu’il peut ensuite faire émerger…

Selon votre sensibilité et quelle que soit la relation que vous entretenez avec la créativité, vous y trouverez donc de quoi satisfaire vos appétits. Et sans nul doute, vous prendrez tout comme moi plaisir à le feuilleter : il vous procurera une expérience sensorielle des plus agréables, avec sa couverture souple et un papier tellement doux sous les doigts ; vous y trouverez des textes sensibles et profonds, dont beaucoup nourrissent chaque jour mon inspiration (et Dieu sait s’ils m’ont soutenue et aidée à relâcher la pression que je me mettais inutilement sur les épaules, pendant la rédaction de cet article et ceux qui l’accompagnent… rien que pour ça, merci Manon !!) ; enfin il régalera vos yeux grâce aux superbes photos et œuvres colorées contenues au fil des pages.

Et surtout, vous goûterez à ce ton unique, à la fois intime et chaleureux, qui fait de ce livre un compagnon précieux. À travers lui vous aurez la sensation d’être accompagnée par une amie bienveillante qui se réjouit authentiquement de vos « petits pas »… Et soyez certains que c’est vraiment le cas.

Couverture du livre "Créer le meilleur de soi" par Manon Lavoie
©M comme Muses

En résumé, « Créer le meilleur de soi » est un puits de douceur où s’abreuver quotidiennement. Un très beau cadeau à s’offrir.

Et s’il est une telle réussite, c’est peut-être avant tout parce que Manon l’a écrit sans se préoccuper de la façon dont il serait reçu : le livre, explique-t-elle, « je l’ai fait pour moi. C’était un cadeau que je m’offrais à moi, je voulais me sentir bien en le voyant… et puis qu’il touche au moins un cœur… ». Mission accomplie… des milliers de fois.

Elle me raconte la genèse du projet…

Une longue période de gestation

L’écriture d’un livre est un processus au long cours, une aventure en multiples épisodes qui non seulement inclut la phase de rédaction elle-même, mais aussi la période d’incubation qui la précède, laquelle peut dans certains cas durer plusieurs années.

L’envie d’écrire son propre livre, Manon la portait en elle depuis longtemps mais il aura fallu une vraie période de maturation, pour que ce souhait se matérialise sous la forme qu’on lui connaît…

« En 2012, j’ai participé à un collectif pour un ouvrage sur la maternité (elle y avait écrit sept articles, NDLR)… Grâce à ce projet je me suis retrouvée au Salon du Livre de Montréal pour des dédicaces… là je me suis dit, un jour je vais revenir avec mon livre, mais où ?… Avec qui ai-je envie de travailler ? »… Donc je me suis promenée d’un kiosque à l’autre en me demandant « est-ce que je suis ici ? » …

Les Éditions Druide existaient depuis peu, Manon s’entretient avec eux et sent passer un bon feeling. Mais, elle n’est pas encore prête à entreprendre un tel projet : « Je ne voulais pas publier un livre pour publier un livre… ça a monté tranquillement ».

C’est trois ans plus tard, en 2015, qu’elle entrevoit la possibilité de se lancer : « j’ai senti que là j’avais peut-être quelque chose, une méthode à moi, différente de ce que j’avais appris ailleurs… ».

Elle contacte Druide pour convenir d’une première rencontre, leur soumet un synopsis et une table des matières… Le rendez-vous est concluant et se solde par la signature d’un contrat… Ce qui n’était qu’une simple idée, est prêt à devenir réalité. « Ça a beaucoup changé en cours de rédaction, au début ça s’appelait « Revenir vers soi », puis à un moment je me suis réveillée, je me suis dit « ce n’est plus juste ça, il y a d’autres choses » ; c’est là que « Créer le meilleur de soi » est né ».

La solitude de l’écrivain, le soir au fond des bois !

Dès lors, le plus difficile commence.

Manon traverse, selon ses propres termes, une période de « paralysie totale » : « au début je voulais mourir après avoir signé le contrat (rires)… je me suis dit, mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fait là ?! » ; « J’avais déjà commencé à écrire à la main dans mes cahiers car je n’arrivais pas à écrire à l’ordinateur… parce que j’avais une pensée linéaire, je pensais bien naïvement qu’un livre ça s’écrivait, intro, développement, conclusion… mais ce n’est pas comme ça que ça se passe, en tout cas pas le mien… » ; « Une fois le contrat signé, j’ai repris ce que j’avais écrit et naturellement je me suis dit « c’est nul, c’est complètement nul »… ».

C’est l’occasion rêvée de reprendre à son propre compte la philosophie qui imprègne ses coachings et accompagnements via M comme Muses, « ma propre médecine », dit-elle souvent.
Et donc, elle échafaude une stratégie vouée à créer le calme, pour désamorcer les peurs et lui permettre d’avancer, un pas après l’autre. Il s’agit de « ramener au plus petit possible, le plus près possible de nous », et dans son cas cela passe par la compilation de ses idées sur de petites cartes, écrites à la main : « On est partis en voyage d’amoureux, on était dans le fin fond des bois aux USA… j’avais emmené de petites cartes blanches, je me suis installée avec mes cartes sur le lit et je me suis dit « tu crois en quoi Manon ? »… J’ai repris tous les livres que j’avais étudiés au fil de mon parcours, j’ai tout classé par thèmes… ça, c’est de la psychologie positive, ça, ça pourrait être un projet créatif, etc… » ; « Je suis ressortie du bois avec mon livre écrit sur mes cartes, littéralement… mais pas dans l’ordre encore… ».

Ordinateur face à la fenêtre
©Manon Lavoie. Extrait du Livre « Créer le meilleur de soi ».

Au retour, pour favoriser l’inspiration, elle installe une table au beau milieu du salon, y pose l’ordinateur qui fait face à une fenêtre donnant sur un arbre. « J’ai écrit chaque matin, je tirais une carte en me disant, j’écris à propos de ça aujourd’hui… ».

Une méthode respectueuse de ses besoins et de son rythme, et qui peu à peu porte ses fruits puisque Manon se retrouve bientôt en possession de 300 pages. L’heure n’est toutefois pas encore à la célébration : « J’ai tout imprimé, et là bien candidement je me suis dit waouh mon livre est écrit !!… mais le travail commençait…(rires) ».

Un livre au plus proche de son auteure

Restaient en effet quelques « menus travaux », à commencer par la structuration et l’organisation des contenus. Sans jamais perdre de vue le tout premier bénéficiaire, le futur lecteur, et en veillant à ce que celui-ci puisse s’approprier le livre, quel que soit son propre rapport à la créativité : « L’idée était de dire, « qu’est-ce qui vient en premier ? »… « Ce n’est pas un roman, c’est une pensée, une philosophie de vie… si je prends par la main quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de ça et qu’on y va avec ces étapes-là, est-ce que ça marche ?… Ça a été un gros travail… ».

Un chantier d’envergure, mais pas le dernier néanmoins : « j’ai ensuite travaillé avec une réviseure… une expérience extraordinaire où j’ai appris tellement de choses… ça aide tellement à structurer une pensée, à l’articuler comme un fil rouge, de sorte que tu tiens le lecteur par la main du début jusqu’à la fin… »…

Puis le travail de graphisme a débuté…

Atelier ©Manon Lavoie - M comme Muses
©Manon Lavoie

Les nombreuses photos et illustrations qui parsèment le livre tiennent une grande part dans le plaisir que l’on prend à le parcourir. Elles nous plongent au cœur du quotidien tel que le vit Manon et imprègnent ainsi chaque page d’une vérité et d’une proximité, chères au cœur de son auteure : « J’ai fait toutes les photos (80 à 90% étaient déjà faites à la base) ; je voulais vraiment ça, pour représenter le vrai quotidien… je ne voulais pas que ce soit un livre de table à café avec des photos glacées, impeccables… je voulais que l’on sente la personne derrière, que ce soit des photos de notre vie, pour que les lecteurs puissent s’y retrouver… ».

Elle m’évoque l’anecdote de la photo prise en forêt avec sa fille (page 143) : « Il y a des photos qui me rendent tellement heureuse… celle-ci en forêt, c’est un moment, ce n’est pas fait pour le livre ça, c’est une photo de notre vie… on est en pleine forêt, il y a un rayon de soleil qui passe et on lui dit « Ooh Olivia, va te placer »… on la prend avec un cellulaire, même pas un appareil photo… et ça se retrouve pleine page… ça là, c’est… ça me… je peux mourir en paix ! » (rires).

Le plus tard possible, on est d’accord.
Du moins pas avant le deuxième livre (sourire).

Qui sème l’amour… le récolte en retour

Ce parti-pris d’intégrer des photos issues de son univers familier, imprègne le livre d’une telle dose d’amour, qu’il suscite l’amour en retour.

Et de l’amour, Manon en reçoit à foison depuis la sortie de son livre, dont elle a fait la promotion sur quantité de salons, tant au Québec qu’en Europe.

Je l’interroge sur cette visibilité croissante qu’elle expérimente actuellement, grâce au succès que rencontre le livre… Avec l’envie d’en savoir plus sur son ressenti, la façon dont elle traverse ce tourbillon et le vit de l’intérieur…

« On est en perpétuel apprentissage, tout notre chemin est là pour une raison, chaque étape, chaque marche est importante… Donc les moments difficiles sont là pour que tu puisses apprendre, définir tes valeurs, nommer ton territoire, trouver tes balises, regarder ce que les autres font en termes de pratique, t’aligner sur ce qui te parle…
La nouvelle visibilité due au livre, ce n’est pas tant important en termes de visibilité extérieure que pour ce que ça apporte comme richesse en termes de contacts humains… Ça je n’en reviens pas, je suis juste remplie de gratitude, pleine d’amour… ».

La juste récompense d’un travail de fond, d’autant plus appréciée que celui-ci fût intense et solitaire : « écrire un livre, ce n’est pas un travail sexy, t’es toute seule, c’est tout « croche » c’est solitaire, ça fait mal en dedans parce que tu te remets en question, parce que tu travailles fort… donc là « je me paie la traite » en ce moment… « c’est du bonbon », de pouvoir sortir et rencontrer des gens… je leur ai dit à la maison d’édition, je veux être sur tous les salons, comptez sur moi, TOUS !… je veux être là ! (rires) ».

« C’est important de le faire vivre ce livre, d’aller à la rencontre des gens… et chaque personne est importante, chaque cœur, chaque histoire est importante… C’est un cadeau que je reçois à chaque rencontre… ».

Un cadeau mutuel, vraiment.

« Mon livre me ramène à la bonne place »

À titre de témoin j’ai eu le plaisir d’observer, le jour de ma visite sur le stand à Livre Paris, cette disponibilité et l’authentique plaisir que prend Manon à ces rencontres et ces partages… On sent chez elle un réel et sincère intérêt, envers chacune des personnes qui viennent à sa rencontre. Elle est là, entièrement.

En d’autres lieux et circonstances j’ai souvent été étonnée par cette même disponibilité et sa réactivité, qui invariablement ne manquaient pas de m’impressionner, en laissant deviner une capacité de travail dont je ne suis pas sûre qu’elle me caractérise…

Ce succès croissant et les sollicitations accrues qu’il entraîne, sont pour elle un nouvel apprentissage, une invitation à se positionner pour mieux dédier son temps et son énergie, à ce qui compte vraiment : « C’est vrai que je reçois beaucoup de messages, beaucoup plus qu’avant… Je me donne la permission de ne pas répondre à tout… Avant j’avais de la difficulté à le faire parce que je me sentais coupable […] Et à un moment donné je me suis dit Manon, t’as une famille, t’as du travail – parce que quand même, à travers tout ça je travaille (rires) -, donc il faut que je garde mon énergie à la bonne place… Et donc là c’est un exercice extraordinaire pour me ramener à la bonne place… ».

« Tu sais, cette culpabilité que tant de femmes ressentent… ben moi ça m’aide à me dire « je suis humaine, je vais me choisir… et mon chum, mes enfants sont là pour me ramener en disant « t’es encore sur ton cellulaire »… Je pourrais répondre jour et nuit… mais c’est précieux d’avoir ce reflet-là, je ne veux pas être la mère qui est tout le temps sur son cellulaire, c’est facile de l’être… ».

« Ma peur avant c’était, mais si je ne réponds pas les gens vont penser que je ne suis pas gentille (rires)… Mais j’essaie d’être disponible là où ça compte le plus… avec mes cohortes des ateliers en ligne, etc… C’est comme essayer de danser un tango… Y’a pas de recette… ».

La communauté des Muses, une deuxième famille

Dans cette aventure-là, Manon sait pouvoir compter sur le soutien de sa communauté, ses Muses avec qui elle entretient un lien fort et particulier, empreint de réciprocité. Certaines d’entre elles sont présentes depuis les tous débuts…

La communauté grandit à vue d’œil et rassemble aujourd’hui des milliers de Muses éparpillées dans tous les pays francophones. Manon ne craint-elle pas une dilution de ce lien, avec l’arrivée quotidienne de nouvelles personnes ?

« Peut-être que ça m’a fait peur au début, mais en même temps, dans mes ateliers, mes escapades, mes accompagnements privés, je suis à 200% là, les gens ont accès à moi… C’est ça aussi qui m’a aidée à relativiser les réseaux sociaux… La majorité de mon énergie, je la mets là où ça compte le plus, c’est-à-dire les gens avec qui je travaille… Ça c’est important pour moi… et puis que les gens se sentent accueillis, que ce soit chaleureux, c’est ce dont j’ai besoin pour moi d’abord et avant tout, c’est ce que j’aime… ».

« La communauté M comme Muses existe depuis 2009, avec des Muses qui me suivent depuis mes débuts, qui font les ateliers, les escapades etc… Je les vois comme des « fées marraines », qui sont là pour veiller sur les autres… Maintenant elles se répondent les unes aux autres, j’apprends à faire confiance à ça aussi ; j’ai une grande confiance en mes Muses, ce sont des personnes extraordinaires… Quand ça part d’un noyau solide avec cette notion d’amour-là et de confiance, c’est ok… » .

« J’apprends à naviguer avec ça… cette ouverture-là, cette confiance-là, et à me dire, « je ne suis pas obligée de tout faire, d’être là tout le temps, partout… Il y a des personnes extraordinaires qui sont là, et tout le monde grandit ensemble ».

« La communauté des Muses c’est ce qu’il y a de plus important pour moi parce qu’on grandit au contact les unes des autres… C’est la base de tout, de ce que je fais… Ma communauté était là dès le jour « un »… Sans les Muses ça n’existe pas, ça n’a pas de saveur, pour moi c’est comme une famille… ma famille c’est ce qu’il y a de plus important dans ma vie, puis il y a ma communauté des Muses… ».

« Donc le nombre de Muses, c’est pas important, quand les bases sont là pour dire « ici c’est un espace chaleureux, libre de publicité, avec du respect » ; j’émets le souhait que ça reste comme ça, peu importe la taille ».

« Et je vois en escapades, les anciennes sont là pour accueillir les nouvelles… Ça, j’ai envie de pleurer, je trouve ça tellement beau, ça me fait tellement chaud au cœur… Quand moi je ne suis pas disponible, il y a toujours une Muse qui l’est… « ça c’est ma paie »… c’est un peu comme quand on voit nos enfants grandir et qu’on se dit « oh mon Dieu ils sont bien élevés ! » (rires).

Oui, on se sent bien et en famille, dans cette si belle communauté.
Et on se sent bien auprès de Manon, mais l’entretien touche hélas à sa fin et pour conclure, je lui demande alors un dernier conseil, celui qu’elle prodiguerait à quelqu’un qui souhaiterait créer une vie professionnelle à sa propre image… Des mots qui ont pour moi valeur de précieux témoignage.

Avancer malgré la peur…

« La question première à te poser c’est, « en quoi tu crois ? »… C’est LA question fondamentale, celle qui te ramène à ton essence… Et c’est un filtre pour toutes tes prises de décision… Ensuite, il faut faire la paix avec le fait de ne pas savoir comment s’y rendre, comment ça va se réaliser… Personne ne sait… Et justement, le fait de ne pas savoir, ça ouvre beaucoup de portes… ».

« Le plus important est de prendre cette décision non négociable, et de tenir cette promesse envers soi… Ne pas bousiller ça avec toutes ses peurs, se dire, je ne sais pas comment ça va s’appeler, c’est pas important mais c’est ça que je choisis… c’est tout… ».

Et ne jamais cesser de créer : « plus tu crées, plus ton portfolio est important… donc on peut s’assurer que l’autre au bout du fil ait bien compris : « vous vous engagez à acheter ça »… et puis il faut être capable de refuser des contrats… ».

Enfin, « savoir bien s’entourer, être bien accompagnée… quand on a peur on a tendance à s’isoler, on se fige en dedans et c’est la mort… [c’est important de] se rendre compte que l’on n’est pas seule à vivre ça, tout le monde le vit… ».

« La différence entre ceux qui livrent et ceux qui restent paralysés : les premiers ont avancé quand même… il faut avancer malgré la peur, c’est juste ça… ».

Avancer malgré la peur.
Pour faire une œuvre de sa vie, en créant le meilleur de soi.

En conclusion,

Au-delà du plaisir immense que fût le fait de rencontrer Manon et passer avec elle ce temps de qualité, l’écriture de ces articles aura été pour moi une riche et belle expérience, qui m’aura fait grandir bien plus que je n’aurais cru.

Je pense avoir traversé une à une toutes les phases que m’avait décrites Manon, de la paralysie totale à la recherche de solutions « au plus près de moi », pour contrecarrer la pression (pourtant inutile, si on y réfléchit, mais on ne se refait pas)… Moi aussi j’ai déplacé les meubles, « mais pas que »… Croyez-moi sur parole, ces trois articles auront été écrits dans une incroyable diversité de lieux, situations et positions, en fonction des besoins qui se faisaient sentir sur le moment…

À l’heure où j’écris ces lignes, je m’aperçois que j’ai du mal à conclure… Non plus cette fois parce que les mots ne « couleraient » plus – ironiquement ils se bousculent alors que je m’apprête à les remercier -, mais parce que mettre un point final équivaut à ranger cette expérience parmi d’autres, dans les archives d’un proche passé…
Alors plutôt qu’un point, couperet bien trop brutal malgré sa rondeur affichée, après ces trois articles j’opterai pour finir, pour un trio de pointillés… pour que dans l’avenir nous puissions reprendre l’histoire, là où nous l’avons laissée…

 

Extrait du livre "Créer le meilleur de soi" par Manon Lavoie
©Manon Lavoie – M comme Muses

Merci de tout cœur Manon, pour ta profonde gentillesse, ta générosité et ton grand talent d’accoucheuse 😉
Et au bonheur d’une prochaine fois…

 

 

 

 

 

Manon Lavoie, Faire de sa vie une œuvre… Œuvrer au cœur de l’Être… (Partie 1)

Se relier au cœur et au moment présent, par le fait de créer. Délaisser le mode rationnel au profit du monde intuitif, pour accéder au meilleur de soi. C’est le voyage intérieur qu’a entrepris Manon Lavoie et auquel elle convie un nombre grandissant de Muses, grâce aux ateliers et accompagnements qu’elle prodigue.
Fondée en 2010, « M comme Muses » est une combinaison subtile et originale, alliant créativité, psychologie positive et pleine conscience. Une philosophie créatrice de bien-être et propre à enclencher dans la douceur un cercle vertueux, au profit d’une vie plus riche et pleine de sens. Itinéraire d’une Muse au grand cœur, qui a touché le mien.
Portrait de Manon Lavoie par Maxyme G. Deslile
Manon Lavoie par ©Maxyme G. Deslile

Paris, 16 mars 2018.

Tout juste débarquée de son avion en provenance du Québec, Manon Lavoie est présente au Salon du Livre pour y présenter et dédicacer son premier livre, « Créer le meilleur de soi ». Une pépite à fort pouvoir inspirant, devenue depuis plusieurs mois mon compagnon de voyage et qui a encore accru mon envie de rencontrer son auteure, dont je suis le parcours depuis plusieurs années et goûte avec délectation, l’un de ses ateliers en ligne.

De fait, son passage en France est une véritable aubaine et c’est tout à la joie de la retrouver enfin, que je fais chemin vers elle. Mon impatience est d’autant plus vive que Manon a accepté de me raconter son parcours au cours d’un entretien, qui donnera matière à la rédaction d’un portrait. Un exercice que j’aime, mais auquel je ne me suis pourtant pas consacrée depuis plus d’une année. Sans doute attendais-je de trouver une Muse, dont l’histoire pourrait m’inspirer…

La rencontre fût telle que je l’envisageais, totalement fluide et naturelle, vibrantes de belles émotions. Avec pour moi le bonheur de constater, que la voix de mon cœur ne s’était pas trompée ; « what you see is what you get ». Il n’y a pas erreur sur la personne, celle que j’eus face à moi est bien la même qui transparaît, à travers ses écrits et ce qu’elle créée, tous ses partages et ce qu’elle fait. De la douceur, de l’authenticité, beaucoup de chaleur et de générosité… Le temps m’a paru court, tant on se sent bien à ses côtés… (De cette rencontre et l’importance qu’elle revêt pour moi, je vous en dis plus dans un second article disponible ici, si le cœur vous en dit).

Notre entrevue s’est avérée très riche et je me considère vraiment chanceuse d’avoir pu recueillir ses propos, dont beaucoup – et ce n’est pas une surprise – ont fait en moi écho. Je me sens dépositaire d’un témoignage précieux, et comme la seule vraie richesse est dans le partage, je suis heureuse de vous en livrer à mon tour, les éléments-clés.

Un lent retour à soi et à la créativité

Toute vie d’entrepreneure comporte des débuts. Et en amont du démarrage, les expériences préalables sont souvent signifiantes, elles constituent le socle fondateur qui oriente et éclaire les choix futurs.

Avant de fonder M comme Muses, Manon était conseillère en communication.

Un métier dont elle avait espéré qu’il puisse être une voie d’expression pour la créativité qui l’habitait depuis l’enfance, mais dont les études et une vie à construire, l’avaient peu à peu éloignée. Entre ses aspirations et la réalité, elle mesura très vite, néanmoins, le décalage. Pas ou peu de place pour cette dimension, dans les fonctions qu’elle occupait : « La créativité dans l’introspection ou dans le « faire pour faire », ça n’existait vraiment plus », dit-elle.

De fait le bonheur professionnel n’est pas au rendez-vous, Manon n’est pas heureuse sur le marché du travail et « se cherche », sans savoir encore vers quoi s’orienter.
Sur le plan personnel en revanche, la naissance de ses enfants vient la combler. C’est dans la maternité qu’elle trouve tout à la fois une source d’épanouissement, et le facteur déclenchant, pour amorcer un vrai changement : « Quitter son emploi, la sécurité, c’est un « gros morceau »… L’arrivée des enfants m’a donné le courage de faire ce virage à 180°, pour suivre le cœur plutôt que la raison ».

Avant ce grand virage il y avait eu, comme elle les appelle, des « zones de décompression », avec de premières expériences en tant qu’indépendante dans le domaine de la communication, du graphisme, ou en tant que rédactrice en chef d’un webzine autour de la maternité : « Je tournais autour de mon essence… Sans idée de ce qu’elle pouvait être, mais en me disant, « il doit y avoir quelque chose de plus, que d’être juste là, à travailler » ; « J’étais capable de beaucoup de choses – écriture, graphisme… – mais sentir viscéralement, « je suis là, à la bonne place », je ne l’avais jamais ressenti autrement que par la maternité ».

La venue au monde de son troisième enfant s’accompagne d’un déclic déterminant : « ça a été comme une grande vague qui m’a soulevée, ça a été plus grand que moi, [cette envie] de renouer avec ma créativité, celle qui était là depuis l’enfance mais que j’avais mise de côté… ».

L’aventure du blog… Honorer la vie telle qu’elle est…

©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

Restait à trouver le moyen, une voie d’expression possible. Après ces années professionnelles consacrées à écrire au nom d’autres que soi et sur des thèmes peu exaltants, Manon souhaite, selon ses termes, « se réapproprier ses mots » : « Je me suis posé la question : qu’est-ce qui me passionne ? J’ai envie de parler de quoi ? C’est énorme parce qu’alors tout est possible ; et comme c’était la maternité qui était le plus près de moi, j’ai ouvert un blog qui s’appelait M comme Maman…».

Un blog dont la création ne revêt pour elle aucun enjeu. A travers cet outil qu’elle découvre, elle a simplement à cœur de témoigner du quotidien en mots et en images, à travers ce qu’il porte déjà en lui de merveilleux : « L’idée était juste d’honorer ma vie telle qu’elle était… Je l’ai fait pour moi d’abord, pour mes enfants, pour laisser des traces de leur petite enfance… Ça a été un point de tournant tellement rafraîchissant de pouvoir faire ça, juste pour le goût… Ne pas chercher à faire quelque chose de beau, de parfait, mais juste savourer, vraiment comme si j’étais en train de déguster le meilleur des fruits qui était mûr… ».

Sans projection prématurée dans « un après », où il serait éventuellement question d’en faire quelque chose… Être là, simplement.

L’expérience la transforme en profondeur et en face, les retours ne tardent pas à se manifester. Rapidement l’audience grandit, le blog se forge un lectorat de plus en plus nombreux au gré des billets quotidiens que publie Manon : « Je m’étais mis en tête de publier un billet par jour, pour avoir une certaine structure en même temps, à travers ça… Pour que la créativité rejaillisse, on a besoin de contraintes ».

En se retournant sur cette période, Manon s’étonne aujourd’hui de constater que bien avant cette expérience, « tout était là » depuis toujours : « Avant d’avoir des enfants, j’avais retrouvé un truc que j’avais écrit, ARTIS, un texte sur l’importance d’être l’artiste de sa propre vie… Je l’écrivais, mais j’étais complètement « sourde et aveugle », j’étais à l’extérieur, c’était loin d’être intégré, loin, loin, loin… Mais tout était là, c’est ça qui est hallucinant… Et aujourd’hui c’est ça mon travail, c’est d’aider les gens à voir que tout est là. C’est un peu comme une chasse au trésor dont les indices ne sont pas cachés, ils sont toujours présents mais on ne les voit pas, parce qu’on est dans notre tête… Quand on descend de la tête au cœur, donc du mode rationnel au mode intuitif, c’est là qu’on a accès à toutes les réponses. Ça nous donne une nouvelle paire d’yeux, pour voir que tout est là, gros comme des panneaux publicitaires sur le bord de la route… ».

L’envie me vient de glisser ici un aparté… A travers divers exercices et projets créatifs proposés par Manon dans son livre ou son atelier, j’ai moi-même expérimenté à plusieurs reprises ce type de « révélation soudaine » d’une vérité qu’on porte en soi sans pourtant la voir. J’en ressors invariablement bluffée et surtout plus riche de ces ressources insoupçonnées, et je ne peux donc que confirmer ses propos et vous inviter à y goûter par vous-même…

Un pas à la fois, s’ouvrir à ce qui est là

Comme souvent lorsqu’on fait les choses avec cœur et sans y attacher un but particulier, les opportunités fleurissent et des portes s’ouvrent, sans qu’on y ait pensé ou qu’on l’ait provoqué. Le succès grandissant du blog se confirme, et bientôt Manon se voit sollicitée par des lectrices, qui lui témoignent leur envie de faire un atelier avec elle. Au départ, ces demandes la déconcertent un peu : « Je me disais « mais de quoi ?? » (rires)… « Je ne comprends pas, qu’est-ce que vous voyez que je ne vois pas ?! ».

L’idée est toutefois lancée et elle va cheminer dans l’esprit de Manon, jusqu’au jour où celle-ci se sent prête à essayer : « à un moment donné j’ai pris mon courage à trois mains et je me suis dit « Bon ben, j’y vais »… Donc j’ai ouvert un premier atelier, j’ai eu 15 personnes qui se sont présentées une journée complète… J’avais fait mes devoirs, je m’étais assise avec plein de livres qui me passionnaient pour voir ce que je pouvais partager mais aussi ce que je faisais spontanément, puis on a créé ça… ».

Nouvel aparté… Peut-être pas protocolaire dans le cadre d’un portrait, mais après tout les codes sont faits pour être renversés et c’est moi qui suis au clavier, alors je m’autorise ce pas de côté (sourire)…

J’ai été sensible à cet emploi du « on »… C’est un trait caractéristique de Manon, que cet esprit de croissance collective. De ses Muses qu’elle accompagne elle dit souvent, que nous avançons toutes ensemble à ses côtés (pas « elle devant et nous derrière »), et cette approche qui mêle proximité et humilité, est sans doute l’une des dimensions qui me touche le plus, et à laquelle je suis très attachée. Fin de l’aparté !

À l’issue de cette première journée d’atelier, un voile s’était comme levé et tout lui paraît clair : « Je me suis dit, oh mon Dieu, je n’ai aucune idée de comment ça s’appelle, mais c’est ça, exactement, que je veux faire toute ma vie ».

Atelier M comme Muses - Le bien-être par la créativité
©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

M comme Muses n’était pas encore née, mais la graine était semée et tout doucement, allait commencer à éclore : « J’ai continué à proposer des ateliers quelques mois comme ça, puis ensuite je me suis dit « un week-end ça doit être extraordinaire donc j’ai fait une première escapade ». [Une escapade s’étend sur un weekend entier et permet aux participantes de plonger dans le processus de création et d’introspection en compagnie d’autres Muses, NDLR].

Un pas de plus, dont elle ne mesure pas qu’il va occasionner un tournant décisif.
Le hasard, à qui l’on peut se fier pour tout orchestrer à la perfection, s’arrange en effet pour que cette escapade accueille en son sein une jeune femme nommée Mélanie Thivierge. Laquelle est rédactrice en chef au sein d’un important magazine québécois, et conquise par les activités proposées par Manon.

Quelques mois plus tard, cette dernière reçoit un appel du magazine lui demandant d’être conférencière sur scène, devant un public composé de 400 lectrices : « Là le syndrome de l’imposteur a embarqué, naturellement… Je me suis dit, de un il faut que j’aie un site web, un nom, quelque chose… et une certification, c’est important… Alors j’ai trouvé aux USA une certification qui forme à l’accompagnement des artistes, et dont j’ai ramené ce qui me parlait, dans mon univers… ».

Manon n’en conserve que l’aspect Kaïzen, la philosophie « des petits pas » : « C’est ma propre médecine, ça a littéralement changé ma vie… Y aller à petites doses, sortir de la pensée du tout ou rien… Ça n’empêche pas de rêver grand, mais on y va une étape à la fois ».

La subtile alchimie qui compose M comme Muses est en train de prendre forme, selon les principes mêmes qui sont au cœur de sa philosophie : un pas après l’autre, les deux pieds dans l’instant présent et dans l’ouverture à ce qui est… La meilleure façon, dit Manon, « de voir et apprécier tout ce qu’il y a de beau en chemin ».

Le tournant décisif… Toucher à son essence…

10 novembre 2010.
10.11.10. Une jolie date sur le papier et une belle étape sur le chemin, sans nul doute.

Ce soir-là M comme Muses débute officiellement son existence, face à un auditoire bienveillant et manifestement conquis. Manon me fait le récit de cette soirée avec une émotion encore palpable et si communicative, que j’en suis moi-même transportée.
Et comme il n’y a aucune raison pour que je sois seule à en profiter, j’ai l’élan de vous partager ses mots quasi intégralement :

« Ce soir-là je m’étais fixé comme objectif de « laisser l’ego à la maison », je ne voulais pas en descendant de scène, être dans l’autocritique et saboter ce moment précieux… je voulais être fière de moi, être bien avec moi… et toucher un cœur, au moins UN cœur… bon, pendant la soirée je me suis dit que je m’étais préparée pour 2000 personnes et non 400, parce que je me disais « mon Dieu y’a personne » (rires)… mais je voyais juste 400 sourires… 400 fois un sourire… chaque personne… [et je me souviens m’être dit], mais c’est ça la vraie vie, au lieu d’être dans notre cerveau qui a peur… c’était une symbiose avec du monde qui avait besoin d’entendre ce que j’avais à dire… ça a été tellement révélateur, j’en ai la chair de poule parce que c’est ça, juste « connecter avec l’être humain »… et aujourd’hui c’est ça mon travail… d’être avec l’être humain, juste ça… le moyen, c’est purement pratique… la créativité c’est une façon pour moi de respirer, c’est quelque chose que je fais naturellement mais il y a tellement d’autres façons… comme toi les mots, le yoga, le coach de course à pied, je sais pas… même la personne qui te sert au resto, elle est importante… ».

Ce baptême du feu fût donc riche en émotions et en prises de conscience, qui une fois intégrées influeraient énormément sur la suite, en favorisant un lâcher-prise propice à d’autres déploiements : « J’ai réalisé ce soir-là que même si mon entreprise ne marchait pas, j’avais compris quelque chose d’important qui me serait toujours utile, quoi que je fasse pour gagner ma vie… ça a enlevé beaucoup de pression, et de là j’ai eu accès au meilleur de moi… quand tu lâches prise, c’est comme un vortex qui multiplie qui tu es, ton essence… quand tu y as goûté, ça vibre là, en ton centre… les autres ont ensuite accès au meilleur de nous, c’est contagieux… on reçoit du feedback qui nous donne des ailes… on rencontre des personnes extraordinaires, qui sont des agents de changement sur notre route… ».

Bon à ce stade, je dois bien avouer que j’ai un peu décroché car cette réalité m’échappe et je ne comprenais pas du tout ce dont elle me voulait parler ! (clin d’oeil).

Mon principe de gestion d’entreprise, c’est « comment je me sens »

M comme Muses est désormais lancée et l’activité progresse au fil des ans, de sorte que Manon commence à faire parler d’elle. En 2015 le magazine québécois « Les Affaires » – qui par définition cible le marché des affaires, CQFD -, la sollicite pour une entrevue dans le cadre d’un article où il sera question de ces femmes et hommes orchestre, qui se dédient de A à Z à la gestion de leur entreprise (en endossant le web, la communication, etc…).

Au nombre des questions que lui soumet la journaliste, cette dernière lui demande si elle dispose d’un « plan d’affaires » (ce qu’ici nous avons coutume d’appeler, en bon français de France, un « Business plan », NDLR). Ce à quoi Manon répond par la négative, en expliquant que son principe de gestion d’entreprise repose avant tout sur ses ressentis et sa boussole intérieure : « J’ai étudié là-dedans, je sais très bien comment faire un plan d’affaires, mais ça a été une promesse que je me suis faite dès le début, de ne pas salir, de ne pas ternir ce à quoi je goûtais… de préserver cette liberté-là… ; la première fois que j’ai fait un atelier, j’étais pieds nus, et il n’y avait personne pour me dire que je n’avais pas le droit (sourires)… J’ai ramené ça dans mon principe de gestion d’entreprise, en me disant que rien ne personne n’orienterait mes choix, hormis moi-même et comment je me sens… c’est tout ».

Une fois l’entrevue terminé et sitôt après avoir raccroché le téléphone, Manon est tout de même saisie d’un doute : « Je me suis dit, oh mon Dieu j’ai l’air d’une vraie bohème va-nu-pieds, je vais passer pour la fille pas « groundée », la folle du groupe ! (rires) ». Bien loin de cette image fantaisiste, elle fait au contraire figure de précurseur ou en tout cas, témoigne d’une réalité de plus en plus prégnante, la rassure la journaliste.

Pour les activités qui se développent sur le web en particulier, cette souplesse est même devenue une nécessité : « ça doit rester très organique pour pouvoir se retourner rapidement… c’est comme une danse… s’il n’y a pas de réponse en face, pas d’écho, mon travail est de trouver une nouvelle formule qui me plaise aussi à moi… parce que si je me sens bien, eh bien nécessairement je rayonne… ; donc non, pas de plan d’affaires… j’ai une vision à long terme, et encore, long terme c’est un an, deux ans, mais c’est tout… ça s’appellera comme ça s’appellera, ce n’est pas important, je veux juste faire ce travail là et être aussi heureuse qu’en ce moment, c’est ça mon plan d’affaires… ».

« Je choisis d’aimer… »

Être heureuse de faire un travail qu’elle aime, et surtout ne plus laisser les circonstances extérieures, conditionner son propre bonheur… Ce détachement ne naît pas en un jour mais résulte d’une conquête progressive, où d’autres territoires restent toujours à explorer. « C’est un grand dépouillement », m’explique Manon, où « c’est pas chic, c’est pas beau, t’es toute seule… ». Mais c’est à ce prix qu’a pu s’enclencher pour elle le point de bascule, vers une véritable forme de renaissance…

« Pour moi c’est passé par une grande fatigue de me battre, et surtout d’être promue par la peur… [j’avais] peur de retourner sur le marché du travail, les premières années… mais en même temps, j’étais la pire boss pour moi-même !… au point de me lever à 5 heures du matin pour débuguer mon site web et en attraper une tendinite… je n’aurais jamais accepté ça de quelqu’un d’autre et pourtant je le faisais pour moi-même… ».

Dessin coeur
©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

Cette grande fatigue qui s’installe dans la durée la prend au dépourvu, Manon l’assimile à « une espèce de dépression », un passage certes inconfortable mais toutefois salutaire, grâce auquel elle accède à « son centre » et à la vulnérabilité : « celle qui te fait dire, « au diable, tout, est-ce que je suis capable d’être bien, peu importe où je vais aller » ?… « ça m’a permis de renaître à moi-même, en faisant le choix d’avancer par amour et non plus dans la peur ».

Ce renversement l’a délestée de bien des fardeaux et reconnectée à l’essentiel, son essence à elle : « ce que les autres vont penser, ce n’est plus important ; c’est différent que de faire les choses pour plaire, ou de les faire en offrant le meilleur de soi… J’aime aimer, je choisis d’aimer, mais si l’autre ne m’aime pas, ça ne m’appartient plus… Je ne veux pas être aimée à tout prix… ».

Dans la droite ligne de cette logique, « le livre [« Créer le meilleur de soi », NDLR], je l’ai fait pour moi. C’était un cadeau que je m’offrais à moi, je voulais me sentir bien en le voyant… et puis qu’il touche au moins un cœur… ».

Force est de constater qu’il en a touché bien plus, et contaminé une multitude de femmes et d’hommes – ne les oublions pas, car il y en a ! – désireux de renouer avec eux-mêmes et leur part créative. Un succès qui ne se dément pas puisqu’à l’heure où je boucle cet article le livre vient de partir pour la seconde fois en réimpression, preuve de l’engouement qu’il suscite.
Dans la seconde partie de ce portrait Manon revient sur cette aventure au long cours, nouvelle étape très signifiante sur son parcours…

 

Comment j’ai rencontré Manon Lavoie…

Qui ne connaît pas Manon Lavoie lève le doigt ! Fondatrice de « M comme Muses » et auteure du livre « Créer le meilleur de soi », cette belle âme inspirante est une de ces rencontres, que je n’oublierai pas. Et pour cause… Parfois, certains souvenirs précèdent leur existence. Comme s’ils étaient écrits, avant que tout commence. En marge de son portrait, livré dans un second article, voici l’histoire de ma rencontre avec Manon. Où la raison n’a rien à voir, car elle se fonde sur l’intuition.

L’écriture de portraits est un des exercices que je préfère et pourtant, plus d’une année se sera écoulée sans que je m’y adonne ou même que j’en ressente l’envie. Et sans besoin d’y réfléchir, cette pause involontaire m’apparaît tout sauf surprenante. Au cours de cette année pour le moins chaotique, il m’aura fallu lever tant de freins et franchir tant d’obstacles extérieurs comme intimes, que non seulement l’espace manquait pour satisfaire cet appétit, mais surtout j’en avais presque oublié les élans de mon cœur, délaissé malgré moi au profit de ma tête tournant à plein régime…

À l’heure où je m’élance vers une vie nouvelle si longtemps convoitée, libérée de ces poids qui m’écrasaient les ailes, je renoue avec moi à la faveur de l’accalmie et ce faisant, je retrouve peu à peu ce qui m’anime et me motive profondément. Le terme renaissance ne semble pas exagéré, et en ces circonstances sachez-le, la magie se déploie et convoque le hasard, pourvoyeur de beauté. On s’ouvre à des possibles qu’on n’avait jamais vus, la vie sème des indices comme des cadeaux inattendus, tels des murmures complices qui viennent nous souffler, « continue »
Parmi ces beaux cadeaux dont elle m’a gratifiée, la vie a mis sur mon chemin une Muse québécoise porteuse d’un doux prénom, dont l’inspirant parcours et la personne qu’elle est, ont su me rendre le goût d’esquisser un portrait. Son visage et son nom vous sont peut-être familiers. Que vous la connaissiez ou non, c’est pour moi une joie profonde et un vrai privilège, que vous la présenter. Mais avant cela j’aimerais vous raconter, comment j’ai un jour rencontré… Manon.

Il était deux voies…

Depuis longtemps je me passionne pour les histoires de vie, les itinéraires de chacun et les choix qui les déterminent, les points de bascule qui infléchissent nos destinées… Tout ce qui constitue notre « Légende personnelle », pour qui a lu Paulo Coelho dont le roman « L’Alchimiste » m’avait beaucoup marquée… [N.B. : tous les intertitres contenus entre guillemets, en sont extraits].

Ce qui me fascine plus encore, est la façon dont certaines trajectoires, longtemps indépendantes et parallèles, en viennent un jour à se croiser, en un temps et un lieu donnés. Parce que l’heure est venue et que de part et d’autre, les chemins respectifs auront permis que toutes les conditions soient réunies…

Rares et précieux sont ces rendez-vous de la vie marqués par l’évidence, qui à jamais marquent « un avant » et « un après ». L’histoire que je m’apprête à vous livrer est de celles-ci. Il s’en faudrait de peu pour que je l’introduise par « Il était une fois… », mais je vous épargne cette formule rebattue car ici tout est vrai, ce qui accentue la magie, « tous contes » faits.

« Chaque instant de quête est un instant de rencontre »

Manon Lavoie et « M comme Muses », je connaissais depuis des années, de longues années dont je ne saurais faire le compte et au cours desquelles je me suis bornée à suivre à distance, ce qui m’apparaissait comme un exemple inspirant sans que je pense le moins du monde, que des activités de cette nature puissent un seul jour me concerner : « La créativité ? Ah oui vraiment, c’est merveilleux et je l’admire ô combien chez les autres, mais clairement ce n’est pas pour moi ». Telle était ma conviction.

M comme Muses - Le bien-être par la créativité
©M comme Muses

Pourtant… Il y a cet article écrit par elle que j’avais lu et qui m’avait tellement touchée, au point que des années durant, j’en ai conservé le lien parmi les favoris de mon navigateur ; ces visuels inspirants que j’enregistrais à fréquence régulière – avant de connaître ce lieu de perdition qu’est Pinterest ! – et que j’installais en fond d’écran en guise de baume au cœur et de boussole pour l’âme, peut-être ; cette référence (« voir site M comme Muses !! ») griffonnée à la hâte sur un cahier oublié et plus tard retrouvé, sans pouvoir me souvenir ce qu’à l’époque je recherchais ; et plus récemment, mon premier voyage au Québec lors de l’été 2017, avec en amont et tout du long – parce que je préparais ma démission avec ma future vie en ligne de mire -, l’envie insistante de m’offrir en cadeau une « escapade » à ses côtés, sans qu’il me soit possible d’assouvir mon envie, à ce moment précis…

Autant de pointillés, invisibles à mes yeux alors rivés sur le chemin, mais dont je m’aperçois aujourd’hui en me retournant, qu’ils prennent forme cohérente une fois reliés les uns aux autres… Comme des jalons qui baliseraient l’itinéraire.

L’heure n’était pas encore venue mais en coulisses quelque part, cette rencontre se préparait déjà, sans que j’en sois consciente.

« Là où sera ton cœur, là sera ton trésor »

Entretemps, c’est par le biais des mots que j’ai entrepris de revenir vers moi, comme Manon en son temps, ainsi que je l’appris plus tard.

Depuis l’enfance j’avais toujours été une grande lectrice, éperdue d’admiration pour ces plumes inspirantes qui à l’appui de quelques phrases, m’offraient un ticket pour le rêve, les émotions et l’évasion. Sans préavis et sans motif, un beau jour j’ai commencé à écrire. Juste pour moi. Un peu comme Forrest Gump s’est un jour mis à courir. Juste comme ça.

Au cœur de la grisaille où je me débattais, les mots ont rallumé mon cœur éteint, attisé l’étincelle qui tout au fond couvait et sans même le savoir, j’ai découvert à travers eux un espace de liberté immense et tellement savoureux, qui à certains égards avait beaucoup à voir avec… la créativité. Mais un tel mot ne trouvait pas sa place dans mon vocabulaire. De fait je n’osais toujours pas me réclamer de ce terme, pensant qu’il était l’apanage d’une poignée d’élus et que mes timides expériences, teintées d’amateurisme et pour le moins approximatives, ne m’en rendaient pas digne (j’ai toujours aimé me mettre beaucoup de pression !).

Créative, moi ? Jamais. Mais qu’importe le nom que prenait cette activité, l’écriture est devenue pour moi tout aussi vitale que l’air filtré par mes poumons. J’ai peu de certitudes, mais je tiens pour certain que les mots m’ont sauvée, en m’extrayant d’une vie terne et insipide.
Et donc fort logiquement, en vertu de cette vérité, c’est par les mots et grâce à eux, que j’allais rencontrer Manon.

« Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action »

En cette période de ma vie où je suis au défi d’inventer et créer mon avenir professionnel, j’ai ressenti le besoin viscéral d’élargir mes horizons, l’envie d’enrichir ma pratique d’écriture au moyen d’autres expériences créatives dans lesquelles jamais, je n’avais osé m’aventurer. J’avais déjà les mots, un goût pour la photo à laquelle je m’essayais de temps à autre ; j’avais envie d’images, de vie et de couleurs ! La peinture notamment m’attirait, mais je me demandais quoi faire et surtout, comment le faire ?!

Je me revois en ce début d’année 2018, évoquer mes élans naissants à une amie, tout en lui partageant ma frustration : « Tu vois, je sens que ça m’appelle, mais je ne sais pas comment m’y prendre… Je me sens totalement ignorante et je déteste cette sensation, c’est tellement désagréable »…

Je raisonnais encore à l’envers, soucieuse de performance et en proie à une quête esthétique, qui me paralysait et empêchait toute tentative.

Mais l’envie néanmoins était bien présente et sût se montrer la plus forte, de sorte que mon souhait ne tarda pas à être exaucé.

« Quand tu veux une chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir »

Cette période coïncidait en effet avec la sortie française du premier livre de Manon, nouvellement publié. « Créer le meilleur de soi ». Un titre ô combien inspirant et en accord avec mes aspirations. Dans cette histoire diffuse, qui depuis des années me reliait à elle, un nouveau pointillé, à nouveau un jalon. Entretemps, diverses expériences m’avaient permis de comprendre quelques-unes des lois de la vie, dont celle-ci : « Quand ça résonne, ne te pose pas de questions et fonce ».
Je décidai de me procurer le livre. Sans doute avais-je déjà pressenti que beaucoup de réponses m’y attendaient. À peine l’ai-je tenu entre les mains, que j’ai compris quel allié précieux il serait, dans ce changement de vie tout juste entrepris.

Livre Créer le meilleur de soi par Manon Lavoie
« Créer le meilleur de soi » par Manon Lavoie (Éditions Druide)

Et de fait, comment vous dire… J’y ai trouvé tellement plus, que ce que je croyais chercher. Au-delà même du fait de me (re)mettre à créer.
Ce livre n’est qu’amour, il respire la douceur et crée le calme à chacune de ses pages, il inspire le meilleur sans artifices ni étalage, il est tout simplement vrai, sincèrement bienveillant et chaleureux. Et sans connaître Manon « pour de vrai » j’ai eu la certitude en le parcourant, que son livre bienfaisant était à son image. L’avenir allait me donner raison.

Depuis mon cœur lui tient une place à part, non seulement pour ce qu’il m’apporte, les fenêtres qu’il ouvre autour de moi et en dedans ; mais aussi pour ce qu’il porte à mes yeux d’essentiel, ce qu’il traduit si joliment, des deux versants d’un potentiel.

Pour Manon qui l’a écrit en y mettant le meilleur d’elle-même, ce livre est un splendide accomplissement, le fruit d’un cheminement riche de plusieurs années, la synthèse réussie de ce en quoi elle croit et met en œuvre dans sa vie propre et au profit de sa communauté… ses Muses, comme elle aime les (nous !) appeler.

Pour moi lectrice, « Créer le meilleur de soi » est tout à la fois une étincelle, une ouverture, le bonheur d’entrevoir un chemin possible et l’amorce d’une réponse à tant de mes questions.

Tout cela doublé d’une connexion avec son auteure, indéniablement. Difficile à traduire en mots. Comme une évidence, une reconnaissance du cœur traduite par une infinité de résonances, et ces heureux hasards qu’on nomme souvent coïncidences, sachant bien sûr qu’ils sont tout sauf cela… Jusqu’à ce nom dont la sonorité n’a pas manqué de me faire sourire, un jour où à nouveau je m’étonnais d’une synchronicité tout bonnement stupéfiante… Un nom qui semble dire, « Pssttt, regarde, c’est par là… ».

« Si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur »

Alors je m’en suis allée voir par là, pour découvrir qu’à bien des égards moi aussi je m’y trouvais, dans cet espace de créativité que j’avais craint autant qu’envié, et dont j’avais toujours pensé « tout le monde, sauf moi »…
Avec délectation j’ai renoué avec les couleurs et les images, et surtout j’ai appris à délaisser la tête, pour revenir au cœur. Ouvrant ainsi la porte à des messages dont j’ignorais qu’ils étaient là, bien qu’ils sommeillent depuis toujours au fond de moi.
Et oui, de plus en plus, j’ai le sentiment de marcher sur ma voie… Le chemin s’éclaire peu à peu, le brouillard se dissipe et si des peurs persistent, j’apprends à avancer avec elles et à faire confiance, en ce qui adviendra…

Est-ce la fin de l’histoire ? Sûrement pas…

Tout juste un début. Une aube nouvelle, porteuse de belles promesses. Mais pour ce qui est de cet article rassurez-vous, nous arrivons bientôt au bout ! Je n’ai pas perdu de vue mon but initial, qui était de vous raconter comment Manon et moi avons fini par nous rencontrer… Nous y voilà.

Après ce rendez-vous manqué pendant mon été québécois, quelle chance y avait-il de croiser son chemin, moi dans mon coin de France et elle si loin là-bas ?

Les probabilités étaient infimes, et pourtant… Un jour où je lui partageais mon regret de n’avoir pu aller à sa rencontre au cours de mes vacances, les yeux écarquillés je lis sa réponse, où elle m’annonce sa venue prochaine en Europe… Dans deux villes proches de la mienne, qui plus est.

Ah ?! Euh… Youpi !!! Qu’elle est belle, la vie, lorsqu’elle devient si simple. Suffirait-il d’émettre un vœu pour se voir exaucée ? Interpelant… Désireuse peut-être d’en avoir le cœur net, je teste une seconde fois le concept, en sollicitant une entrevue dans le but d’écrire son portrait… « Ok »… Ah bah oui, donc ça marche vraiment, en fait (sourire)…

« Il existe un langage qui est au-delà des mots »

16 mars 2018…

Livre Paris 2018 Invitation
Livre Paris 2018

Dans le train qui m’emmène à Paris, les émotions affluent. Je ressens une impatience teintée d’une légère euphorie, mais prévalent surtout un sentiment de paix profonde, une joie sereine. Pour moi qui suis parfois anxieuse face aux échéances attendues, cette totale décontraction m’apporte la meilleure preuve, que je me trouve à la bonne place. Ce que « l’épreuve du réel » ne tarda pas à me confirmer, tant le premier contact fût fluide et naturel…
Si je me risquais à une comparaison – et même si je n’en ai plus l’âge depuis longtemps !! -, j’oserais l’image d’une lycéenne qui après plusieurs années rencontrerait enfin sa correspondante lointaine, avec qui les échanges se seraient jusqu’alors limités à la sphère virtuelle. C’est peut-être cela, la « magie d’Internet », dont je peste souvent contre les effets « moins désirables » mais dont je suis forcée de reconnaître qu’il abolit les distances et instaure de fait une complicité propice aux échanges vrais, sans besoin préalable de briser la glace ou recourir au protocole…

Et puis… Il n’est pas si fréquent qu’une personne soit en tous points, telle qu’on l’imaginait. Comme c’est bon d’être à ses côtés. Une présence douce et apaisante, une authenticité sans fards et cette constante bienveillance… Une profondeur qui n’exclut pas l’humour… voire même peut-être un petit grain de folie, que je n’ai pas eu le temps d’apprécier dans toutes ses dimensions mais qu’il me semble avoir décelé… C’est Manon comme je la connais. Juste une esquisse. Mais malgré le peu que je sais d’elle, je sais que j’ai vu l’essentiel.

« Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme une récompense et non comme un but »

De ce moment précieux passé ensemble je n’en dirai guère plus, il est des joies que l’on préfère garder pour soi, bien au chaud à l’intérieur. Au rayon des petits bonheurs.

Mais je lui suis infiniment reconnaissante de m’avoir partagé son histoire avec tant de chaleur et de générosité. Je suis comme qui dirait, repartie avec de la matière !! Tout un défi, pour la rédactrice que je suis (sourire). Dans un second article indépendant de celui-ci, je vous invite donc à faire connaissance avec Manon Lavoie, pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas… Et pour les autres, nombreux-ses, qui la connaissent déjà, c’est un plaisir pour moi que de vous partager ses mots, dont beaucoup sans doute, feront en vous écho…

Rencontre avec Manon Lavoie à Livre Paris 2018Au regard de nos uniques parcours qui ont eu le bon goût de nous réunir un jour, ma conclusion ici – et elle est facile – tiendra en une seule lettre.

Un M qui se déploie en version majuscule.

Un grand M comme MERCI.
Un M qui sonne comme « AIME »…
Et à nouveau cela tombe plutôt bien,
Car cette douce injonction, c’est la quête de ma vie,
C’est l’histoire que j’écris.

« Si vous écoutez votre cœur, vous savez précisément ce que vous avez à faire sur terre. Enfant, nous avons tous su. Mais parce que nous avons peur d’être désappointé, peur de ne pas réussir à réaliser notre rêve, nous n’écoutons plus notre cœur. Ceci dit, il est normal de nous éloigner à un moment ou à un autre de notre Légende personnelle. Ce n’est pas grave car, à plusieurs reprises, la vie nous donne la possibilité de recoller à cette trajectoire idéale ».

[Paulo Coelho – L’Alchimiste]

Une âme à la mer… ou la vie sur le flow…

Pastel bleu
M.E.R. ©Carine Dumez

M.E.R.

Si je devais te dire trois mots,
Trois mots et pas un seul de plus,
Je ne te dirais pas « Je t’aime »
Car ça ferait deux mots de trop,
Je dirais tout simplement « Aime »,
Ou voire même « M » en majuscule,
Car seul l’Amour est capital,
Il ne s’encombre pas de détails.

Si j’enfilais sur mon collier,
Une autre lettre, pour qu’elles soient deux,
J’y joindrais sans doute une voyelle
Et ce serait sûrement un « E ».
Parce qu’elle ressemble à une échelle,
Pour mieux se hisser vers les cieux,
Et dans « Envol » il y a « ailes »,
Deux mots légers qui font rêver, un peu…

Si je complétais ce duo
Avec un mot qui soit dernier,
Je le décrocherais tout là-haut,
Entre la lune et les étoiles.
Il serait l’Air que je respire,
Ce souffle qui me donne la vie,
Le vent qui vient gonfler mes voiles,
Et dans ce « R », je lis « Inspire »…

Avec tout ça j’obtiendrais « M.E.R. »,
Dont l’addition me donnerait « O ».
Et dans ce cercle si parfait, ce cocon doux et protecteur,
Aurais-je encore besoin de mots,
Rien n’est moins sûr…
Car enfin quand tout coule de source,
On se laisse porter par le flow…

La page blanche…

Pieds sur le sableJe ne vis pas cette vie, dont enfant je rêvais.
Oui, ma vie est différente de celle que je voulais… Et pourtant…

Certes je n’ai pas d’enfant, mais deux beaux neveux que j’adore et qui me rendent heureuse et fière, tout comme s’ils étaient de ma chair.

Je n’ai pas dans ma vie l’homme que j’espère, mais j’apprends à vivre l’amour à travers tous mes pores et tant que mon cœur bat, j’espère encore.

Je n’ai pas d’emploi, mais bien plus qu’une carrière j’ai une vie à vivre et je compte l’honorer, en créant librement et à mon image, mon propre métier.

Je n’ai pas de maison, juste un appartement dont je suis locataire, mais ce cocon est mon repaire où je bâtis pierre après pierre, le foyer qui m’attend.

Je n’ai pas la silhouette de mes rêves et il m’arrive de grimacer face au miroir, mais je suis en pleine santé et je remercie ce corps d’une patience infinie, qui sait prendre soin de moi, même si je le maltraite parfois.

Je n’ai pas ce talent qui chez tant d’autres me fait vibrer, mais j’ai mon style unique et tant de choses à partager.

Je ne suis pas fortunée, mais l’argent ne me brûle pas les doigts car je suis bien plus riche que ça,
J’ai la richesse du cœur que me destinent tous ceux que j’aime,
Et puis…

Puis je suis riche de mes douleurs, de mes échecs et mes erreurs, qui m’ont amenée là,
Riche de tous mes espoirs, de mon courage et de ma confiance en la vie,
Encore intacts et impatients de découvrir,
De quoi cette page blanche va se couvrir.


« Quand rien n’est certain, tout est possible »
[Margaret Drabble]

Lettre au héros de mes nuits

Lit avec couette à plumesBon, je dois bien admettre qu’à première vue, tu n’as vraiment rien qui fasse rêver.
Plutôt brut en apparence, un peu coincé aux entournuresquelle carrure ! -, tu en imposes, prends toute la place, imbu de toi-même car bien sûr tu sais, que ton absence dans cet espace qu’on appelle chambre, serait purement inconcevable.
Sûr de ton rôle incontournable,
Tu fais le beau, tu te pavanes,
Tu éclipses tout ce qui t’entoure,
Ridiculises même tes escortes,
Bientôt tu ne passeras plus les portes.
Mais attention… Ne néglige pas le pouvoir d’une table, fût-elle de nuit, elle rend des services d’autres sortes.

 

Tant d’arrogance en premier lieu n’avait donc rien pour me charmer. Et pourtant il ne t’a pas fallu d’efforts, pour vaincre toutes mes résistances.
Malgré les airs que tu te donnes, au fond tu n’es que pure douceur. Tendre et moelleux à l’intérieur, comme tous ces desserts régressifs que l’on savoure avec délices.
Plus la peine de jouer les durs. Tu pensais être sous bonne couverture, mais c’était sans compter sur ma sagacité. J’ai vu clair dans tes yeux, une simple nuit m’aura suffi pour te percer à jour. Et depuis, mon doux, mon beau, mon tendre lit, depuis c’est vrai, je t’aime d’amour.
Plus question de se tourner autour ou de se voler dans les plumes, je suis tombée dans tes draps pour ne plus en sortir,
Tu es le meuble de ma vie et crois-moi, c’est un compliment inédit.

 

Ensemble on fait à peu près tout ce que la vie permet de faire… Dormir, ou pas… Manger, parfois… Rêver, souvent… Lire, tout le temps… Rêver, encore… Écrire… Rêver, toujours…
Tu es le meilleur véhicule vers d’autres mondes inexplorés, le complice de toutes mes chimères et de mes rêves inavoués… Combien de secrets t’ai-je confiés ?! Combien de scènes a-t-on jouées ?
Et si tu n’es pas fait de chair, tu sais combien celle-ci est faible, pour accueillir parfois certains de ces corps étrangers, empreints de sensualité.
Et d’autres fois encore, des sangsues alitées, mais c’est une autre histoire sur laquelle je ne m’étendrai pas.
Que tout cela n’éveille en toi aucune jalousie, tu peux dormir à poings fermés car la seule histoire qui compte à mes yeux tu le sais, c’est bien celle que l’on vit à deux.

 

Je n’ai jamais su céder aux sirènes de la grasse matinée.
Certains matins, tu fais mine de m’en vouloir, car j’ai tôt fait de te quitter. Pour aussitôt te regretter.
Mais si tu insistais un peu pour me garder au creux de toi, tes arguments l’emporteraient et je fondrais avec délices dans la chaleur de tes beaux draps.
Victime conquise et consentante, à tout jamais adepte de la méthode couette,
Reposant sur tes oreillers,
Et ralliée au seul adage qui mérite que l’on y adhère,
« Pour vivre heureux, vivons couchés ».

Vous êtes un écrivain parce que vous écrivez…

Citation Cheryl Strayed
Moi, tu vois, je ne sais pas toujours quoi dire.
Ou, devrais-je renverser la phrase pour à la place écrire : « Moi, je ne sais toujours pas quoi dire » ?
Serait-ce le reflet d’une réalité ou la seule projection de mes croyances, elles-mêmes héritées de mes peurs qui perpétuent la résistance ?

Quoi qu’il en soit et quelle qu’en soit la cause, encore souvent je me retrouve face à l’écran – vain subterfuge de la page blanche – et mes doigts restent verrouillés ; je ressens leur envie de courir, ils ont des fourmis dans les jambes et grand besoin de se défouler, mais quand il s’agit de sortir les mots, les verbes et tous leurs agréments… eh bien d’un coup ils se dégonflent et s’avachissent en un instant. Pfuitt… Envolé, leur bel élan.

Alors j’ai lu et je lis encore, combien c’est difficile d’écrire.
Il suffirait, certains le croient, de disposer de temps pour soi, d’avoir l’envie, un brin de talent, et de laisser venir à soi ce qui voudrait tellement jaillir. 
Sans barrages et sans filtres, laisser couler le flux des mots pour qu’ils se rejoignent en ruisseau, voué à devenir rivière prête à se jeter dans la mer… Et merde. La poésie, certes c’est beau, mais j’ai beau y jeter mes vers, la mer ça n’est jamais que de l’eau.

Que ce soit fluide et que ça coule,
Qu’elle soit limpide et qu’elle déroule, le fil de mes pensées intimes tissées dans l’âme universelle,
Telle est l’écriture que j’appelle.

Mais revenons aux fondamentaux.
Écrire, c’est un sacré boulot.
C’est se confronter au réel, 
faire le constat de ses limites, de ses lacunes et de ses fuites…
Avec l’envie perpétuelle de renouer avec cet état sacré, ces heures bénies des dieux où l’inspiration nous emporte,
Où plus aucun frein d’aucune sorte ne vient stopper la course folle, des mots lorsqu’ils prennent leur envol.
C’est tellement bon, 

Comment te le décrire…

Je me suis fait la promesse d’écrire un livre cette année.
Je ne sais sur quel thème ni même par où le commencer,
Mais je sais qu’il attend que je lui donne vie.
Je l’ai vu, il est là, sur les rives incertaines de mon futur,
Un certain livre attend pour vivre,
Que je lui donne une ossature.


  • Illustration : extrait du livre « Le chemin du beau », par Cheryl Strayed.

La part du bizarre… ou oser être soi

Arc-en-ciel
Au fil de l’eau, trouver les mots

Mise au défi par un challenge, ce matin je cherchais mes mots.
Des mots, un thème, n’importe quoi, un sujet sur lequel écrire puisque c’est d’écrit qu’il s’agit. Écrit bien agité de préférence, pour mieux marquer la différence avec les mots de l’ordinaire. Ceux trop polis et amoindris par l’habitude, à ce point usés qu’ils déteignent et peinent parfois à me griser. Or moi, c’est de la couleur que je veux, des mots sans plomb et rien moins que supers, parce que c’est bon tu sais, de prendre la vie à la légère.
Bloquée j’étais. Les mots, on peut les convoquer, ils se pointent s’ils l’ont décidé, tu peux faire triste mine ça ne les attendrit pas d’un poil. Ni même d’une plume, fût-elle de canard (clin d’œil au « pas sage » à l’auteure de cet atelier). « Va voir ailleurs si j’y suis », tel était leur mot d’ordre. Alors sans protester, j’y suis allée. Munie de mon seul courage et de mon envie de noircir les pages, je suis sortie pour une marche, croisant les doigts pour que ça marche.

A peine avais-je le nez dehors, que la pluie s’est mise à tomber. Rentrer ou non, je dois bien t’avouer que la question m’a traversée. J’ai choisi de continuer. A l’angle de ma rue, quelques mètres plus loin, ma récompense m’attendait : un arc-en-ciel aussi effacé que fugace, mais bien présent et qui laissait des traces d’encre irisée sur les nuages d’un gris intense. Tout juste ai-je eu le temps de le photographier, que déjà il disparaissait, me laissant seule sous la pluie froide qui redoublait d’ardeur. J’ai mis un pied devant l’autre et me suis remise à marcher, au hasard des rues qui m’entouraient. Savourant l’ironie dont la vie est capable. Je cherchais matière à écrire, et j’ai rencontré l’impalpable. Quoi de plus immatériel qu’un arc-en-ciel ? « Tu voulais du concret, du terre-à-terre ? » ; « Je t’offre la magie et le mystère, fais-en ce que tu veux selon ce qu’ils t’inspirent, la voilà ta matière, colorée et légère… N’est-ce pas ce que tu voulais ? ».
Hmmm… Ok.

Au fil des mots, se rencontrer

J’ai marché encore. La pluie était battante et moi bien abattue : inondation plantaire en vue, mes deux semelles n’ont pas tenu.
Quelques rues plus tard, dans le caniveau saturé d’eau, une bouteille de vin aux verres brisés vivait ses dernières heures. « Château Bizard », disait l’étiquette. « Bizard » autant qu’étrange, vous conviendrez que cette balade n’avait vraiment ni queue ni tête… A moins que…
Quitte à choper un rhume, les deux pieds dans la flotte, autant tremper ma plume dans cette brève anecdote. Est-ce là cette voie différente, celle où l’on ne m’attend pas ? Suivre le fil de l’eau et montrer aux yeux du monde, combien je suis bizarre et parfois improbable ?
Je garde encore pour moi, bien des aspects de cette folie douce qui nous habite tous. Récemment une collègue à qui je faisais mes adieux (*), me confiait, me souhaitant bonne chance, qu’elle m’avait toujours considérée comme une personne « à part ». Les mots sont maladroits mais j’ai compris sans peine ce dont elle parlait. Et de toi à moi, sa remarque m’a fait plaisir autant qu’elle m’a fait sourire. Je n’ai aucune envie d’être « normale ». Les gens normaux sont mortellement ennuyeux, si tu veux mon avis.

Les digues résistent encore, en certains endroits. L’écriture « freestyle », dénuée de pare-feux, celle qui bouscule les codes et traverse hors des clous, implique que l’on assume à 100% son côté « chelou ». C’est là qu’est la vraie liberté. Être entièrement soi-même malgré ce qu’en pensent les autres, ne plus doser ses mots pour les rendre acceptables. Renoncer à la tempérance et oser tous les mots, leur accorder la délivrance, en même temps qu’à soi.

 

(*) Ah oui parce que, j’ai démissionné au fait… J’aurai sans nul doute l’occasion d’en reparler dans un prochain article…


Ce texte a été écrit en réponse à une consigne d’écriture donnée dans le cadre de l’atelier en ligne de Morgane Sifantus.
#atelierCAO