Petite filleCette photo est l’une des rares que j’aie de moi, petite.
J’ai hésité avant de la publier, tout comme j’ai hésité à partager ce qui suit. Si finalement j’ai décidé de le faire, c’est uniquement parce que je pense que cela fait sens, par rapport à ma vocation et mon itinéraire
En déposant ces mots, je forme le vœu que celles et ceux qui me liront comprendront mon propos, qui n’est pas d’apitoyer ou de chercher du réconfort, mais simplement de témoigner d’une vérité… Ou comment une faiblesse, une fois transcendée, peut un jour devenir notre point fort.

 

Je n’ai pas le bonheur d’être mère, et vraisemblablement, je ne le serai jamais.
C’est un sujet bien complexe et aux résonances trop intimes pour que je souhaite le développer, mais il est une chose que je peux vous dire dans le respect de ma pudeur, et sans que cet aveu me fasse peur : c’est un regret qui s’éveille tardivement, que de ne pas être maman.

 

C’est ainsi, et il me faudra vivre sans.
Ces derniers jours toutefois, c’est une pensée qui me serre fort le cœur. Et plutôt que le déni – comme jusqu’alors j’ai toujours fait -, je sens que cette fois est venu le moment, d’affronter ma douleur. Alors je sonde mes profondeurs, non pas tant pour comprendre ce qui m’a menée là – à quoi bon -, mais pour apprendre à transformer une blessure intime en un cadeau précieux, au profit d’autres que moi-même.

 

Sublimer le manque, et lui donner un sens

 

J’aurais aimé avoir une fille, et depuis peu je sais pourquoi… J’aurais aimé avoir une fille, non pas pour m’accomplir à travers elle, avec l’espoir qu’elle me ressemble… Mais pour la joie de l’accompagner, m’émerveiller de ses progrès, m’attendrir face à ses tocades et ses projets, et puis un jour me sentir fière de la voir s’émanciper, s’élancer vers la vie et embrasser à bras-le-corps, sa propre liberté…

 

Cette petite fille-là, elle ne naîtra pas de ma chair, mais il en est une que je peux accompagner.
« Nous sommes nos propres pères, nous sommes nos propres mères », dit la chanson, et oh combien ces mots ont raison !
La petite Carine qui sourit face à l’objectif, elle a le cœur débordant d’amour et de confiance, et tellement à offrir. À moi de la guider vers son accomplissement, et celui-ci, je le sens, se résumera en un seul mot : donner.

 

Il restera de moi ce que j’aurai donné, les graines d’amour et d’espoir que j’aurai su semer.
C’est le pourquoi de mon existence, l’ultime objet qui lui donnera son sens.
Cette vocation passe par les mots, pour le moment. Mais qui sait ce que je ferai dans un an… L’âge des premiers pas…


2 commentaires

Cathy Kotai · 10 décembre 2018 à 21 h 28 min

Merci ma Carine pour tout ce que tu nous donnes déjà.

Je te lis avec émotion surtout que j’ai le bonheur d’être une maman comblée pour avoir pu, comme tu le décris, accompagner ma fille chérie dans tous ses projets, me réjouir de ses progrès et de sa liberté difficilement acquise. Je suis une maman et ma fille est l’être au monde avec qui je suis la plus intimement liée, et ce depuis avant même sa conception puisqu’elle vivait déjà dans mon désir. Je mesure donc ton manque et le deuil que tu es en train de faire et je t’envoie tout ce que je peux de douceur et d’amitié.

Mais je comprends aussi que tu as à mettre au monde cette petite Carine et son désir profond, tu as à la révéler à elle-même pour qu’elle puisse s’épanouir dans la joie, la confiance et l’abondance.

    Carine Dumez · 11 décembre 2018 à 12 h 31 min

    Merci de tout cœur pour tes mots, très chère Cathy.
    C’est une fort belle synthèse de ce à quoi m’appelle la vie. Merci d’en être à la fois soutien et témoin.

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