Citation Miguel Torga - Rue Saint-Denis à Montréal

©Carine Dumez – Rue Saint-Denis à Montréal, août 2018.

Lille, France.
Mi-septembre est passé, 15 jours déjà que je suis rentrée de ma ville de cœur Montréal où j’ai vécu un mois durant, et ma valise trône toujours dans l’entrée de l’appartement.
Vidée de ses possessions, mais sans conteste avide d’en accueillir de nouvelles, et de reprendre du service.
De fait je ne veux pas la ranger, et suis encore moins pressée de la restituer à ses propriétaires, qui me l’ont prêtée pour l’été (oui, aussi curieux que cela puisse paraître pour quelqu’un qui confesse un amour vibrant et grandissant pour le voyage, je ne possède pas de valise et me suis contentée jusqu’à présent, d’en emprunter à droite à gauche au gré des besoins du moment… Anecdote pas si anodine et méritant plus ample réflexion : « Comment priorises-tu tes élans et tes envies, au sein de ta propre vie ? »… Hmmm…).

La tête allant vers… le cœur à l’endroit

En tant qu’acte symbolique, remiser au placard cette valise reviendrait à considérer que je retourne à ma vie sédentaire, pour une durée significative et au moins pour l’hiver. Or je sens bien qu’au fond de moi, s’obstine l’élan contraire.
Sitôt rentrée, déjà le goût de repartir.
Vers où, quand, comment, voire même pour quoi y faire, sont autant d’éléments auxquels je peine à donner une réponse immédiate. Mais un tel besoin viscéral n’a que faire des contingences matérielles et des contraintes de l’ordinaire. Certaines voix crient si fort à l’intérieur, que nul ne saurait les faire taire. Et je n’en ai pas l’intention.
Alors je cherche des solutions, certaine toutefois que ce n’est pas ma tête qui les trouvera, mais que ces clés me seront amenées en temps utile, par des voies que je ne pressens pas. Déjà, des perspectives se dessinent, peut-être serai-je sur les routes (de France) bien plus tôt que je ne le pense…
À suivre…

De place en place, jusqu’à trouver « la bonne » ?

Pour ce qui est de l’étranger – le seul véritable appel qui me fasse vibrer -, je continue à explorer diverses pistes, avec l’espoir de rejoindre bientôt celles, exaltantes et si pleines de promesses, du plus proche aéroport…
Le Québec pour port d’attache, et une vie nomade au fil des saisons pourquoi pas, trois mois ici, six mois par là…
Si je laisse libre cours à mes rêves, voici à quoi ressemble trait pour trait, l’existence que j’aimerais mener. Pour un temps limité peut-être, jusqu’à ce que mon cœur s’en lasse (ou pas)… ou peut-être s’enlace aux doux attraits d’un lieu de charme, au point de ne plus vouloir le quitter, jamais. Ce jour-là, j’aurai enfin trouvé ma place.

Héritière d’une âme vagabonde…

En attendant je me demande parfois d’où viennent ces élans voyageurs, qui se manifestent de plus en plus vivement à mesure que je vieillis… Comme s’il était urgent de vivre, temps enfin d’accomplir des envies dévorantes, trop longtemps restées inassouvies…

Mon arrière-grand-mère maternelle, que j’ai peu connue, a quitté très jeune son pays (l’Ukraine) pour venir trouver en France un travail de nature à la faire vivre, tout simplement.
Cela demande du courage, de tout laisser ainsi derrière soi. Cela suppose aussi d’avoir foi en des lendemains meilleurs, et d’être fermement résolue à les faire advenir.

Depuis peu, je développe la conscience que je porte en moi cet héritage. Ce sang slave qui me coule dans les veines, me dote sans doute par hérédité, de l’instinct nomade et la mélancolie souvent attribués à ces peuples orientaux.
L’appel du vaste horizon, la nostalgie d’un ailleurs auquel on aspire sans même l’avoir connu, le goût de l’aventure et ce désir continuel de partir… Autant de traits qui me caractérisent depuis longtemps et auxquels j’accède aujourd’hui tardivement, mais dont je sens qu’ils outrepassent les frontières de ma propre personne, dépositaire des rêves et impulsions, d’une lignée d’âmes vagabondes…

Tout voyage est un retour vers soi…

Je ne ferai peut-être jamais le tour du monde, mais qu’importe… Seul compte le voyage lui-même, qui invariablement aboutit à la plus belle des destinations : des parts de soi encore inexplorées.
Le voyage est une façon – peut-être la plus belle – de se mettre au monde.

Catégories : Inspiration

3 commentaires

marie · 16 septembre 2018 à 11 h 19 min

Quel bonheur de te lire à nouveau ici !
Hâte d’être Transportée à nouveau par tes mots voyageurs 😉

    Carine Dumez · 16 septembre 2018 à 11 h 30 min

    Merci Marie ! Plaisir pour moi aussi que de renouer avec le blog, qui s’était un peu assoupi dans la torpeur de l’été 😉 Je vais m’efforcer d’être plus régulière 🙂

      marie · 21 septembre 2018 à 11 h 14 min

      Pas besoin de forcer, la plume te démange quand tu n’écris pas

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