Manon Lavoie, Faire de sa vie une œuvre… Œuvrer au cœur de l’Être… (Partie 1)

Se relier au cœur et au moment présent, par le fait de créer. Délaisser le mode rationnel au profit du monde intuitif, pour accéder au meilleur de soi. C’est le voyage intérieur qu’a entrepris Manon Lavoie et auquel elle convie un nombre grandissant de Muses, grâce aux ateliers et accompagnements qu’elle prodigue.
Fondée en 2010, « M comme Muses » est une combinaison subtile et originale, alliant créativité, psychologie positive et pleine conscience. Une philosophie créatrice de bien-être et propre à enclencher dans la douceur un cercle vertueux, au profit d’une vie plus riche et pleine de sens. Itinéraire d’une Muse au grand cœur, qui a touché le mien.
Portrait de Manon Lavoie par Maxyme G. Deslile
Manon Lavoie par ©Maxyme G. Deslile

Paris, 16 mars 2018.

Tout juste débarquée de son avion en provenance du Québec, Manon Lavoie est présente au Salon du Livre pour y présenter et dédicacer son premier livre, « Créer le meilleur de soi ». Une pépite à fort pouvoir inspirant, devenue depuis plusieurs mois mon compagnon de voyage et qui a encore accru mon envie de rencontrer son auteure, dont je suis le parcours depuis plusieurs années et goûte avec délectation, l’un de ses ateliers en ligne.

De fait, son passage en France est une véritable aubaine et c’est tout à la joie de la retrouver enfin, que je fais chemin vers elle. Mon impatience est d’autant plus vive que Manon a accepté de me raconter son parcours au cours d’un entretien, qui donnera matière à la rédaction d’un portrait. Un exercice que j’aime, mais auquel je ne me suis pourtant pas consacrée depuis plus d’une année. Sans doute attendais-je de trouver une Muse, dont l’histoire pourrait m’inspirer…

La rencontre fût telle que je l’envisageais, totalement fluide et naturelle, vibrantes de belles émotions. Avec pour moi le bonheur de constater, que la voix de mon cœur ne s’était pas trompée ; « what you see is what you get ». Il n’y a pas erreur sur la personne, celle que j’eus face à moi est bien la même qui transparaît, à travers ses écrits et ce qu’elle créée, tous ses partages et ce qu’elle fait. De la douceur, de l’authenticité, beaucoup de chaleur et de générosité… Le temps m’a paru court, tant on se sent bien à ses côtés… (De cette rencontre et l’importance qu’elle revêt pour moi, je vous en dis plus dans un second article disponible ici, si le cœur vous en dit).

Notre entrevue s’est avérée très riche et je me considère vraiment chanceuse d’avoir pu recueillir ses propos, dont beaucoup – et ce n’est pas une surprise – ont fait en moi écho. Je me sens dépositaire d’un témoignage précieux, et comme la seule vraie richesse est dans le partage, je suis heureuse de vous en livrer à mon tour, les éléments-clés.

Un lent retour à soi et à la créativité

Toute vie d’entrepreneure comporte des débuts. Et en amont du démarrage, les expériences préalables sont souvent signifiantes, elles constituent le socle fondateur qui oriente et éclaire les choix futurs.

Avant de fonder M comme Muses, Manon était conseillère en communication.

Un métier dont elle avait espéré qu’il puisse être une voie d’expression pour la créativité qui l’habitait depuis l’enfance, mais dont les études et une vie à construire, l’avaient peu à peu éloignée. Entre ses aspirations et la réalité, elle mesura très vite, néanmoins, le décalage. Pas ou peu de place pour cette dimension, dans les fonctions qu’elle occupait : « La créativité dans l’introspection ou dans le « faire pour faire », ça n’existait vraiment plus », dit-elle.

De fait le bonheur professionnel n’est pas au rendez-vous, Manon n’est pas heureuse sur le marché du travail et « se cherche », sans savoir encore vers quoi s’orienter.
Sur le plan personnel en revanche, la naissance de ses enfants vient la combler. C’est dans la maternité qu’elle trouve tout à la fois une source d’épanouissement, et le facteur déclenchant, pour amorcer un vrai changement : « Quitter son emploi, la sécurité, c’est un « gros morceau »… L’arrivée des enfants m’a donné le courage de faire ce virage à 180°, pour suivre le cœur plutôt que la raison ».

Avant ce grand virage il y avait eu, comme elle les appelle, des « zones de décompression », avec de premières expériences en tant qu’indépendante dans le domaine de la communication, du graphisme, ou en tant que rédactrice en chef d’un webzine autour de la maternité : « Je tournais autour de mon essence… Sans idée de ce qu’elle pouvait être, mais en me disant, « il doit y avoir quelque chose de plus, que d’être juste là, à travailler » ; « J’étais capable de beaucoup de choses – écriture, graphisme… – mais sentir viscéralement, « je suis là, à la bonne place », je ne l’avais jamais ressenti autrement que par la maternité ».

La venue au monde de son troisième enfant s’accompagne d’un déclic déterminant : « ça a été comme une grande vague qui m’a soulevée, ça a été plus grand que moi, [cette envie] de renouer avec ma créativité, celle qui était là depuis l’enfance mais que j’avais mise de côté… ».

L’aventure du blog… Honorer la vie telle qu’elle est…

©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

Restait à trouver le moyen, une voie d’expression possible. Après ces années professionnelles consacrées à écrire au nom d’autres que soi et sur des thèmes peu exaltants, Manon souhaite, selon ses termes, « se réapproprier ses mots » : « Je me suis posé la question : qu’est-ce qui me passionne ? J’ai envie de parler de quoi ? C’est énorme parce qu’alors tout est possible ; et comme c’était la maternité qui était le plus près de moi, j’ai ouvert un blog qui s’appelait M comme Maman…».

Un blog dont la création ne revêt pour elle aucun enjeu. A travers cet outil qu’elle découvre, elle a simplement à cœur de témoigner du quotidien en mots et en images, à travers ce qu’il porte déjà en lui de merveilleux : « L’idée était juste d’honorer ma vie telle qu’elle était… Je l’ai fait pour moi d’abord, pour mes enfants, pour laisser des traces de leur petite enfance… Ça a été un point de tournant tellement rafraîchissant de pouvoir faire ça, juste pour le goût… Ne pas chercher à faire quelque chose de beau, de parfait, mais juste savourer, vraiment comme si j’étais en train de déguster le meilleur des fruits qui était mûr… ».

Sans projection prématurée dans « un après », où il serait éventuellement question d’en faire quelque chose… Être là, simplement.

L’expérience la transforme en profondeur et en face, les retours ne tardent pas à se manifester. Rapidement l’audience grandit, le blog se forge un lectorat de plus en plus nombreux au gré des billets quotidiens que publie Manon : « Je m’étais mis en tête de publier un billet par jour, pour avoir une certaine structure en même temps, à travers ça… Pour que la créativité rejaillisse, on a besoin de contraintes ».

En se retournant sur cette période, Manon s’étonne aujourd’hui de constater que bien avant cette expérience, « tout était là » depuis toujours : « Avant d’avoir des enfants, j’avais retrouvé un truc que j’avais écrit, ARTIS, un texte sur l’importance d’être l’artiste de sa propre vie… Je l’écrivais, mais j’étais complètement « sourde et aveugle », j’étais à l’extérieur, c’était loin d’être intégré, loin, loin, loin… Mais tout était là, c’est ça qui est hallucinant… Et aujourd’hui c’est ça mon travail, c’est d’aider les gens à voir que tout est là. C’est un peu comme une chasse au trésor dont les indices ne sont pas cachés, ils sont toujours présents mais on ne les voit pas, parce qu’on est dans notre tête… Quand on descend de la tête au cœur, donc du mode rationnel au mode intuitif, c’est là qu’on a accès à toutes les réponses. Ça nous donne une nouvelle paire d’yeux, pour voir que tout est là, gros comme des panneaux publicitaires sur le bord de la route… ».

L’envie me vient de glisser ici un aparté… A travers divers exercices et projets créatifs proposés par Manon dans son livre ou son atelier, j’ai moi-même expérimenté à plusieurs reprises ce type de « révélation soudaine » d’une vérité qu’on porte en soi sans pourtant la voir. J’en ressors invariablement bluffée et surtout plus riche de ces ressources insoupçonnées, et je ne peux donc que confirmer ses propos et vous inviter à y goûter par vous-même…

Un pas à la fois, s’ouvrir à ce qui est là

Comme souvent lorsqu’on fait les choses avec cœur et sans y attacher un but particulier, les opportunités fleurissent et des portes s’ouvrent, sans qu’on y ait pensé ou qu’on l’ait provoqué. Le succès grandissant du blog se confirme, et bientôt Manon se voit sollicitée par des lectrices, qui lui témoignent leur envie de faire un atelier avec elle. Au départ, ces demandes la déconcertent un peu : « Je me disais « mais de quoi ?? » (rires)… « Je ne comprends pas, qu’est-ce que vous voyez que je ne vois pas ?! ».

L’idée est toutefois lancée et elle va cheminer dans l’esprit de Manon, jusqu’au jour où celle-ci se sent prête à essayer : « à un moment donné j’ai pris mon courage à trois mains et je me suis dit « Bon ben, j’y vais »… Donc j’ai ouvert un premier atelier, j’ai eu 15 personnes qui se sont présentées une journée complète… J’avais fait mes devoirs, je m’étais assise avec plein de livres qui me passionnaient pour voir ce que je pouvais partager mais aussi ce que je faisais spontanément, puis on a créé ça… ».

Nouvel aparté… Peut-être pas protocolaire dans le cadre d’un portrait, mais après tout les codes sont faits pour être renversés et c’est moi qui suis au clavier, alors je m’autorise ce pas de côté (sourire)…

J’ai été sensible à cet emploi du « on »… C’est un trait caractéristique de Manon, que cet esprit de croissance collective. De ses Muses qu’elle accompagne elle dit souvent, que nous avançons toutes ensemble à ses côtés (pas « elle devant et nous derrière »), et cette approche qui mêle proximité et humilité, est sans doute l’une des dimensions qui me touche le plus, et à laquelle je suis très attachée. Fin de l’aparté !

À l’issue de cette première journée d’atelier, un voile s’était comme levé et tout lui paraît clair : « Je me suis dit, oh mon Dieu, je n’ai aucune idée de comment ça s’appelle, mais c’est ça, exactement, que je veux faire toute ma vie ».

Atelier M comme Muses - Le bien-être par la créativité
©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

M comme Muses n’était pas encore née, mais la graine était semée et tout doucement, allait commencer à éclore : « J’ai continué à proposer des ateliers quelques mois comme ça, puis ensuite je me suis dit « un week-end ça doit être extraordinaire donc j’ai fait une première escapade ». [Une escapade s’étend sur un weekend entier et permet aux participantes de plonger dans le processus de création et d’introspection en compagnie d’autres Muses, NDLR].

Un pas de plus, dont elle ne mesure pas qu’il va occasionner un tournant décisif.
Le hasard, à qui l’on peut se fier pour tout orchestrer à la perfection, s’arrange en effet pour que cette escapade accueille en son sein une jeune femme nommée Mélanie Thivierge. Laquelle est rédactrice en chef au sein d’un important magazine québécois, et conquise par les activités proposées par Manon.

Quelques mois plus tard, cette dernière reçoit un appel du magazine lui demandant d’être conférencière sur scène, devant un public composé de 400 lectrices : « Là le syndrome de l’imposteur a embarqué, naturellement… Je me suis dit, de un il faut que j’aie un site web, un nom, quelque chose… et une certification, c’est important… Alors j’ai trouvé aux USA une certification qui forme à l’accompagnement des artistes, et dont j’ai ramené ce qui me parlait, dans mon univers… ».

Manon n’en conserve que l’aspect Kaïzen, la philosophie « des petits pas » : « C’est ma propre médecine, ça a littéralement changé ma vie… Y aller à petites doses, sortir de la pensée du tout ou rien… Ça n’empêche pas de rêver grand, mais on y va une étape à la fois ».

La subtile alchimie qui compose M comme Muses est en train de prendre forme, selon les principes mêmes qui sont au cœur de sa philosophie : un pas après l’autre, les deux pieds dans l’instant présent et dans l’ouverture à ce qui est… La meilleure façon, dit Manon, « de voir et apprécier tout ce qu’il y a de beau en chemin ».

Le tournant décisif… Toucher à son essence…

10 novembre 2010.
10.11.10. Une jolie date sur le papier et une belle étape sur le chemin, sans nul doute.

Ce soir-là M comme Muses débute officiellement son existence, face à un auditoire bienveillant et manifestement conquis. Manon me fait le récit de cette soirée avec une émotion encore palpable et si communicative, que j’en suis moi-même transportée.
Et comme il n’y a aucune raison pour que je sois seule à en profiter, j’ai l’élan de vous partager ses mots quasi intégralement :

« Ce soir-là je m’étais fixé comme objectif de « laisser l’ego à la maison », je ne voulais pas en descendant de scène, être dans l’autocritique et saboter ce moment précieux… je voulais être fière de moi, être bien avec moi… et toucher un cœur, au moins UN cœur… bon, pendant la soirée je me suis dit que je m’étais préparée pour 2000 personnes et non 400, parce que je me disais « mon Dieu y’a personne » (rires)… mais je voyais juste 400 sourires… 400 fois un sourire… chaque personne… [et je me souviens m’être dit], mais c’est ça la vraie vie, au lieu d’être dans notre cerveau qui a peur… c’était une symbiose avec du monde qui avait besoin d’entendre ce que j’avais à dire… ça a été tellement révélateur, j’en ai la chair de poule parce que c’est ça, juste « connecter avec l’être humain »… et aujourd’hui c’est ça mon travail… d’être avec l’être humain, juste ça… le moyen, c’est purement pratique… la créativité c’est une façon pour moi de respirer, c’est quelque chose que je fais naturellement mais il y a tellement d’autres façons… comme toi les mots, le yoga, le coach de course à pied, je sais pas… même la personne qui te sert au resto, elle est importante… ».

Ce baptême du feu fût donc riche en émotions et en prises de conscience, qui une fois intégrées influeraient énormément sur la suite, en favorisant un lâcher-prise propice à d’autres déploiements : « J’ai réalisé ce soir-là que même si mon entreprise ne marchait pas, j’avais compris quelque chose d’important qui me serait toujours utile, quoi que je fasse pour gagner ma vie… ça a enlevé beaucoup de pression, et de là j’ai eu accès au meilleur de moi… quand tu lâches prise, c’est comme un vortex qui multiplie qui tu es, ton essence… quand tu y as goûté, ça vibre là, en ton centre… les autres ont ensuite accès au meilleur de nous, c’est contagieux… on reçoit du feedback qui nous donne des ailes… on rencontre des personnes extraordinaires, qui sont des agents de changement sur notre route… ».

Bon à ce stade, je dois bien avouer que j’ai un peu décroché car cette réalité m’échappe et je ne comprenais pas du tout ce dont elle me voulait parler ! (clin d’oeil).

Mon principe de gestion d’entreprise, c’est « comment je me sens »

M comme Muses est désormais lancée et l’activité progresse au fil des ans, de sorte que Manon commence à faire parler d’elle. En 2015 le magazine québécois « Les Affaires » – qui par définition cible le marché des affaires, CQFD -, la sollicite pour une entrevue dans le cadre d’un article où il sera question de ces femmes et hommes orchestre, qui se dédient de A à Z à la gestion de leur entreprise (en endossant le web, la communication, etc…).

Au nombre des questions que lui soumet la journaliste, cette dernière lui demande si elle dispose d’un « plan d’affaires » (ce qu’ici nous avons coutume d’appeler, en bon français de France, un « Business plan », NDLR). Ce à quoi Manon répond par la négative, en expliquant que son principe de gestion d’entreprise repose avant tout sur ses ressentis et sa boussole intérieure : « J’ai étudié là-dedans, je sais très bien comment faire un plan d’affaires, mais ça a été une promesse que je me suis faite dès le début, de ne pas salir, de ne pas ternir ce à quoi je goûtais… de préserver cette liberté-là… ; la première fois que j’ai fait un atelier, j’étais pieds nus, et il n’y avait personne pour me dire que je n’avais pas le droit (sourires)… J’ai ramené ça dans mon principe de gestion d’entreprise, en me disant que rien ne personne n’orienterait mes choix, hormis moi-même et comment je me sens… c’est tout ».

Une fois l’entrevue terminé et sitôt après avoir raccroché le téléphone, Manon est tout de même saisie d’un doute : « Je me suis dit, oh mon Dieu j’ai l’air d’une vraie bohème va-nu-pieds, je vais passer pour la fille pas « groundée », la folle du groupe ! (rires) ». Bien loin de cette image fantaisiste, elle fait au contraire figure de précurseur ou en tout cas, témoigne d’une réalité de plus en plus prégnante, la rassure la journaliste.

Pour les activités qui se développent sur le web en particulier, cette souplesse est même devenue une nécessité : « ça doit rester très organique pour pouvoir se retourner rapidement… c’est comme une danse… s’il n’y a pas de réponse en face, pas d’écho, mon travail est de trouver une nouvelle formule qui me plaise aussi à moi… parce que si je me sens bien, eh bien nécessairement je rayonne… ; donc non, pas de plan d’affaires… j’ai une vision à long terme, et encore, long terme c’est un an, deux ans, mais c’est tout… ça s’appellera comme ça s’appellera, ce n’est pas important, je veux juste faire ce travail là et être aussi heureuse qu’en ce moment, c’est ça mon plan d’affaires… ».

« Je choisis d’aimer… »

Être heureuse de faire un travail qu’elle aime, et surtout ne plus laisser les circonstances extérieures, conditionner son propre bonheur… Ce détachement ne naît pas en un jour mais résulte d’une conquête progressive, où d’autres territoires restent toujours à explorer. « C’est un grand dépouillement », m’explique Manon, où « c’est pas chic, c’est pas beau, t’es toute seule… ». Mais c’est à ce prix qu’a pu s’enclencher pour elle le point de bascule, vers une véritable forme de renaissance…

« Pour moi c’est passé par une grande fatigue de me battre, et surtout d’être promue par la peur… [j’avais] peur de retourner sur le marché du travail, les premières années… mais en même temps, j’étais la pire boss pour moi-même !… au point de me lever à 5 heures du matin pour débuguer mon site web et en attraper une tendinite… je n’aurais jamais accepté ça de quelqu’un d’autre et pourtant je le faisais pour moi-même… ».

Dessin coeur
©Manon Lavoie – Extrait du livre « Créer le meilleur de soi »

Cette grande fatigue qui s’installe dans la durée la prend au dépourvu, Manon l’assimile à « une espèce de dépression », un passage certes inconfortable mais toutefois salutaire, grâce auquel elle accède à « son centre » et à la vulnérabilité : « celle qui te fait dire, « au diable, tout, est-ce que je suis capable d’être bien, peu importe où je vais aller » ?… « ça m’a permis de renaître à moi-même, en faisant le choix d’avancer par amour et non plus dans la peur ».

Ce renversement l’a délestée de bien des fardeaux et reconnectée à l’essentiel, son essence à elle : « ce que les autres vont penser, ce n’est plus important ; c’est différent que de faire les choses pour plaire, ou de les faire en offrant le meilleur de soi… J’aime aimer, je choisis d’aimer, mais si l’autre ne m’aime pas, ça ne m’appartient plus… Je ne veux pas être aimée à tout prix… ».

Dans la droite ligne de cette logique, « le livre [« Créer le meilleur de soi », NDLR], je l’ai fait pour moi. C’était un cadeau que je m’offrais à moi, je voulais me sentir bien en le voyant… et puis qu’il touche au moins un cœur… ».

Force est de constater qu’il en a touché bien plus, et contaminé une multitude de femmes et d’hommes – ne les oublions pas, car il y en a ! – désireux de renouer avec eux-mêmes et leur part créative. Un succès qui ne se dément pas puisqu’à l’heure où je boucle cet article le livre vient de partir pour la seconde fois en réimpression, preuve de l’engouement qu’il suscite.
Dans la seconde partie de ce portrait Manon revient sur cette aventure au long cours, nouvelle étape très signifiante sur son parcours…

 

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