Lit avec couette à plumesBon, je dois bien admettre qu’à première vue, tu n’as vraiment rien qui fasse rêver.
Plutôt brut en apparence, un peu coincé aux entournuresquelle carrure ! -, tu en imposes, prends toute la place, imbu de toi-même car bien sûr tu sais, que ton absence dans cet espace qu’on appelle chambre, serait purement inconcevable.
Sûr de ton rôle incontournable,
Tu fais le beau, tu te pavanes,
Tu éclipses tout ce qui t’entoure,
Ridiculises même tes escortes,
Bientôt tu ne passeras plus les portes.
Mais attention… Ne néglige pas le pouvoir d’une table, fût-elle de nuit, elle rend des services d’autres sortes.

 

Tant d’arrogance en premier lieu n’avait donc rien pour me charmer. Et pourtant il ne t’a pas fallu d’efforts, pour vaincre toutes mes résistances.
Malgré les airs que tu te donnes, au fond tu n’es que pure douceur. Tendre et moelleux à l’intérieur, comme tous ces desserts régressifs que l’on savoure avec délices.
Plus la peine de jouer les durs. Tu pensais être sous bonne couverture, mais c’était sans compter sur ma sagacité. J’ai vu clair dans tes yeux, une simple nuit m’aura suffi pour te percer à jour. Et depuis, mon doux, mon beau, mon tendre lit, depuis c’est vrai, je t’aime d’amour.
Plus question de se tourner autour ou de se voler dans les plumes, je suis tombée dans tes draps pour ne plus en sortir,
Tu es le meuble de ma vie et crois-moi, c’est un compliment inédit.

 

Ensemble on fait à peu près tout ce que la vie permet de faire… Dormir, ou pas… Manger, parfois… Rêver, souvent… Lire, tout le temps… Rêver, encore… Écrire… Rêver, toujours…
Tu es le meilleur véhicule vers d’autres mondes inexplorés, le complice de toutes mes chimères et de mes rêves inavoués… Combien de secrets t’ai-je confiés ?! Combien de scènes a-t-on jouées ?
Et si tu n’es pas fait de chair, tu sais combien celle-ci est faible, pour accueillir parfois certains de ces corps étrangers, empreints de sensualité.
Et d’autres fois encore, des sangsues alitées, mais c’est une autre histoire sur laquelle je ne m’étendrai pas.
Que tout cela n’éveille en toi aucune jalousie, tu peux dormir à poings fermés car la seule histoire qui compte à mes yeux tu le sais, c’est bien celle que l’on vit à deux.

 

Je n’ai jamais su céder aux sirènes de la grasse matinée.
Certains matins, tu fais mine de m’en vouloir, car j’ai tôt fait de te quitter. Pour aussitôt te regretter.
Mais si tu insistais un peu pour me garder au creux de toi, tes arguments l’emporteraient et je fondrais avec délices dans la chaleur de tes beaux draps.
Victime conquise et consentante, à tout jamais adepte de la méthode couette,
Reposant sur tes oreillers,
Et ralliée au seul adage qui mérite que l’on y adhère,
« Pour vivre heureux, vivons couchés ».

Catégories : Inspiration

1 commentaire

Wilbert · 8 janvier 2018 à 13 h 58 min

Belle romance s’il en est, sans un pli, qui entre flanelle et satin, fait merveille de chaque matin.. . Je suis d’accord avec toi Carine… Il n’a beau changé de place, il nous emmène faire tant de voyages…il est le témoin d’une partie de notre vie… Bravo une fois de plus pour tes jolis mots qui le ravissent à chacune de mes lectures. Belle et heureuse année à toi… Et même si je n’ai le plaisir de te croiser à quelques comptoirs (pôle emploi, café, etc…), j’espère pouvoir saisir l’occasion même éphémère de faire ta rencontre… Thierry W

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :