Vous êtes un écrivain parce que vous écrivez…

Citation Cheryl Strayed
Moi, tu vois, je ne sais pas toujours quoi dire.
Ou, devrais-je renverser la phrase pour à la place écrire : « Moi, je ne sais toujours pas quoi dire » ?
Serait-ce le reflet d’une réalité ou la seule projection de mes croyances, elles-mêmes héritées de mes peurs qui perpétuent la résistance ?

Quoi qu’il en soit et quelle qu’en soit la cause, encore souvent je me retrouve face à l’écran – vain subterfuge de la page blanche – et mes doigts restent verrouillés ; je ressens leur envie de courir, ils ont des fourmis dans les jambes et grand besoin de se défouler, mais quand il s’agit de sortir les mots, les verbes et tous leurs agréments… eh bien d’un coup ils se dégonflent et s’avachissent en un instant. Pfuitt… Envolé, leur bel élan.

Alors j’ai lu et je lis encore, combien c’est difficile d’écrire.
Il suffirait, certains le croient, de disposer de temps pour soi, d’avoir l’envie, un brin de talent, et de laisser venir à soi ce qui voudrait tellement jaillir. 
Sans barrages et sans filtres, laisser couler le flux des mots pour qu’ils se rejoignent en ruisseau, voué à devenir rivière prête à se jeter dans la mer… Et merde. La poésie, certes c’est beau, mais j’ai beau y jeter mes vers, la mer ça n’est jamais que de l’eau.

Que ce soit fluide et que ça coule,
Qu’elle soit limpide et qu’elle déroule, le fil de mes pensées intimes tissées dans l’âme universelle,
Telle est l’écriture que j’appelle.

Mais revenons aux fondamentaux.
Écrire, c’est un sacré boulot.
C’est se confronter au réel, 
faire le constat de ses limites, de ses lacunes et de ses fuites…
Avec l’envie perpétuelle de renouer avec cet état sacré, ces heures bénies des dieux où l’inspiration nous emporte,
Où plus aucun frein d’aucune sorte ne vient stopper la course folle, des mots lorsqu’ils prennent leur envol.
C’est tellement bon, 

Comment te le décrire…

Je me suis fait la promesse d’écrire un livre cette année.
Je ne sais sur quel thème ni même par où le commencer,
Mais je sais qu’il attend que je lui donne vie.
Je l’ai vu, il est là, sur les rives incertaines de mon futur,
Un certain livre attend pour vivre,
Que je lui donne une ossature.


  • Illustration : extrait du livre « Le chemin du beau », par Cheryl Strayed.

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