La part du bizarre… ou oser être soi

Arc-en-ciel
Au fil de l’eau, trouver les mots

Mise au défi par un challenge, ce matin je cherchais mes mots.
Des mots, un thème, n’importe quoi, un sujet sur lequel écrire puisque c’est d’écrit qu’il s’agit. Écrit bien agité de préférence, pour mieux marquer la différence avec les mots de l’ordinaire. Ceux trop polis et amoindris par l’habitude, à ce point usés qu’ils déteignent et peinent parfois à me griser. Or moi, c’est de la couleur que je veux, des mots sans plomb et rien moins que supers, parce que c’est bon tu sais, de prendre la vie à la légère.
Bloquée j’étais. Les mots, on peut les convoquer, ils se pointent s’ils l’ont décidé, tu peux faire triste mine ça ne les attendrit pas d’un poil. Ni même d’une plume, fût-elle de canard (clin d’œil au « pas sage » à l’auteure de cet atelier). « Va voir ailleurs si j’y suis », tel était leur mot d’ordre. Alors sans protester, j’y suis allée. Munie de mon seul courage et de mon envie de noircir les pages, je suis sortie pour une marche, croisant les doigts pour que ça marche.

A peine avais-je le nez dehors, que la pluie s’est mise à tomber. Rentrer ou non, je dois bien t’avouer que la question m’a traversée. J’ai choisi de continuer. A l’angle de ma rue, quelques mètres plus loin, ma récompense m’attendait : un arc-en-ciel aussi effacé que fugace, mais bien présent et qui laissait des traces d’encre irisée sur les nuages d’un gris intense. Tout juste ai-je eu le temps de le photographier, que déjà il disparaissait, me laissant seule sous la pluie froide qui redoublait d’ardeur. J’ai mis un pied devant l’autre et me suis remise à marcher, au hasard des rues qui m’entouraient. Savourant l’ironie dont la vie est capable. Je cherchais matière à écrire, et j’ai rencontré l’impalpable. Quoi de plus immatériel qu’un arc-en-ciel ? « Tu voulais du concret, du terre-à-terre ? » ; « Je t’offre la magie et le mystère, fais-en ce que tu veux selon ce qu’ils t’inspirent, la voilà ta matière, colorée et légère… N’est-ce pas ce que tu voulais ? ».
Hmmm… Ok.

Au fil des mots, se rencontrer

J’ai marché encore. La pluie était battante et moi bien abattue : inondation plantaire en vue, mes deux semelles n’ont pas tenu.
Quelques rues plus tard, dans le caniveau saturé d’eau, une bouteille de vin aux verres brisés vivait ses dernières heures. « Château Bizard », disait l’étiquette. « Bizard » autant qu’étrange, vous conviendrez que cette balade n’avait vraiment ni queue ni tête… A moins que…
Quitte à choper un rhume, les deux pieds dans la flotte, autant tremper ma plume dans cette brève anecdote. Est-ce là cette voie différente, celle où l’on ne m’attend pas ? Suivre le fil de l’eau et montrer aux yeux du monde, combien je suis bizarre et parfois improbable ?
Je garde encore pour moi, bien des aspects de cette folie douce qui nous habite tous. Récemment une collègue à qui je faisais mes adieux (*), me confiait, me souhaitant bonne chance, qu’elle m’avait toujours considérée comme une personne « à part ». Les mots sont maladroits mais j’ai compris sans peine ce dont elle parlait. Et de toi à moi, sa remarque m’a fait plaisir autant qu’elle m’a fait sourire. Je n’ai aucune envie d’être « normale ». Les gens normaux sont mortellement ennuyeux, si tu veux mon avis.

Les digues résistent encore, en certains endroits. L’écriture « freestyle », dénuée de pare-feux, celle qui bouscule les codes et traverse hors des clous, implique que l’on assume à 100% son côté « chelou ». C’est là qu’est la vraie liberté. Être entièrement soi-même malgré ce qu’en pensent les autres, ne plus doser ses mots pour les rendre acceptables. Renoncer à la tempérance et oser tous les mots, leur accorder la délivrance, en même temps qu’à soi.

 

(*) Ah oui parce que, j’ai démissionné au fait… J’aurai sans nul doute l’occasion d’en reparler dans un prochain article…


Ce texte a été écrit en réponse à une consigne d’écriture donnée dans le cadre de l’atelier en ligne de Morgane Sifantus.
#atelierCAO

5 réflexions sur « La part du bizarre… ou oser être soi »

  1. Youpiii !!! C’est trop bon de te lire à nouveau ! Et vive la « Bizar-T » et l’Oser être Soi <3 <3 <3
    I love youuu Carine et j'aime toujours autant de lire ! Je dirais même plus, je suis accro ! J'en veux encooorrreee !!!

      1. Hahaha, en effet il se passe des trucs bizarres sur scène et en coulisses, te voilà affublée d’autres nom et prénom… Étrange… 🙂
        Merciiiii Marie Tigador, haha 😀 Moi aussi je te love et j’espère bien que cette résurrection littéraire va continuer à me transporter vers plein d’espaces encore inexplorés !! <3

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