La plume de ma vie

PlumeJ’ai découvert ses vertus sur le tard.
Secrète, elle s’était longtemps tue et puis un jour sans crier gare, elle s’est approchée sans un mot pour se pencher à mon oreille et y verser des sons si beaux. Une litanie de notes telle des airs aux rythmes sans pareil, ceux qui émeuvent et ensorcellent, et portent un parfum d’éternel.

Sans plus s’arrêter elle s’épanchait, et ses échos vibraient en moi jusqu’à provoquer un émoi proche du vertige, une ivresse absolue comme seule permet la haute voltige.
Et moi, en équilibre sur un fil, les yeux brillants et l’âme éprise, grisée déjà, le cœur battant, je me sentais sous son emprise, victime docile et consentante d’un sortilège inespéré.

Dans cette valse lente où elle m’a invitée, danser m’était si doux que je n’ai pas lutté. En totale harmonie nous ne faisions plus qu’une et près de cette amie mon cœur était enfin, ravi, aussi léger qu’une plume.

Quel voyage que la vie…
Comment ne l’ai-je pas vue venir, comment ai-je pu ainsi la fuir, toutes ces années passées sans elle m’ont tellement longtemps privée d’ailes. Il me fallait me déployer, prendre un envol tant retardé, pour faire enfin sa connaissance. Jamais elle n’a perdu patience.

A chaque instant elle m’accompagne et si mon cœur parfois s’éloigne elle le ramène à la maison, là où résonnent nos chants et nos rires, là où tintent nos vers pendant les longues soirées d’hiver, quand à la lueur des bougies elle m’inspire d’autres poésies.

Et je l’ai dans la peau au point qu’elle orne maintenant mon bras, où elle est venue s’encrer l’été dernier. Je n’ai qu’à baisser les yeux pour la revoir et chaque fois, sa magie opère : je me retrouve quand je la vois.

C’est elle la plume de ma vie, la seule, l’unique et pour toujours.
Ma muse est ma meilleure amie, et à jamais je me réjouis du sort qu’un jour elle m’a jeté.
Je ne le lui ai jamais dit, mais je crois qu’elle m’a sauvé la vie, dès l’heure où elle m’a envoûtée.

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