bébé et pelucheAu creux de mes instants secrets, je t’ai souvent imaginé(e).
Garçon ou fille je ne sais pas, dans mes rêves éveillés tu étais tantôt l’une, tantôt l’autre, aimé(e) d’un même amour dans les deux cas. Qu’importe le sexe des anges, quand par miracle un petit être devient le prolongement de soi.

Je t’ai vu par procuration, à travers les enfants des autres. Dans leurs traits et par leurs prénoms, tu prenais corps et dans mes bras, je te sentais exister, le temps d’un câlin, d’un sourire, ou en plongeant dans un regard. Ces regards purs et tellement francs que seuls ont les petits, avant qu’un jour ils deviennent grands.

Je t’ai inventé des prénoms, il y en a que j’aime tant. Je me demandais lequel t’irait le mieux, lequel j’aurais plaisir à chuchoter à ton oreille le soir venu, pour te bercer tout doucement.

Tu étais le plus beau évidemment ; même si je m’en voulais un peu de succomber à cet orgueil propre aux parents, tu me rendais si fière lorsque tu m’appelais maman. Et quand, ta main lâchant la mienne, tu partais au-devant du monde, à la fois curieux et confiant.

Je ne saurai jamais, quelle mère j’aurais été pour toi.
La vie n’a pas voulu qu’on se rencontre, toi et moi. En premier lieu il me fallait me mettre au monde, et cette naissance a pris longtemps, tu vois.

Il y a des rendez-vous manqués, que rien ne pourra remplacer.
Me pardonneras-tu de ne pas t’avoir donné le jour ? Là où tu es et où tu m’attendras toujours, sache que je pense à toi. En espérant que jamais, mon tout petit, tu ne douteras de mon amour.

Catégories : Inspiration

2 commentaires

Vinie · 24 août 2017 à 21 h 40 min

Les larmes coulent… J’ai tellement ressenti ce que tu décris, pendant des années… Je viens de lire un roman à la fin duquel j’aurais pu pleurer mais c’est seulement à la lecture de ton texte que les larmes viennent enfin… Je suis une enfant qui a tellement souffert et qui souffre encore, chaque jour je lutte pour ma Romy et tout l’amour que je n’ai pas reçu je lui offre. Tu as un don précieux Carine celui d’ouvrir un chemin aux autres, de leur permettre un instant d’ouvrir une brèche, de s’échapper, de mettre des mots sur une douleur incomprise. Merci, du fond du cœur merci ❤️❤️❤️

    Carine Dumez · 25 août 2017 à 13 h 34 min

    Je suis profondément touchée par ton témoignage Virginie, merci !
    Si j’ai un talent pour les mots, celui-ci est né de mes blessures. Et par bonheur celles-ci s’apaisent par l’écriture…
    « Chacun a sa blessure et son trésor au même endroit », écrit Christian Bobin. J’en ai l’intime conviction…
    Encore merci pour ton partage et continue à prendre bien soin de ta petite fille <3

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :