Coucher de soleil sur la Côte belge - Blankenberge

Blankenberge, sur la Côte belge – The Pier.
16 août 2017 vers 19h30.

Assise sur un banc face au soleil, la mer et ses reflets pour ligne d’horizon, je regarde la vie qui défile sous mes yeux…
Une vieille dame et son chien, chacun promenant l’autre, arrivent à ma hauteur. Ils marchent au ralenti, curieusement asynchrones avec les autres âmes alentour, semblant presque figés pendant que le monde court.
Appuyée sur sa canne, le dos courbé, la tête baissée, elle regarde ses pieds qui la transportent encore, se concentre sur eux à chacun de leurs pas, semblant leur demander en prière silencieuse, qu’ils ne la trahissent pas. Marcher semble un effort constant, mais tant que le corps bouge malgré le poids des ans, comment renoncer de soi-même à cette liberté-là ?

 

Je me demande si son état lui laisse encore le choix, de relever la tête parfois, pour admirer les vagues qui dansent au loin sur l’horizon. Que se passe-t-il au fond de soi, lorsque nos yeux ont fini de se perdre dans l’espace infini, lorsqu’un bout de trottoir devient le paysage unique où le regard se pose ? Un morceau de bitume morne et gris, pendant que tout autour sous l’éclat du soleil, la mer, la plage et les rues animées, vibrent de mille couleurs et autant de nuances.
A quoi pense-t-elle ? Qu’imagine-t-elle en avançant, alors qu’elle décompose dans un rythme lent, chacun de ses mouvements ? Le soleil la réchauffe, c’est déjà ça. L’air marin lui fait cadeau de son doux parfum d’iode, et ses oreilles s’emplissent du bruit des vagues qui vont et viennent. Si elle ne peut les voir elle les devine, et ce son familier réveille en elle peut-être, des souvenirs d’un temps où assise sur un banc, elle regardait la vie défiler sous ses yeux…

 

Jusqu’où va-t-elle ainsi clopin-clopant, bon gré mal gré, si lentement ? A la maison sans doute, l’heure est déjà tardive, le soleil disparaît. Il faut se dépêcher de rentrer, se préparer de quoi dîner, et peut-être après ça y aura-t-il une bonne émission à la télé ? Non pas qu’elle les regarde, ces émissions. C’est avec ça comme pour le reste, désormais. A peine assise elle pique du nez, et ses yeux plongent sur les chaussons qui habillent ses pieds, ils seront la dernière image de sa journée.
C’était une belle journée d’été. Le petit chien s’est promené, et ses vieux os à elle ont pu se réchauffer, le temps d’un tour sur la jetée. Il doit pleuvoir demain, annonce la dame à la télé. Pourvu qu’il y ait de bons programmes… Ou une visite peut-être, qui sait ? Quelque chose pour la divertir… Oui mais en attendant, il faut dormir.

Catégories : Inspiration

2 commentaires

marie · 19 août 2017 à 20 h 47 min

Comme toujours, tu m’embarques avec Toi Carine. Je voyais les images en même temps que je te lisais. Tu sais rendre un situation « banale » tellement poétique …

    Carine Dumez · 20 août 2017 à 18 h 29 min

    Merci Marie, heureuse que tu sois sensible à cette situation qui m’a touchée… <3

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