Redevenir sauvage pour revenir plus sage

Redevenir sauvageCertains jours je n’ai envie de rien.
Ces jours-là pour aller mieux j’aimerais écrire, mais bien sûr rien ne vient.
Et c’est rageant de penser que rien ne peut s’écrire, au sujet de rien. Alors qu’il y aurait tant à dire, vous pensez bien.

Ces jours-là je tourne en rond, pour voir où ça me mène. Ça ne mène jamais bien loin, comme vous le devinez. On peut faire mille fois le tour de soi-même, si notre muse a disparu, ce n’est que peine perdue.
Pas le moindre flow, tari le fil des mots.
Et c’est tellement frustrant, de subir ce sur-place, quand on voudrait bondir, surgir, grandir, bref,… se rendre loin.

Alors ces jours-là, souvent, je ne vais pas bien.
J’enrage et je m’agace,
Tout m’irrite et m’agresse,
Comme un lion en cage, je rugis ma détresse,
A qui vient m’agacer, je crie ma rage,
Je rugis et j’agresse,
Comme un lion en cage,
J’enrage.

Je suis pourtant paisible,
Au fond et en surface,
Une personne pacifique,
Le contraire d’une menace.
Je voudrais la douceur,
Toujours et à toutes heures,
Mais quand l’ennui s’en vient,
Ce ne sont que des vœux vains.

Car c’est bien ça l’ennui, au fond.
L’ennui qui tisse sa toile,
Et couvre d’un voile gris,
Les couleurs de la vie.
Que je ne sais plus voir, pendant ce temps au moins.
Privée des sens qui me relient à plus grand que moi.
Ces jours-là je rapetisse, je m’amoindris,
Je rejoins ces aigris,
Qui pestent contre la vie.
Cette vie que j’aime tant, pourtant.

Il faut tout bousculer, parfois.
Tout envoyer valser,
Ruer dans les brancards,
Reléguer au passé ce qui n’a plus lieu d’être,
Pour que revienne l’envie.
Redevenir sauvage,
Pousser des cris de rage,
Pour soi et loin des autres.
Pour revenir plus sage,
Et mieux aimer la vie.

 

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