S’aimer est la grande aventure d’une vie

« S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour
qui durera toute une vie »

[Oscar Wilde]

 

Illustration ©Dallas Clayton

L’amour.
C’était pour moi un mot vide de sens.
Je l’ai longtemps goûté comme une absence.

Il avait la saveur amère des blessures de l’enfance, ces maux d’amour qu’on ne dit pas. Que l’on calfeutre à l’intérieur et qu’on enfouit profond en soi, de peur d’être heurtée de nouveau, incomprise ou jugée, ou bien tout cela à la fois. Des affronts dont je n’aurais pas su me relever, je crois.

Au cœur de mon désert les oasis n’existaient pas, les mots d’amour y résonnaient comme des silences, avec pour seul écho la certitude de leur absence. J’étais ce puits sans fond toujours impossible à combler, ignorant que l’amour s’enfuit tant qu’on s’obstine à le mendier. Un regard, un sourire, un geste tendre ou un soutien, un réconfort ou un câlin,… De tous ces petits riens je suis devenue avide, comme autant de remèdes au vide.

Perdue au fond d’un gouffre à l’insondable profondeur, j’attendais tout des autres, j’espérais qu’ils me sauvent. Sans comprendre que c’était à moi, avant tout, de me tendre la main.

J’ai espéré l’amour comme on attend sans y croire, l’avènement d’un miracle.
Jusqu’à y renoncer, puisqu’il n’était rien que débâcle. Je me suis enfermée derrière des murs infranchissables, pensant ne plus souffrir en me rendant inaccessible. Ne voulant plus peser sur l’autre, avec mes attentes excessives.
J’avais le sentiment d’avoir tant à donner, pourtant. Tellement d’amour à l’intérieur… Mais son immensité n’avait d’égale que ma douleur.

« Pour pouvoir ouvrir mon cœur, il me fallait m’aimer moi-même ».

 

Pour pouvoir ouvrir mon cœur, il me fallait m’aimer moi-même.
Ce ne fût pas une révélation spontanée mais bien le fruit d’un long parcours. Je l’ai compris au fil du temps, au gré d’innombrables expériences, par mes lectures et mes rencontres, grâce aux miroirs qu’elles me tendaient.

Parce que la vie ne veut pour nous que le meilleur, elle a mis sur ma route des personnes rares… comme il en existe tant, finalement. De ces âmes-sœurs auprès desquelles on se sent bien, en confiance, qui nous accueillent avec douceur et bienveillance. Tout ce qui m’avait manqué… Comme c’était doux et chaud, que de les côtoyer.
Chacune de ces personnes, j’ai la sensation de les avoir reconnues, plutôt que rencontrées. Un peu comme si je me sentais appelée. Sans doute parce que mon cœur, bien avant moi, avait compris qu’une de mes clés se trouvait là, dans la rencontre avec ces êtres différents, mais au fond si semblables à moi.

Ces âmes belles m’ont redonné des ailes et ravivé le cœur, elles m’ont fait prendre conscience de ma valeur.
A leur contact j’ai délaissé l’armure, petit à petit. Une à une, j’ai ôté les pelures qui protégeaient celle que je suis… Jusqu’à me dévoiler de plus en plus, aujourd’hui. Il reste de la marge pour me révéler au grand jour, mais tout en vient en son temps, à mesure que la vie suit son cours.

C’est riche de ces rencontres qui ont su me rendre à moi-même, que j’ai commencé à dire oui au monde, à ouvrir grands les bras, à profiter de chaque seconde. En retrouvant l’amour de soi, on tombe en amour avec la vie, ce n’est pas la moindre des victoires.

« C’est l’aventure d’une vie, que d’apprendre à s’aimer. »

 

Tout est tellement plus savoureux, aujourd’hui.
Cette ouverture du cœur que je ressens de plus en plus, vient souvent me surprendre, comme toutes ces choses dont on n’a pas pris l’habitude. Il m’arrive parfois d’être submergée par de telles vagues d’amour, avec une intensité que je n’aurais pas crue possible il y a quelques mois encore.
J’aborde avec confiance, la route qui reste à parcourir. J’ai gagné en patience. C’est l’aventure d’une vie, que d’apprendre à s’aimer.

Nos plus belles quêtes puisent leur source dans ce qui nous a manqué.
La mienne est de partager l’amour. Une fois surmontée la douleur, un beau jour peut venir l’heure, de témoigner… Se dévoiler intimement n’est pas chose aisée, cela demande un peu de courage sans doute, ou peut-être une certaine dose d’inconscience ?… Mais au fond de moi une petite voix me crie « dis-leur »… « Dis-leur ce que tu penses, ce que tu vois et ressens », peut-être par résonance, certains y puiseront quelques ressources pour espérer, pour avancer, se sentiront moins seuls…

J’ai souvenir d’avoir lu un jour cette citation qui m’a marquée, attribuée à David Servan-Schreiber : « Une des leçons essentielles de la vie : nous sommes tous blessés peu ou prou, et nous avons tous appris à en avoir honte ».

A la lumière de mes errances et au bonheur de mes découvertes, j’aurais envie de dire ceci : n’ayez pas honte de votre histoire, de toutes ces expériences qui vous ont forgé(e), n’ayez pas honte de qui vous êtes.
Soyez fiers de vos cicatrices, elles font de vous un être unique, dont nous avons tous à apprendre… On est tellement plus riches ensemble.

10 réflexions sur « S’aimer est la grande aventure d’une vie »

    1. Merci à toi Pénélope, je suis très touchée par ton commentaire <3
      Les mots coulent tout seuls, quand ils sont dictés par le cœur... C'est bon de partager, merci 🙂

  1. Merci Carine ☺️ encore une fois je me suis trouvée et retrouvée dans ton article qui fait tant de bien ! Continue toujours et encore à nous réveiller et nous émerveiller ! Je t’embrasse ❤️

    1. Merci à toi !! Merci pour ton soutien qui m’encourage à poursuivre… Mais de toute façon ai-je vraiment le choix ? Ce sont les mots qui s’imposent à moi 🙂
      Plein de bonnes ondes pour toi, je t’embrasse !

  2. je comprends chaque mot , chaque trémolo dans la gorge ravalé, chaque envie et chaque drame, chaque solitude et chaque espoir….merci carine

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