N’oublie pas que tu vas mourir

Ciel étoilé, par ©Xiaohua Zhao

Ciel étoilé, par ©Xiaohua Zhao

Hier, j’aurais pu mourir.
Ne vous y trompez pas. Ce n’est pas une formule rhétorique ou un habile teasing pour capter l’attention. Encore moins une manœuvre pour éveiller la compassion.
Littéralement, je me suis trouvée à deux doigts de connaître un destin funeste.

De la façon la plus stupide qui soit.
Après un agréable début de soirée tu rentres à pied chez toi, à la nuit tombée.
Alors que tu empruntes un passage piéton – après avoir attendu que le « petit bonhomme » passe au vert, j’ai été bien éduquée ! – un fou furieux au volant de son bolide lancé à vive allure, déboule d’on ne sait où et manque de te percuter…
La voiture a fait une embardée pour m’éviter. Je l’ai sentie me frôler. Un seul pas de plus et c’eût été le choc, inévitable et violent. Sans doute fatal.

La scène s’est déroulée en moins de quelques secondes et m’a laissée pétrifiée. Révoltée face à une telle inconscience, et tremblante, à l’idée de ce qui aurait pu se produire. Le cœur battant à mille à l’heure.
Mon heure n’était pas venue, mais c’était un sérieux signal d’alarme. Pas le premier, du reste.

Saisir le sens caché des choses

J’ai poursuivi mon chemin quelques centaines de mètres, sentant monter en moi une détresse profonde, une solitude infinie. Le contrecoup.
« J’aurais pu mourir », me disais-je, « et personne n’en aurait rien su ». « J’aurais pu mourir, et qu’aurais-je laissé derrière moi, hormis des possessions matérielles et quelques souvenirs fugaces dans l’esprit de certain(e)s, vite effacés par le temps ? »

J’ai atteint un banc sur lequel je me suis effondrée, et les sanglots sont venus, de plus en plus forts.
J’étais là, près de ce parc plongé dans l’obscurité, sans autre compagnie que celle des passants qui parfois, me jetaient un regard en poursuivant bien vite leur chemin. « C’est tellement mystérieux le pays des larmes », écrivait Saint-Exupéry, ça fait peur.
Besoin de partager mon angoisse, d’entendre une voix réconfortante et de remplacer ce goût amer, par la douceur de l’amitié.
J’ai pris mon téléphone. Au bout du téléphone, personne.

Comment fait-on pour trouver l’apaisement en pareille circonstance ?
Je ne sais pas. On fait de son mieux. On fait comme on peut.
On se dit que la vie ne tient qu’à un fil, et qu’on ressort grandie de telles situations.
On se dit que tout a un sens, et que ce sens caché nous apparaîtra plus tard.
On tente de décrypter le message, sans comprendre tous les maux…
On écrit, pour que la peine s’évacue par les mots.

« Combien as-tu aimé ? »

Que m’a appris cet épisode ?
Il est trop tôt encore pour le dire. Il me faut digérer pas mal de choses, accepter ce qui est, et renoncer à changer, ce(ux) que je ne peux changer.
C’est bien cela que disent les sages, non ?

Et puisqu’un sursis m’est accordé, puisque la vie continue, à moi d’en faire quelque chose qui ait du sens.

Combien parmi nous sont capables de dire, qu’ils pourraient partir demain avec le sourire ?
Si je devais mourir demain, je ne veux pas quitter ce monde avec des regrets.
Je veux ressentir le bonheur de l’accomplissement et la joie d’avoir vécu dans l’amour. Celui donné, et celui reçu en retour.

De plus en plus nombreuses sont les personnes qui expérimentent une mort clinique et en reviennent – ce qu’on appelle communément une NDE, « Near death expérience » ou « Expérience de mort imminente » en bon français. L’une d’elle témoigne qu’une fois arrivée au bout de ce fameux « tunnel » si souvent décrit dans les récits, un être lumineux lui a posé cette question : « Et toi, combien as-tu aimé ? ».

Que l’on soit ou non ouvert à cette dimension – dont je conçois qu’elle puisse être difficile à appréhender pour bon nombre de gens -, la question centrale pour chacun de nous, est bien celle-ci.
Le pourquoi d’une vie.
S’il y a une raison d’être à notre présence sur terre, quelle autre raison que l’amour ?
C’est sans doute cela qu’il nous faut incarner.

Et c’est le message que je veux délivrer.

Et vous, quel sens souhaitez-vous donner à votre vie ?

Just Love

7 Commentaires

  1. thepinkpowertour

    Waouh ! Quelle puissance dans tes mots comme toujours 😉
    En te lisant, on imagine très bien la scène. La surprise, l’incompréhension, le choc, le contre-coup, les larmes, le soulagement. Et enfin, je dirais la joie de vivre et les questions que ça soulève …
    Je t’envoie plein de belles énergies lumineuses. Continue de déployer tes ailes et de nous inspirer à chaque instant 😉

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    1. Carine Dumez (Auteur de l'article)

      Merci pour ton précieux soutien Marie, et pour ces belles énergies lumineuses que j’accueille avec plaisir et gratitude ! LOVE <3

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  2. Anne-Framboise

    Ton article est poignant ! Cela me fait réfléchir aussi … Je me dis que le sens de la vie se base sur la transmission : la transmission de valeurs (morales ou autres), de connaissances, … et évidemment d’amour . Et pour moi, ce n’est pas obligatoirement une transmission filiale mais c’est un acte que j’essaye de généraliser autour de moi.
    Lire tes premiers paragraphes m’a fait un choc, car même si l’on ne se connaît pas beaucoup, ton existence m’est chère !
    Bons baisers de Bretagne (ça donne l’impression que j’ai au moins 80 ans, cette expression !) 😉

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    1. Carine Dumez (Auteur de l'article)

      En effet on se connaît peu, mais est-il besoin de s’être fréquenté(e)s longtemps et souvent, pour ressentir une véritable et profonde amitié vis-à-vis de quelqu’un ? L’expérience nous apprend que la quantité n’est pas toujours gage de qualité… 😉
      Et bien que je te connaisse peu, je sais combien tu es attachée à diffuser l’amour autour de toi… Ce que tu fais à merveille !
      Merci pour ces quelques mots, chère « Anne-Framboise ». Surtout ne change pas !

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      1. Anne-Framboise

        🙂 <3 <3 <3

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  3. Thierry CALLEWAERT

    L’amour dont tu parles est certainement la seule raison valable d’une existence. L’amour de l’autre, l’amour des actes, l’amour que les sens nous permet chaque instant d’expérimenter, l’amour de soi. S’il est l’essence même d’une vie, c’est la mort, maquillée ou bien réelle, qui se charge bien souvent de le rappeler. En ça la mort est nécessaire car elle est pulsion de vie, pulsion d’amour.
    Ce matin je me réveille, enveloppé moi aussi par le manteau de l’abandon, la froideur de la perte. Je lis ton article et je me dis que décidément il n’y a rien d’autre à faire: Aimer

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  4. Carine Dumez (Auteur de l'article)

    Je suis très touchée par ton témoignage Thierry.
    Il n’y a rien d’autre à faire qu’aimer, j’en suis intimement convaincue. Aimer sans compter, et sans rien attendre en retour. Essentiel, mais oh combien difficile, quand les blessures du cœur freinent ses élans généreux. Il faut toute une vie pour apprendre à aimer, et il est dommage que la mort doive surgir pour s’en rappeler.
    Je t’envoie d’amicales pensées, en souhaitant qu’elles viennent réchauffer un peu ce froid matin.

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