La vie grandeur nature

Ailleurs si j’y suis.

Cabines de plage Fatiguée de me heurter à des murs, je me suis offert un pont.
Un pont de mai, pour vivre intensément le printemps naissant, refaire le plein d’énergie et me relier de nouveau à une inspiration défaillante.

L’habitude n’est pas bonne conseillère.
Sous ses airs familiers et rassurants, elle voudrait se faire passer pour la bonne copine bienveillante et pleine de sollicitude, mais mieux vaut s’en méfier. L’habitude est à l’inspiration, ce que la truffe au chocolat est au palais : délicieuse au début, mais en grandes quantités et sur la durée, ça écœure !

Changement de décor, donc.
Changement de rythme, autre vie pour d’autres envies.

Nul besoin de partir à l’autre bout du monde, à deux heures de route de chez moi le dépaysement m’attendait.

Là où la terre et le ciel se rejoignent, j’ai retrouvé un horizon où plonger mon regard.

J’ai admiré un ciel plus vaste, de ceux qui se parent encore d’étoiles quand la nuit tombe.

Dans un écrin de verdure, j’ai goûté aux chants d’oiseaux dès le réveil, j’ai redécouvert la saveur d’un petit déjeuner dégusté au soleil.

Et l’appétit m’est revenu, petit à petit.
La sérénité, aussi.

Là, dans la quiétude de ma maison de campagne, je me suis remise à rêver.
J’ai enchaîné les rêves, même. Mes nuits n’avaient rien à envier au Festival de Cannes, inauguré au même moment à l’autre bout de la France. Projections ininterrompues sur l’écran de mes paupières closes, de l’aventure, du fantastique et du romanesque, tous les genres mêlés pour un palmarès haut en couleurs !

J’ai lâché toute la fatigue accumulée, qui prenait pour nom lassitude ; et je me suis laissée aller à « une saine fatigue », comme on l’appelle, celle que l’on éprouve après une longue journée en plein air.

Retour à la nature.

Dans un parc ornithologique, j’ai admiré des oiseaux de toutes sortes aux noms comiques ou poétiques : foulque macroule, huitrier-pie, avocette élégante, mouette rieuse, héron, cormoran, cigogne…
Je les ai observés, contemplative, absorbée par leur incessant ballet ; les uns en quête de nourriture ou de brindilles pour consolider le nid, les autres s’occupant des oisillons ou couvant les petits à venir…

Un peu plus loin, des chevaux Henson, ces magnifiques chevaux à la robe couleur sable, foulaient au galop leur verte prairie. Une image collée à ma rétine, comme une ode à la liberté.

Face à ce spectacle de la vie qui s’étendait sous mes yeux, je me suis souvenue de la ville que j’avais laissée derrière moi, quelques heures auparavant.
Et j’ai pensé, « est-ce ainsi que nous vivons ? ».

Pendant que nous courons les rues des villes à la poursuite de nos objectifs, de nos obligations et rendez-vous, assourdis par les klaxons et étourdis par les clameurs incessantes, quelque part, tout près, un autre monde coexiste.
Un monde où règnent la paix, le calme et la sérénité, où la vie s’écoule paisiblement au fil des heures et au rythme des saisons. Un lieu en apesanteur, tout en légèreté et en subtilité, où seuls les piaillements, les bruissements d’ailes et le vent dans les arbres, viennent troubler le silence.

« Et c’est ainsi que nous vivons », ai-je pensé.

Joie de vivreCar tout se déroule en nous de la même façon.
Pour l’avoir vécu dans ma chair, je sais combien le stress, les tensions et nos tourments intérieurs, viennent brouiller la fréquence et parasiter nos pensées, empêchant l’émergence de toute créativité.

Or sous cette agitation de surface, existe en chacun de nous un espace imperturbable, où nous pouvons nous retrouver tels qu’en nous-mêmes, calmes et sereins. Cet espace, certains y accèdent par la méditation, par le yoga ou que sais-je encore… Les chemins sont multiples et chacun trouvera le sien.

Mais ce refuge est là, à demeure, en permanence.
S’y replonger de temps à autre sans attendre que la vie nous chahute, est l’une des clés de la sérénité et, pour moi désormais, un besoin vital.

4 réflexions sur « La vie grandeur nature »

  1. MERCI!!! Je prépare aussi ma valise quelques fois tous les ans…La MER !!!! J’envie vos 2 heures de route, la mienne est plus lointaine mais pour le même ressourcement…AH! Que je t’aime ma Gaspésie chérie! HEUREUX SÉJOUR dans la SÉRÉNITÉ!

    1. Merci beaucoup 🙂
      Rien ne vaut un séjour dans la nature, et la nature québécoise – que je n’ai pas la chance de connaître – doit être grandiose…

  2. J’ai reconnu Carine ta description de la Baie de Somme la chance d’un petit pied à terre la bas… Mobil home à la campagne… Je m’y sens comme à la maison ! Qu’est-ce que j’aime te lire, tes écrits font bcp de bien à mon âme, même si aujourd’hui je me sens plus apaisée, bon dieu que le passe est lourd ! Je t’embrasse fort fort comme la vie 🙂

    1. Ah, un pied à terre en Baie de Somme, quelle chance ! 🙂
      Merci pour ton témoignage Virginie… Je t’embrasse fort moi aussi, heureuse que tu aies renoué avec la légèreté et la sérénité…

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